Saint Germain de Constantinople

Un empereur fit porter un message à la résidence du patriarche : signer le décret interdisant la vénération des icônes, ou se démettre. Germain, alors un vieillard à la tête de l'Église de Constantinople depuis quinze ans, choisit de renoncer à son siège plutôt que d'apposer son nom sur ce texte. Ce fut un acte de refus discret, que l'histoire mettrait des décennies à pleinement réhabiliter — mais réhabilité, il le fut, et nommément, lors du concile même qui régla la controverse une fois pour toutes.

Une vie avant la crise

Germain naquit vers 634 dans une famille en vue de Constantinople, et ses débuts portent leur propre marque de la politique impériale : son père, dit-on, fut exécuté pour avoir participé à un complot contre l'empereur Constantin IV, et le jeune Germain fut en conséquence contraint d'entrer dans le clergé — un sort courant pour les fils de fonctionnaires disgraciés dans la société byzantine, puisque cela leur ôtait toute ambition politique qu'ils auraient pu autrement nourrir. Ce qui commença comme une sorte d'exil se transforma en une vocation authentique. Germain gravit régulièrement les échelons ecclésiastiques, devenant finalement évêque de Cyzique, une ville sur la mer de Marmara, avant son élection comme patriarche de Constantinople en 715 — déjà un homme octogénaire selon certains historiens, bien que la chronologie exacte de ses jeunes années demeure difficile à établir avec précision.

Un médaillon de fresque médiévale représentant un évêque saint barbu avec un halo doré, vêtu de blanc et marqué de croix sombres, identifié par une inscription cyrillique comme Germain.

Médaillon en fresque du patriarche Germain Ier de Constantinople, église de la Théotokos Evergetis, monastère de Studenica, Serbie, 1208-1209 — domaine public.

Un patriarche pris dans une lutte de pouvoir impériale

Germain devient patriarche de Constantinople en 715, à un moment où l'Empire byzantin est déjà instable, et occupe cette charge pendant quinze ans avant que la controverse qui définirait son héritage n'atteigne son point de rupture. Dans les années 720, l'empereur Léon III commence à imposer une politique radicale contre les icônes — ces images peintes du Christ, de Marie et des saints qui faisaient partie du culte chrétien depuis des siècles — soutenant que les vénérer relevait de l'idolâtrie. Cette position, connue sous le nom d'iconoclasme (du grec, littéralement « briseur d'images »), met l'empereur directement en opposition avec son propre patriarche, qui considère la vénération des icônes comme une expression légitime et théologiquement fondée de la dévotion chrétienne, et non comme une violation du commandement contre les images taillées.

Les motivations de Léon relevaient d'un mélange de théologie et de politique : certains historiens pointent des revers militaires et une éruption volcanique en mer Égée, lus comme des signes du mécontentement divin, tandis que d'autres relèvent l'influence de critiques islamiques et juives de la vénération des images circulant aux frontières de l'empire. Quelle qu'en soit la cause exacte, dès le début des années 720 il avait commencé à retirer et détruire des icônes dans la capitale elle-même, y compris, selon la tradition, une image du Christ surplombant la porte de la Chalcé du palais impérial — un acte qui aurait provoqué une émeute parmi les habitants de Constantinople.

Germain à la défense des icônes

Germain ne resta pas silencieux tandis que cette politique se mettait en place. Il écrivit des lettres — dont plusieurs nous sont parvenues — défendant la vénération des icônes sur des bases théologiques, distinguant soigneusement le culte dû à Dieu seul de l'honneur rendu à une image qui renvoyait au-delà d'elle-même à la personne qu'elle représentait. Cette distinction, entre la latrie (le culte dû à Dieu) et la vénération ou l'honneur rendu aux saints et aux images sacrées, deviendrait l'argument théologique central utilisé pour trancher la controverse des décennies plus tard, au deuxième concile de Nicée. La correspondance de Germain sur ce sujet fut lue dans les actes de ce concile comme partie du dossier en faveur de la restauration des icônes, ce qui explique en partie pourquoi le concile le distingua nommément pour le louer. Son contemporain plus jeune, saint Jean Damascène, écrivant en sécurité monastique hors de portée du pouvoir impérial byzantin, dans le califat omeyyade, développa à peu près le même argument dans ses propres traités influents défendant les icônes, à la même époque — les deux hommes ne se concertèrent jamais directement, à en juger par les archives, mais leurs écrits se renforcèrent mutuellement et devinrent les deux piliers théologiques jumeaux de la réponse orthodoxe finale à l'iconoclasme.

