Saint Pierre l'Apôtre

Un pêcheur renommé
Avant tout cela, Pierre n'était que Simon, un pêcheur exerçant son métier sur la mer de Galilée, associé dans ce commerce à son frère André et, selon le récit de Luc, aux fils de Zébédée, Jacques et Jean. Les Évangiles ne laissent guère deviner une ambition ou un rang particulier qui aurait pu le distinguer d'avance — il apparaît, dans chaque récit, comme un homme ordinaire arraché brusquement à un métier ordinaire, sans préparation ni avertissement que sa vie allait changer.
Pierre Paul Rubens, « Saint Pierre », vers 1610–1612 — domaine public.
L'histoire de Pierre commence comme celle d'un pêcheur exerçant sur la mer de Galilée, appelé à quitter ses filets pour suivre Jésus aux côtés de son frère André. Ce qui le distingue presque immédiatement, c'est le nom que Jésus lui donne : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les Portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle » (Matthieu 16,18, Bible de Jérusalem) — un jeu de mots en grec entre « Pierre » et « pierre » que la tradition catholique a depuis toujours lu comme l'établissement de l'autorité unique de Pierre parmi les apôtres, le fondement de ce qui deviendrait la papauté elle-même.
Pierre ne se définit pas non plus par ce seul titre. Dans le même Évangile, Jésus lui dit : « Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié » (Matthieu 16,19, Bible de Jérusalem) — une image d'autorité confiée qui revient constamment dans l'art chrétien ultérieur, où Pierre se reconnaît, plus que tout autre apôtre, aux clefs qu'il porte.
La pierre qui s'est fissurée
Le même homme à qui est faite cette promesse imposante est aussi, dans le même ensemble de récits évangéliques, celui qui tombe le plus bas. La nuit de l'arrestation de Jésus, Pierre renie jusqu'à le connaître, trois fois distinctes, exactement comme Jésus l'avait prédit un peu plus tôt ce même soir. À l'instant même où sort de sa bouche le troisième reniement, un coq chante, et Luc consigne l'instant avec une simplicité implacable : « le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre. Et Pierre se ressouvint de la parole du Seigneur... Et, sortant dehors, il pleura amèrement » (Luc 22,61-62, Bible de Jérusalem). C'est l'un des moments d'échec les plus nus jamais accordés à une figure du Nouveau Testament — ni adouci, ni justifié, simplement consigné.
Pierre apparaît tout au long des Évangiles comme une figure d'une franchise directe, parfois impulsive — le disciple qui tente de marcher sur l'eau vers Jésus et se met aussitôt à couler, celui qui tire l'épée pour défendre Jésus lors de son arrestation avant de s'entendre dire de la ranger. Cette même impulsivité traverse à la fois son moment le plus élevé et son moment le plus bas : la même spontanéité qui lui fait lâcher « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Matthieu 16,16, Bible de Jérusalem) se retrouve, reconnaissable bien que dirigée autrement, dans la peur qui le pousse à renier Jésus purement et simplement, quelques chapitres plus loin seulement.
Trois questions pour répondre à trois reniements
L'histoire de Pierre ne s'achève pas dans les larmes. Après la résurrection, dans une scène au bord du même lac où son appel avait commencé, Jésus lui demande trois fois s'il l'aime — un écho délibéré des trois reniements — et trois fois, après que Pierre répond oui, lui donne la même instruction : « Pais mes brebis » (Jean 21,15-17, Bible de Jérusalem). La répétition n'est pas fortuite. Elle se lit comme un acte de restauration précis et structuré, reconstruisant exactement ce qui avait été brisé, pièce par pièce, plutôt que de simplement passer outre.
Un chef durant les premières années de l'Église
La restauration ne fut pas pour Pierre une affaire seulement privée et personnelle — elle se manifesta publiquement, dans l'exercice de sa direction. Les Actes des Apôtres le montrent s'avançant à la Pentecôte pour prononcer le premier sermon consigné du mouvement chrétien, puis franchissant plus tard l'étape historiquement décisive d'accueillir dans l'Église le centurion romain Corneille, une décision qui ouvrit le jeune mouvement aux convertis gentils sans exiger d'eux qu'ils deviennent d'abord juifs. Cette expansion ne se fit pas sans friction : Pierre et Paul s'affrontèrent ensuite ouvertement à Antioche sur la rigueur avec laquelle ce principe devait s'appliquer en pratique, un différend que les deux hommes reconnurent franchement plutôt que de le dissimuler. Loin de fragiliser l'autorité de Pierre, ce registre de désaccord ouvert, de correction et de croissance est sans doute ce qui rend sa direction si reconnaissablement humaine — un roc qui continuait, bien visiblement, à apprendre à en être un.
Du reniement au martyre
L'homme qui avait un jour renié Jésus par peur finirait, selon la tradition, par mourir pour lui. On croit que Pierre fut crucifié à Rome sous l'empereur Néron, demandant à être crucifié la tête en bas parce qu'il se jugeait indigne de mourir de la même manière que son Seigneur. Cette même tradition veut qu'il ait été enseveli à proximité, sur la colline du Vatican — le site au-dessus duquel s'élèverait, plus de mille ans plus tard, la basilique qui porte son nom. Peu de figures de l'histoire chrétienne offrent un arc aussi complet en si peu de scènes : un pêcheur, renommé ; une pierre, brisée ; et un homme brisé, restauré et renvoyé pour guider les autres.
Trivia
Pourquoi Jésus appelle-t-il Pierre « la pierre » ?
Pierre a-t-il vraiment renié connaître Jésus ?
Comment Pierre a-t-il été restauré après son reniement ?
Comment Pierre est-il mort ?
De quoi saint Pierre est-il le saint patron, et quand est sa fête ?







