Saint Paul l'Apôtre

Un persécuteur, non une conversion en attente
Les propres lettres de Paul ajoutent un détail que les Actes n'approfondissent pas : il souffrait de ce qu'il appelle « une écharde dans la chair », une affliction physique ou spirituelle non précisée qu'il pria trois fois de voir retirée, avant d'entendre que la grâce de Dieu lui suffisait, que la puissance s'accomplit dans la faiblesse (2 Corinthiens 12,7-9). Les spécialistes n'ont jamais tranché sur la nature exacte de cette écharde — les théories vont d'une faible vue à une maladie chronique en passant par une opposition persistante d'ennemis — mais le passage lui-même importe plus que le diagnostic : même le missionnaire le plus prolifique du Nouveau Testament décrit son propre ministère comme accompli à travers une faiblesse persistante et non résolue, plutôt que malgré elle.
Rembrandt, « L'Apôtre Paul », vers 1657 — domaine public.
Avant d'être apôtre, Paul — présenté dans l'Écriture sous son nom hébreu, Saul — était l'un des adversaires les plus déterminés du christianisme naissant. Il assiste à la lapidation d'Étienne, le premier martyr de l'Église, en l'approuvant, et les Actes le décrivent ensuite comme un homme « respirant encore la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur », cherchant activement l'autorisation de se rendre à Damas pour y arrêter des chrétiens. Rien, dans sa présentation, ne laisse deviner un homme sur le point de changer de cœur. Il avance, de tout point de vue, dans la direction opposée, avec une autorité réelle et une intention bien réelle.
Terrassé sur le chemin
Le tournant survient sans avertissement, en plein voyage : « Il faisait route et approchait de Damas, quand soudain une lumière venue du ciel l'enveloppa de sa clarté. Tombant à terre, il entendit une voix qui lui disait : "Saoul, Saoul, pourquoi me persécutes-tu" — "Qui es-tu, Seigneur ?" Demanda-t-il. Et lui : "Je suis Jésus que tu persécutes » (Actes 9,3-5, Bible de Jérusalem). L'homme qu'il traquait s'identifie directement, par son nom, depuis une lumière que Paul ne peut regarder en face. Il lui est ensuite simplement dit de se lever et d'entrer dans la ville, où on lui dira ce qu'il doit faire (Actes 9,6, Bible de Jérusalem) — laissé aveugle, et entièrement dépendant de la communauté même qu'il était parti détruire.
De Saul à Paul
Le changement de nom qui suit la conversion — de Saul, son nom hébreu, à Paul, son nom romain — suit la direction que prendrait son ministère : loin d'une mission centrée sur la communauté juive qu'il avait autrefois surveillée pour le compte des autorités religieuses, et vers le monde plus vaste des Gentils, de langue grecque, qui deviendrait le public principal de l'œuvre de sa vie. Mais avant que tout cela ne commence, Paul passa du temps en Arabie et à Damas, et les chrétiens qu'il avait autrefois traqués restèrent, non sans raison, méfiants à son égard pendant des années — les Actes rapportent la crainte initiale de l'Église de Jérusalem à son sujet, et il fallut l'intervention de Barnabé, qui se porta garant de la sincérité de Paul, pour qu'il soit accepté parmi le peuple même qu'il avait persécuté.
Il entreprendrait ensuite plusieurs longs voyages missionnaires à travers le monde romain, fondant des Églises et correspondant avec elles depuis l'Asie Mineure jusqu'à la Grèce et jusqu'à Rome elle-même — des voyages qui, selon son propre témoignage ultérieur, comprirent des naufrages, des coups, l'emprisonnement, et un déplacement constant à travers une mosaïque de provinces et de langues romaines. À Athènes, il s'adressa, rapporte-t-on, directement aux philosophes de l'Aréopage, raisonnant avec eux sur leur propre terrain au sujet du « dieu inconnu » dont il avait remarqué l'autel dans la ville, plutôt que de prêcher simplement au-dessus de leurs têtes — une approche qui montre à quel point Paul adaptait délibérément son message à l'auditoire qu'il avait devant lui, ville après ville.
L'écrivain le plus prolifique du Nouveau Testament
Treize des vingt-sept livres du Nouveau Testament sont traditionnellement attribués à Paul — des lettres adressées à des Églises et à des personnes précises, traitant de véritables différends, d'une théologie réelle et de relations réelles, plutôt que composées comme des traités abstraits. Aucune autre figure du Nouveau Testament n'approche ce volume d'écrits conservés. Ces lettres portent aussi certains des arguments théologiques les plus décisifs du christianisme, notamment sa démonstration soutenue, dans l'épître aux Romains et celle aux Galates, selon laquelle une personne est justifiée — mise en juste relation avec Dieu — par la foi plutôt que par la seule observance de la loi juive, une position qui le mit en désaccord avec d'autres dirigeants chrétiens des premiers temps et qui a façonné des siècles de débats théologiques ultérieurs.
Les relations de Paul avec les autres apôtres ne furent pas toujours sans heurts. Les Actes et ses propres lettres décrivent un différend réel et public avec Pierre à Antioche, portant sur la rigueur avec laquelle les convertis gentils devaient suivre les coutumes alimentaires juives, un désaccord que Paul raconte sans l'adoucir — un rappel que l'unité de l'Église naissante fut quelque chose activement négocié entre des dirigeants au caractère affirmé, et non simplement acquis d'avance.
Un martyre partagé avec Pierre
La tradition veut que Paul ait été exécuté à Rome sous l'empereur Néron, probablement par décapitation — une manière de mourir cohérente avec son statut de citoyen romain, qui, selon la loi, ne pouvait être crucifié comme Pierre l'aurait été, selon la tradition. Les deux apôtres partagent une seule et même fête, le 29 juin, et sont souvent représentés ensemble dans l'art chrétien, épée et clés côte à côte, comme les deux grands piliers fondateurs de l'Église à Rome. C'est un fait étrange, presque inconfortable, de l'histoire chrétienne qu'une si grande part de ses écrits fondateurs provienne d'un homme qui a passé le début de sa vie d'adulte à tenter de détruire le mouvement même qu'il consacrerait ensuite le reste de sa vie à bâtir — et Paul lui-même n'a jamais demandé à quiconque d'oublier cette partie de son histoire.
Trivia
Que faisait Paul avant sa conversion ?
Que s'est-il passé sur le chemin de Damas ?
Paul s'est-il toujours appelé Paul ?
Quelle part du Nouveau Testament Paul a-t-il écrite ?
De quoi saint Paul est-il le saint patron, et quand est sa fête ?