Refuser de signer, renoncer à son siège

Vers 730, le conflit atteint son point culminant : Léon III entreprend de formaliser sa position par un édit impérial interdisant purement et simplement la vénération des icônes, et a besoin du soutien, ou au moins de l'acquiescement, de son patriarche pour donner à cette politique une légitimité religieuse. Germain refuse de signer. Plutôt que de céder à la pression impériale sur une question qu'il considère comme touchant à l'authenticité même de la pratique chrétienne, il démissionne de sa charge et se voit contraint de quitter le patriarcat — une conséquence claire et directe de son refus, sans ambiguïté sur ses causes. Ce fut une décision coûteuse pour un homme déjà âgé, qui renonça à la plus haute charge ecclésiastique de la capitale byzantine plutôt que de transiger sur un seul point de doctrine.

Réhabilité par le concile qui trancha la question

Germain ne vécut pas assez pour voir la controverse résolue. L'iconoclasme continua de diviser l'Église byzantine pendant des décennies après sa mort, à travers plusieurs empereurs et des politiques changeantes, jusqu'à ce que le deuxième concile de Nicée se réunisse en 787 et restaure formellement la vénération des icônes comme pratique chrétienne légitime. Ce concile fit aussi autre chose, qui mérite d'être noté : il fit l'éloge de Germain nommément, reconnaissant que sa résistance antérieure à la politique iconoclaste avait été juste depuis le début. C'est un cas rare où la position d'un homme d'Église se trouve ainsi explicitement réhabilitée, des décennies plus tard, par un concile faisant autorité pour l'Église universelle.

Honoré comme Confesseur

Germain est aujourd'hui vénéré principalement dans la tradition chrétienne d'Orient, honoré du titre de « Confesseur » — réservé aux saints ayant payé un prix réel pour leur foi, dans son cas la perte de sa charge, sans avoir été mis à mort pour autant. Sa vénération remonte à l'Antiquité plutôt qu'à un processus de canonisation formel ultérieur, conformément à la manière dont bien des saints des premiers siècles furent reconnus par l'Église. Sa fête est célébrée le 12 mai. Aucun document historique n'établit de patronage particulier attaché à son nom dans la tradition occidentale, et aucune citation de ses propres écrits n'a pu être authentifiée de manière fiable — ce qui subsiste le plus clairement, c'est le simple fait de sa vie : un vieux patriarche qui choisit de perdre son siège plutôt que de signer un reniement de ce qu'il croyait vrai.

Après sa démission, Germain se retira dans un domaine familial pour y vivre le reste de ses jours dans l'obscurité, et il mourut peu après, vers 733. Il ne vécut pas assez pour voir la controverse se rallumer sous des empereurs ultérieurs, ni pour la voir résolue. L'Église byzantine oscillerait entre empereurs iconoclastes et empereurs favorables aux icônes pendant plus d'un siècle encore, avec une seconde vague d'iconoclasme éclatant des décennies après Nicée, avant que la vénération des icônes ne soit restaurée définitivement en 843 — un événement encore célébré dans l'Église d'Orient comme le « Triomphe de l'Orthodoxie ». La place de Germain dans cette histoire plus longue est celle de l'une de ses voix les plus précoces et les plus claires : un homme d'Église qui misa sa carrière sur une distinction théologique qui lui survécut un siècle avant d'être enfin définitivement tranchée.

Dans l'iconographie byzantine, puis orthodoxe, Germain est habituellement représenté comme un évêque âgé et barbu, vêtu des habits blancs et dorés d'un patriarche, tenant souvent un rouleau ou un livre d'évangile, comme dans la fresque serbe du XIIIe siècle qui illustre cet article — un rappel que la forme d'art même qu'il défendit devint, avec le temps, le medium par lequel l'Église se souvint de lui.

Trivia

Qui était saint Germain de Constantinople ?
Germain Ier fut patriarche de Constantinople de 715 à 730, resté dans la mémoire surtout pour son opposition précoce et ferme à la campagne de l'empereur Léon III contre la vénération des icônes, une position qui lui coûta sa charge.
Pourquoi Germain a-t-il démissionné de sa charge de patriarche ?
Vers 730, l'empereur Léon III exigea que Germain signe un édit impérial interdisant la vénération des icônes. Germain refusa et fut contraint de quitter le patriarcat en conséquence directe, choisissant de renoncer à sa position plutôt que de se plier à cet ordre.
Comment Germain fut-il réhabilité après sa mort ?
Le deuxième concile de Nicée, en 787, qui restaura et défendit formellement la vénération des icônes, fit l'éloge de Germain nommément pour sa résistance antérieure à l'iconoclasme, des décennies après qu'il fut mort en tenant fermement à la même position.
Germain de Constantinople est-il un saint canonisé ?
Oui, bien que non par le processus de canonisation formel des siècles postérieurs ; sa vénération remonte à l'Antiquité, selon le schéma habituel des saints reconnus par l'Église primitive avant que Rome n'établisse ses procédures modernes.
Quand fête-t-on saint Germain de Constantinople ?
Le 12 mai, jour où il est honoré, en particulier dans l'Église d'Orient, du titre de Confesseur — désignant un saint ayant souffert pour la foi sans nécessairement en être mort.
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