L'ange qui délivra Pierre de sa prison

Pierre était enchaîné entre deux soldats, dans une cellule gardée par quatre escouades de quatre hommes chacune, avec un procès public prévu dès la fin de la Pâque. Le roi Hérode avait déjà fait exécuter un apôtre et avait suffisamment apprécié la réaction pour en arrêter un second. À toute mesure raisonnable, les chances de Pierre cette nuit-là étaient proches de zéro — ce qui rend ce qui arriva vraiment plus étrange encore, et la réaction de Pierre lui-même, plus humaine.
Saint Peter the Apostle
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Une exécution, une arrestation et un procès prévu

Actes 12 s'ouvre sur le roi Hérode Agrippa Ier s'en prenant à la jeune Église de Jérusalem : il « fit périr par le glaive Jacques, frère de Jean » (Actes 12,2, Bible de Jérusalem), et voyant que « c'était agréable aux Juifs », il fit encore arrêter Pierre, durant les jours des Azymes (Actes 12,3). Plutôt qu'une exécution rapide, Hérode planifie un procès public une fois la Pâque terminée — ce qui laisse à Pierre plusieurs jours en détention, gardé par « quatre escouades de quatre soldats chacune », tandis que, Luc le note presque en passant, « l'Église ne cessait d'adresser pour lui des prières à Dieu » (Actes 12,4-5).

Une fresque de la Renaissance montrant un ange lumineux réveillant un prisonnier enchaîné entre deux gardes endormis, dans une cellule aux barreaux.

Raphaël, « Délivrance de saint Pierre », 1514, Stanza di Eliodoro, musées du Vatican — domaine public.

Enchaîné entre deux soldats, la veille du procès

À la veille du procès prévu, la sécurité autour de Pierre est aussi stricte que le permettait l'emprisonnement au premier siècle : « était endormi entre deux soldats ; deux chaînes le liaient et, devant la porte, des sentinelles gardaient la prison » (Actes 12,6, Bible de Jérusalem). Le texte ne laisse aucune ambiguïté sur son degré de confinement — ce n'est pas une cellule légèrement surveillée, c'est un prisonnier jugé assez important pour être enchaîné directement à ses propres gardes.

Réveillé par une lumière et un seul ordre

Ce qui suit survient sans avertissement : « Soudain, l'Ange du Seigneur survint, et le cachot fut inondé de lumière. L'ange frappa Pierre au côté et le fit lever : "Debout ! Vite !" dit-il. Et les chaînes lui tombèrent des mains » (Actes 12,7, Bible de Jérusalem). L'ange ne s'attarde pas à expliquer — il dit à Pierre de s'habiller, de mettre ses sandales et de s'envelopper de son manteau, et Pierre, encore désorienté, fait simplement ce qu'on lui dit (Actes 12,8). Luc prend soin de noter l'état d'esprit de Pierre à ce moment : il « le suivait ; il ne se rendait pas compte que ce fût vrai, ce qui se faisait par l'ange, mais il se figurait avoir une vision » (Actes 12,9) — il n'est pas serein et sûr de lui sur le moment, mais à moitié endormi et incertain que tout cela soit bien réel.

Au-delà des gardes, à travers une porte qui s'ouvre d'elle-même

Tous deux passent directement devant le premier puis le second poste de garde — sans être remarqués, sans être arrêtés — et arrivent à « la porte de fer qui donne sur la ville », qui « s'ouvrit d'elle-même devant eux » (Actes 12,10, Bible de Jérusalem). L'ange accompagne Pierre encore une rue, puis le quitte simplement. Ce n'est qu'une fois seul que la confusion de Pierre se dissipe : « Alors Pierre, revenant à lui, dit : Maintenant je sais réellement que le Seigneur a envoyé son Ange et m'a arraché aux mains d'Hérode et à tout ce qu'attendait le peuple des Juifs » (Actes 12,11). Le moment de la prise de conscience survient après que le danger est déjà passé, et non pendant.

Une touche très humaine : ne pas être sûr que cela soit réel

Ce qui rend ce sauvetage singulier parmi les interventions angéliques de la Bible, c'est le caractère si ordinaire de la confusion de Pierre. Il ne reconnaît pas un miracle en train de se produire; il croit rêver, suit les instructions à moitié éveillé, et ne comprend ce qui s'est passé qu'une fois debout, seul, dans une rue déserte. L'Écriture s'attarde rarement sur le trouble que peut réellement ressentir une personne vivant une intervention divine — le réveil hébété et différé de Pierre est l'un des moments les plus humains attachés à tout récit angélique du Nouveau Testament.

