Bienheureux Miguel Pro

Le gouvernement du Mexique voulait que chaque catholique du pays voie ce qu'il advenait des prêtres défiant la loi, et fit donc venir des photographes pour documenter le peloton d'exécution. Miguel Pro refusa le bandeau qu'on lui proposait, brandit un crucifix, et écarta les bras en forme de croix avant que les coups de feu ne partent. Le régime obtint ses photographies — il n'obtint simplement pas l'effet escompté.

Un prêtre travaillant déguisé sous un gouvernement anticatholique

Miguel Pro naquit en 1891 à Zacatecas, au Mexique, et entra chez les jésuites tout jeune homme, avant d'être finalement ordonné prêtre à l'étranger, à une époque où le gouvernement mexicain s'était tourné violemment contre l'Église catholique. L'administration du président Plutarco Elías Calles appliquait des lois interdisant le culte public, limitait le nombre de prêtres autorisés à exercer, et réprimait durement toute pratique catholique visible. Pro revint dans un pays où le simple fait de dire la messe en public pouvait valoir l'arrestation. Il répondit en exerçant son ministère dans la clandestinité — se déplaçant à travers Mexico sous une série de déguisements, célébrant la messe en secret, entendant les confessions, et apportant la communion aux catholiques qui n'avaient aucun autre moyen de recevoir les sacrements. C'était un travail dangereux et délibéré, mené avec ce que plusieurs récits décrivent comme un aplomb presque joyeux, alors même que le risque autour de lui ne cessait de croître.

Une photographie en noir et blanc de Miguel Pro debout devant un peloton d'exécution, les bras écartés en forme de croix, un soldat observant la scène au premier plan.

Photographie de Miguel Pro avant son exécution, Mexico, 23 novembre 1927 — domaine public.

Arrêté sur une accusation qui ne tenait pas debout

En novembre 1927, Pro fut arrêté et accusé de complicité dans un attentat à la bombe visant un ancien président mexicain — une accusation reposant sur peu de preuves réelles, mais que le gouvernement Calles utilisa néanmoins comme prétexte. Il fut exécuté par un peloton le 23 novembre 1927, sans avoir bénéficié d'un procès en bonne et due forme.

Les bras écartés en croix, devant les caméras

Le président Calles fit spécialement organiser la photographie de l'exécution, avec l'intention que les images circulent en avertissement aux autres catholiques tentés de résister aux lois anticléricales du gouvernement. Pro refusa le bandeau qu'on lui proposait, brandit un crucifix et un chapelet, et écarta les bras en forme de croix tandis que le peloton d'exécution le mettait en joue, criant, dit-on, « ¡Viva Cristo Rey! » — « Vive le Christ Roi ! » — dans ses derniers instants. Les photographies furent publiées exactement comme le gouvernement l'avait prévu, mais l'effet produit fut inverse : loin de terroriser les catholiques pour les soumettre, les images de la dernière pose calme et délibérément cruciforme de Pro devinrent l'un des symboles visuels les plus puissants de la guerre des Cristeros, le mouvement armé de résistance catholique alors en lutte contre la persécution religieuse du gouvernement Calles.

Béatifié comme martyr, encore en attente de canonisation

Miguel Pro fut béatifié en 1988, l'Église le reconnaissant formellement comme martyr tué spécifiquement en haine de la foi catholique — le critère que l'Église applique avant de faire avancer une cause de ce genre. Cela le place au rang de « Bienheureux », une étape formelle en deçà de la canonisation comme saint. Sa fête est célébrée le 23 novembre, anniversaire de son exécution, et l'on se souvient de lui aujourd'hui comme de l'une des figures marquantes des martyrs de l'époque des Cristeros — des catholiques morts durant un chapitre d'une violence unique dans la persécution religieuse du vingtième siècle en Amérique, non dans un siècle lointain, mais dans la mémoire vivante de l'Église moderne.

Trivia

Pourquoi Miguel Pro fut-il exécuté ?
C'était un prêtre jésuite tué en 1927 sur des accusations fabriquées de complicité dans un attentat visant une figure politique mexicaine, à une époque où le gouvernement du président Plutarco Elías Calles appliquait des lois anticatholiques sévères interdisant le culte public et visant le clergé ; il fut exécuté sans procès.
Quelles furent les dernières paroles de Miguel Pro ?
Il aurait crié « ¡Viva Cristo Rey! » — « Vive le Christ Roi ! » — juste avant que le peloton d'exécution ne tire, une phrase qui devint un cri de ralliement pour le mouvement de résistance des Cristeros, opposé à la persécution de l'Église par le gouvernement Calles.
Pourquoi le gouvernement mexicain a-t-il photographié son exécution ?
Le président Calles ordonna que l'exécution soit documentée précisément pour intimider les catholiques et décourager toute résistance à ses politiques anticléricales ; la stratégie se retourna contre lui lorsque les photographies, largement diffusées — montrant Pro calme, sans bandeau, les bras écartés en forme de croix — firent au contraire de lui un symbole pour le mouvement des Cristeros.
Comment Miguel Pro exerçait-il son ministère auprès des catholiques alors que le culte public était illégal ?
Il agissait clandestinement, se déplaçant déguisé à travers Mexico pour célébrer la messe, entendre les confessions et distribuer secrètement la communion aux catholiques coupés du culte public par les restrictions du gouvernement Calles — un travail dangereux qui finit par mener à son arrestation.
Miguel Pro est-il un saint canonisé ?
Pas encore — il fut béatifié en 1988, formellement reconnu comme martyr tué en haine de la foi catholique, ce qui le place au rang de « Bienheureux » plutôt que de « Saint » ; sa fête est célébrée le 23 novembre, anniversaire de son exécution.
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