Saint Paul l'Apôtre

Un persécuteur, non une conversion en attente
Avant d'être apôtre, Paul — présenté dans l'Écriture sous son nom hébreu, Saul — était l'un des adversaires les plus déterminés du christianisme naissant. Il assiste à la lapidation d'Étienne, le premier martyr de l'Église, en l'approuvant, et les Actes le décrivent ensuite comme un homme « respirant encore la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur », cherchant activement l'autorisation de se rendre à Damas pour y arrêter des chrétiens. Rien, dans sa présentation, ne laisse deviner un homme sur le point de changer de cœur. Il avance, de tout point de vue, dans la direction opposée, avec une autorité réelle et une intention bien réelle.
Rembrandt, « L'Apôtre Paul », vers 1657 — domaine public.
Terrassé sur le chemin
Le tournant survient sans avertissement, en plein voyage : « Comme il était en chemin, et qu'il approchait de Damas, tout à coup une lumière venant du ciel resplendit autour de lui. Il tomba par terre, et il entendit une voix qui lui disait : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Il répondit : Qui es-tu, Seigneur ? Et le Seigneur dit : Je suis Jésus que tu persécutes » (Actes 9,3-5, Louis Segond). L'homme qu'il traquait s'identifie directement, par son nom, depuis une lumière que Paul ne peut regarder en face. Il lui est ensuite simplement dit de se lever et d'entrer dans la ville, où on lui dira ce qu'il doit faire (Actes 9,6, Louis Segond) — laissé aveugle, et entièrement dépendant de la communauté même qu'il était parti détruire.
De Saul à Paul
Le changement de nom qui suit la conversion — de Saul, son nom hébreu, à Paul, son nom romain — suit la direction que prendrait son ministère : loin d'une mission centrée sur la communauté juive qu'il avait autrefois surveillée pour le compte des autorités religieuses, et vers le monde plus vaste des Gentils, de langue grecque, qui deviendrait le public principal de l'œuvre de sa vie. Il entreprendrait ensuite plusieurs longs voyages missionnaires à travers le monde romain, fondant des Églises et correspondant avec elles depuis l'Asie Mineure jusqu'à la Grèce et jusqu'à Rome elle-même.
L'écrivain le plus prolifique du Nouveau Testament
Treize des vingt-sept livres du Nouveau Testament sont traditionnellement attribués à Paul — des lettres adressées à des Églises et à des personnes précises, traitant de véritables différends, d'une théologie réelle et de relations réelles, plutôt que composées comme des traités abstraits. Aucune autre figure du Nouveau Testament n'approche ce volume d'écrits conservés. C'est un fait étrange, presque inconfortable, de l'histoire chrétienne qu'une si grande part de ses écrits fondateurs provienne d'un homme qui a passé le début de sa vie d'adulte à tenter de détruire le mouvement même qu'il consacrerait ensuite le reste de sa vie à bâtir — et Paul lui-même n'a jamais demandé à quiconque d'oublier cette partie de son histoire.
Trivia
Que faisait Paul avant sa conversion ?
Que s'est-il passé sur le chemin de Damas ?
Paul s'est-il toujours appelé Paul ?
Quelle part du Nouveau Testament Paul a-t-il écrite ?



