Sainte Philomène
Ce qui fut réellement découvert en 1802
Réduite à ce qui peut réellement être documenté, cette histoire est courte. Les 24 et 25 mai 1802, des ouvriers qui fouillaient la catacombe de Priscille à Rome ouvrent un loculus scellé — une niche funéraire creusée dans la paroi de la catacombe — et y trouvent les restes squelettiques d'une jeune fille, estimée plus tard entre 13 et 15 ans au moment de sa mort. À proximité se trouvaient trois tuiles de terre cuite, brisées et désordonnées, portant l'inscription « LUMENA / PAX TE / CUM FI ». Les ouvriers qui les découvrirent réassemblèrent les fragments pour lire « PAX TECUM FILUMENA » — « La paix soit avec toi, Philomène ». Une petite fiole de verre fut également trouvée dans la niche, que les fouilleurs de l'époque interprétèrent conventionnellement, quoique sans fiabilité, comme un signe de martyre. Voilà l'intégralité du témoignage matériel contemporain. Aucune date. Aucun témoignage indépendant sur qui elle était, comment elle mourut, ni même si les tuiles et le squelette appartenaient réellement l'un à l'autre.
"St. Philomena", lithographie coloriée à la main, collection Popular Graphic Arts, Bibliothèque du Congrès, 1845 — domaine public.
Ce dernier point compte plus qu'il n'y paraît. L'inscription des tuiles elle-même a été contestée par des archéologues — Orazio Marucchi, respecté archéologue catholique du début du XXe siècle, cité avec approbation dans la Catholic Encyclopedia originale de 1911, soutenait que les tuiles étaient des fragments réutilisés d'une sépulture antérieure et sans lien, datés stylistiquement d'avant le squelette trouvé à leurs côtés. Si Marucchi a raison, le nom et les restes n'ont peut-être jamais appartenu à la même personne.
D'une sépulture anonyme à un sanctuaire nommé
En 1805, les reliques furent confiées à un prêtre napolitain, Francesco di Lucia, qui les installa à Mugnano del Cardinale, près de Naples. Pendant près de trois décennies après cela, la dévotion aux reliques resta locale et relativement modeste — un ensemble d'ossements et un nom reconstitué, vénérés comme ceux d'une jeune martyre sans récit attaché. Cela changea à partir de 1833, lorsqu'une tertiaire dominicaine napolitaine nommée sœur Maria Luisa di Gesù rapporta une série de visions privées au cours desquelles, disait-elle, Philomène elle-même lui communiqua un récit détaillé de sa vie : une princesse grecque, fille d'un roi païen, convertie au christianisme, ayant refusé d'épouser l'empereur Dioclétien, puis torturée et décapitée pour sa foi.
Il faut être direct sur ce que ce récit est, et n'est pas. Il ne bénéficie d'aucun appui historique ou documentaire indépendant, quel qu'il soit — aucun texte ancien, aucune tradition antérieure, rien au-delà des visions rapportées par une seule religieuse du XIXe siècle, des décennies après que les reliques eurent déjà été découvertes et installées. Chaque détail de cette histoire de princesse-martyre — sa naissance royale, son refus de Dioclétien, les précisions sur sa torture — provient entièrement de cette révélation privée. Il faut le lire comme le récit dévotionnel du XIXe siècle de ce qu'une visionnaire affirma lui avoir été révélé, non comme de l'histoire, et cet article se garde délibérément de le raconter comme s'il s'agissait d'une biographie établie, car ce n'en est pas une.
Comment la dévotion devint immense malgré tout
Rien de cette fragilité historique n'empêcha la dévotion de se répandre rapidement. En 1835, Pauline Jaricot, fondatrice de l'Œuvre de la Propagation de la Foi, rapporta une guérison spectaculaire au sanctuaire de Mugnano, et la nouvelle alimenta une croissance rapide de la dévotion à Philomène en Italie puis en France. Le plus grand moteur de cette croissance fut saint Jean-Marie Vianney, le curé d'Ars, qui promut vigoureusement la dévotion à Philomène parmi ses propres paroissiens et lui bâtit un sanctuaire en France — son immense influence personnelle en tant que figure spirituelle explique en grande partie l'ampleur que prit ce culte, bien au-delà de ce que le dossier historique aurait pu justifier à lui seul. Entre 1837 et 1961, divers diocèses accordèrent une approbation liturgique locale ou régionale pour sa vénération, sans qu'elle soit jamais ajoutée au calendrier romain universel.
Un statut formel différent de la plupart des saints
Ici, les distinctions comptent et ne doivent pas être brouillées. Philomène ne fut jamais canonisée par le processus habituel de l'Église catholique — il n'y eut aucune déclaration formelle de sainteté fondée sur une vie documentée, un examen des vertus et des miracles vérifiés attribués à son intercession en tant que personne historique identifiée. Ce qui existait, c'était plutôt une permission locale et régionale accordée à son culte par des diocèses individuels sur plus d'un siècle. Le 14 février 1961, la Sacrée Congrégation des Rites retira sa fête, auparavant célébrée le 11 août, de tous les calendriers liturgiques, dans le cadre d'une réforme plus large du calendrier — et le fit explicitement en raison du manque de preuve historique reliant les reliques de 1802 à un martyr précis et identifiable. C'est à peu près la reconnaissance la plus claire que les institutions de l'Église font habituellement de l'incertitude décrite plus haut.
On l'appelle encore populairement aujourd'hui « sainte Philomène », par une coutume ancienne et une permission liturgique régionale antérieures à la suppression de 1961, qu'elles ont survécu — et elle est encore invoquée, en particulier pour les jeunes, bien que tout patronage qui lui est attaché doive être compris comme une tradition dévotionnelle plutôt que comme un fait établi concernant une personne historique documentée. Aucun écrit ni citation directe d'elle n'est connu sous une forme vérifiable. Ce que l'on peut honnêtement affirmer, c'est ceci : en 1802, la tombe d'une jeune fille sans nom fut ouverte dans une catacombe romaine, et au milieu du XIXe siècle, toute une biographie avait grandi autour de ses ossements — tirée non de l'histoire, mais du récit d'une religieuse sur ce qu'elle affirma lui avoir été montré en prière.