Rhode à la porte, et une maison pleine d'incrédulité

La scène qui suit l'évasion est presque comique, et Luc semble en avoir conscience. Pierre chemine à travers les rues obscures de Jérusalem jusqu'à la maison de Marie, mère de Jean surnommé Marc, où une foule de croyants s'est rassemblée pour prier — très probablement en priant précisément pour l'issue qui vient de se produire. Une servante nommée Rhode répond à son coup frappé à la porte, reconnaît sa voix, et, transportée de joie, court à l'intérieur annoncer la nouvelle sans même lui ouvrir (Actes 12,13-14). Les personnes présentes, chose surprenante, ne la croient pas — elles affirment qu'elle a perdu la raison, puis suggèrent qu'il doit s'agir de « son ange » plutôt que de Pierre lui-même (Actes 12,15) — un détail qui laisse entrevoir une croyance juive et chrétienne ancienne en des anges gardiens capables, d'une certaine manière, de ressembler à la personne qu'ils protégeaient. Ce n'est que lorsque Pierre continue de frapper et qu'on finit par lui ouvrir que la maisonnée constate de ses propres yeux que la prière qu'elle venait d'offrir avait déjà trouvé sa réponse.

Ce qu'il advint d'Hérode, et des gardes

Luc ne laisse pas l'histoire s'achever sur la joie. Hérode, furieux de cette évasion, fait interroger les sentinelles qui gardaient Pierre puis ordonne leur exécution (Actes 12,19) — rappel sévère du sérieux avec lequel les rois clients de l'époque romaine traitaient un manquement à la garde d'un prisonnier, et du danger réel dans lequel les soldats eux-mêmes s'étaient trouvés placés à cause de Pierre. La propre fin d'Hérode survient peu après, dans le même chapitre : frappé en pleine allocution publique à Césarée après avoir accepté la flatterie d'une foule qui l'acclamait comme parlant « d'une voix divine », il est « rongé des vers, et il expira » (Actes 12,23). Luc place délibérément ces deux destins côte à côte — l'apôtre délivré par un ange, le roi persécuteur frappé par un autre — renforçant le thème récurrent des Actes selon lequel aucune puissance terrestre ne peut finalement contenir la croissance de la jeune Église.

Les évasions de prison de Pierre, et la mémoire de l'Église

Ce ne fut pas la seule fois où un ange intervint pour libérer un apôtre de détention — plus tôt dans les Actes, « un ange du Seigneur » avait déjà ouvert de nuit les portes d'une prison publique pour en faire sortir les apôtres en groupe (Actes 5,19), et l'histoire personnelle de Pierre avec la délivrance miraculeuse devint quelque chose que l'Église primitive se rappela et célébra. Dès le IVe siècle, les chrétiens de Rome célébraient une fête — Saint-Pierre-aux-Liens, encore inscrite à certains calendriers — liée à des reliques que l'on croyait être les chaînes mêmes tombées de ses poignets cette nuit-là, conservées aujourd'hui dans la basilique San Pietro in Vincoli. Quoi que l'on pense de cette tradition relique en elle-même (distincte du récit biblique, que le magistère de l'Église ne demande à personne d'authentifier), elle montre à quel point cette seule nuit de captivité devint centrale dans la manière dont les générations suivantes se souvinrent de Pierre comme premier chef de l'Église — un homme délivré à répétition de la mort non par sa propre force, mais par une intervention qu'il pouvait à peine croire réelle.

Trivia

Pourquoi Pierre était-il en prison, au départ ?
Le roi Hérode Agrippa Ier avait déjà fait périr par le glaive l'apôtre Jacques, frère de Jean, et voyant que cela plaisait aux Juifs, il fit encore arrêter Pierre, prévoyant un procès public après la fête de la Pâque (Actes 12,1-4, Bible de Jérusalem).
Comment exactement l'ange délivra-t-il Pierre ?
« Soudain, l'Ange du Seigneur survint, et le cachot fut inondé de lumière. L'ange frappa Pierre au côté et le fit lever : « Debout ! Vite ! » dit-il. Et les chaînes lui tombèrent des mains » (Actes 12,7, Bible de Jérusalem). L'ange fit ensuite s'habiller Pierre et le suivre au-delà de deux postes de garde jusqu'à une porte de fer qui « s'ouvrit d'elle-même » devant eux (Actes 12,10).
Pierre réalisa-t-il tout de suite que cela se passait réellement ?
Non — Luc note que Pierre « le suivait ; il ne se rendait pas compte que ce fût vrai, ce qui se faisait par l'ange, mais il se figurait avoir une vision » (Actes 12,9, Bible de Jérusalem). Il n'en fut certain qu'une fois l'ange parti, le laissant seul dans la rue (Actes 12,10-11).
La cellule de Pierre était-elle lourdement gardée ?
Il fut confié à « quatre escouades de quatre soldats chacune » (Actes 12,4), et la nuit de son évasion, il dormait enchaîné entre deux d'entre eux, avec des sentinelles postées également à l'entrée de la prison (Actes 12,6) — une garde inhabituellement lourde pour un seul prisonnier.
Que fit Pierre immédiatement après son évasion ?
Il se rendit à la maison de Marie, mère de Jean surnommé Marc, où de nombreux croyants s'étaient rassemblés pour prier, et frappa à la porte extérieure — une servante nommée Rhode fut si transportée de joie en reconnaissant sa voix qu'elle courut à l'intérieur sans même lui ouvrir (Actes 12,12-14).
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