L'Entrée à Jérusalem

Un roi entrant dans sa capitale viendrait normalement sur un cheval de guerre, entouré de soldats. Jésus entre à Jérusalem sur un ânon emprunté, et la foule qui se rassemble pour l'acclamer se rassemblera de nouveau, dans la même semaine, pour réclamer sa mort.
The Entry into Jerusalem
Aimeriez-vous que l'humble royauté de l'Entrée à Jérusalem veille sur votre propre foyer ? The Entry into Jerusalem

Un roi qui envoie chercher un ânon

L'approche de Jésus vers Jérusalem commence par une instruction étrangement précise : il envoie deux disciples chercher une ânesse et son ânon, leur indiquant exactement quoi répondre si on les interroge, et « les disciples allèrent, et firent ce que Jésus leur avait ordonné » (Matthieu 21,6, Louis Segond). Le choix de l'animal n'a rien d'accidentel. Un roi venant pour combattre montait un cheval ; un roi venant en paix montait un âne — une distinction bien comprise dans le monde antique, et que Jésus semble invoquer volontairement plutôt que par simple nécessité pratique.

Une fresque médiévale de Jésus chevauchant un âne vers la porte d'une ville fortifiée, accueilli par une foule agitant des palmes.

Giotto di Bondone, « L'Entrée à Jérusalem », chapelle Scrovegni, vers 1305 — domaine public.

Manteaux, branches, et une proclamation publique

Ce qui suit est un accueil incontestablement royal, organisé par des gens ordinaires plutôt que mis en scène par une quelconque autorité : « La plupart des gens de la foule étendirent leurs vêtements sur le chemin ; d'autres coupèrent des branches d'arbres, et en jonchèrent la route » (Matthieu 21,8, Louis Segond) — le traitement habituel réservé à un roi de retour ou à un vainqueur célébré, offert ici à un homme monté sur un ânon emprunté. Le cri de la foule rend la proclamation explicite : « Hosanna au Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna dans les lieux très hauts ! » (Matthieu 21,9, Louis Segond). « Fils de David » n'était pas un vague compliment — c'était une reconnaissance directe et publique de Jésus comme le roi promis d'Israël.

Une ville qui se retournera en quelques jours

Rien dans le récit de Matthieu n'atténue ce qui rend ce moment si difficile à accueillir : la même foule, dans la même ville, réclamera dans quelques jours la crucifixion de Jésus. Les Évangiles ne s'arrêtent jamais pour concilier les deux moments ni pour expliquer ce basculement — ils se contentent d'enregistrer les deux, côte à côte, et laissent le contraste parler de lui-même. Ce revirement, plus que n'importe quel détail de la procession elle-même, explique pourquoi l'Entrée à Jérusalem est retenue comme la scène d'ouverture de la Semaine sainte plutôt que comme un triomphe en soi — une célébration qui signifie tout ce qu'elle paraît signifier, tout en s'avérant signifier bien moins qu'il n'y paraissait alors.

Pourquoi cette image a traversé les siècles

L'art chrétien et le calendrier propre de l'Église (le dimanche des Rameaux commémore exactement cet événement) ont tous deux retenu la procession elle-même comme digne d'être célébrée indépendamment de ce qui suit — l'humilité de l'ânon, la sincérité d'une foule qui, aussi brièvement que ce fût, reconnut qui se tenait devant elle. La fresque de Giotto du début du XIVe siècle, montrée ci-dessus, capture ce moment dans ce qu'il a de plus simple : Jésus se retournant vers la foule, la main levée, encore juste à l'extérieur des portes de la ville, avant tout ce qui allait suivre.

Trivia

Pourquoi Jésus a-t-il choisi de monter un âne plutôt qu'un cheval ?
Le cheval était l'animal du roi guerrier arrivant en conquérant ; l'âne signalait l'inverse — un roi venant en paix. Le choix était délibéré, et les disciples allèrent chercher l'animal sur instruction précise de Jésus (Matthieu 21,1-7).
Que criait la foule, et qu'est-ce que cela signifiait ?
« Hosanna au Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna dans les lieux très hauts ! » (Matthieu 21,9) — « Hosanna » était une supplique de salut, et « Fils de David » une reconnaissance publique et directe de Jésus comme le Messie promis.
Que faisait-on des manteaux et des branches ?
« La plupart des gens de la foule étendirent leurs vêtements sur le chemin ; d'autres coupèrent des branches d'arbres, et en jonchèrent la route » (Matthieu 21,8) — un geste d'honneur habituellement réservé à la royauté et aux figures victorieuses entrant dans une ville.
Pourquoi ce moment paraît-il si différent de ce qui suit quelques jours plus tard ?
La même ville qui accueillit Jésus avec des palmes le verrait, quelques jours plus tard, arrêté et crucifié — un revirement que les Évangiles ne cherchent pas à expliquer, et qui a fait de l'Entrée à Jérusalem l'un des moments les plus doux-amers de tout le récit de la Passion.
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