La Sainte Famille — Réunie

Une journée entière écoulée avant que quiconque ne remarque rien
De tout ce que les Évangiles auraient pu consigner sur l'enfance de Jésus, un seul épisode a survécu avec quelque détail réel, et il commence par une inattention plutôt que par un miracle. Revenant de Jérusalem après la fête de la Pâque, Marie et Joseph parcourent une journée entière avant de se rendre compte que Jésus n'est pas avec eux — un détail qui ne prend tout son sens qu'au regard de la réalité des grandes familles élargies et des groupes de voyageurs, où l'on pouvait raisonnablement supposer qu'un garçon de douze ans marchait avec des parents ou des amis ailleurs dans le convoi.
Raphaël, « La Sainte Famille », 1518 — domaine public.
Trois jours de recherches, puis une scène saisissante
Ce qui suit, ce sont trois jours d'angoisse à sa recherche, avant qu'ils ne le retrouvent enfin — non pas perdu, non pas en danger, mais « dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant » (Luc 2,46, Louis Segond), les adultes alentour étant « frappés de son intelligence et de ses réponses » (Luc 2,47, Louis Segond). C'est une image saisissante précisément parce qu'elle est si peu dramatique. Jésus n'est perdu en aucun sens ordinaire. Il se trouve exactement là où, semble-t-il, il avait l'intention d'être.
Une question qui ne ressemble guère à des excuses
La réaction de Marie, on le comprend, n'est pas faite que de soulagement : « Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous ? Voici, ton père et moi, nous te cherchions avec angoisse » (Luc 2,48, Louis Segond). La réponse de Jésus n'offre pas les excuses que la question semble appeler : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon Père ? » (Luc 2,49, Louis Segond). Luc prend soin de préciser que ses parents « ne comprirent pas ce qu'il leur disait » — un aveu honnête que ce moment, même pour les deux personnes qui lui étaient les plus proches, ne s'est pas résolu en une clarté aisée.
Un retour à une vie ordinaire et sans éclat
Après cette tension vient un retour paisible au familier : « Puis il descendit avec eux pour aller à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait toutes ces choses dans son cœur » (Luc 2,51, Louis Segond), et Jésus « croissait en sagesse, en stature, et en grâce, devant Dieu et devant les hommes » (Luc 2,52, Louis Segond). Après cette unique exception consignée, les Évangiles referment entièrement la porte sur l'enfance de Jésus — dix-huit années supplémentaires s'écoulent dans un silence presque total avant que son ministère public ne commence, et ce seul récit demeure le seul véritable aperçu que l'on nous donne de la vie de famille dans l'intervalle.
Trivia
Quel est l'unique récit détaillé que les Évangiles rapportent sur Jésus enfant ?
Où Marie et Joseph l'ont-ils retrouvé ?
Qu'a dit Marie à Jésus, et comment a-t-il répondu ?
Que s'est-il passé après qu'ils l'ont retrouvé ?




