Sainte Geneviève de Paris
Une consécration d'enfance près de Paris
Geneviève naît vers 422 à Nanterre, tout près de Paris, d'un père gallo-romain et d'une mère franque — un métissage typique du monde dans lequel elle grandit, à l'heure où l'autorité romaine en Gaule s'effaçait et où le pouvoir franc montait en puissance. Selon la tradition, elle n'avait que sept ans quand l'évêque Germain d'Auxerre, de passage dans la région, la remarqua et la consacra à une vie de dévotion religieuse. Quoi qu'il se soit exactement passé lors de cette rencontre, elle détermina le reste de sa vie : après la mort de ses parents, Geneviève s'installe à Paris et y vit pendant des décennies, connue pour une vie personnelle réellement austère, une charité constante envers les pauvres, et — de plus en plus avec l'âge — une réelle influence sur la manière dont la ville répondait aux crises.
Pierre Puvis de Chavannes, Sainte Geneviève veillant sur Paris (étude pour la fresque du Panthéon), 1897 — domaine public.
La menace qui n'est jamais arrivée
Le moment déterminant de la vie de Geneviève survient en 451, quand l'armée d'Attila le Hun traverse la Gaule, laissant derrière elle une traînée de villes détruites. Alors que la rumeur se répand que Paris pourrait être la prochaine cible, les habitants de la ville réagissent comme le font généralement des gens effrayés dans une cité sans défense : beaucoup commencent à préparer leur fuite, d'autres se disent prêts à simplement se rendre plutôt que d'affronter ce qui était déjà arrivé ailleurs. Geneviève, âgée alors de moins de trente ans, est créditée d'avoir résisté à cette panique — exhortant les habitants à rester dans la ville et à se tourner vers la prière plutôt que de fuir.
Il vaut la peine d'être précis sur la manière dont cette histoire nous parvient. La menace pesant sur Paris en 451 et la survie finale de la ville sont des faits historiques solides. Le rôle persuasif précis de Geneviève — la teneur de ses paroles, sa manière de les dire, l'ampleur exacte avec laquelle elle a changé les esprits — nous vient de sa Vie hagiographique, écrite peu après sa mort mais restant un texte de dévotion plutôt qu'une chronique indépendante, et de la tradition constante et ancienne de l'Église à son sujet. Cela ne rend pas le cœur de l'histoire douteux ; c'est simplement la manière appropriée de tenir une tradition aussi ancienne, en attribuant l'épisode à Geneviève comme le font les sources elles-mêmes — « on la crédite de », « la tradition veut que » — plutôt qu'en le racontant comme le ferait un reporter moderne d'un événement dont il aurait été témoin. Ce qui, en revanche, ne fait aucun doute, c'est l'issue : les forces d'Attila se détournèrent de Paris et poursuivirent leur route vers Orléans, où elles furent plus tard arrêtées au combat, et Paris créditera Geneviève, nommément, pour le reste de son histoire.
Une vie passée à veiller sur la ville
L'épisode d'Attila ne fut pas un unique moment spectaculaire dans une vie par ailleurs tranquille — il devint l'exemple fondateur d'un schéma qui se poursuivit pendant des décennies. On se souvient aussi de Geneviève pour avoir aidé à ravitailler par bateau Paris assiégée, lors d'un siège franc ultérieur, faisant entrer de la nourriture dans une ville qui en avait cruellement besoin à un moment où les voies d'accès habituelles étaient coupées. On la crédite également d'avoir encouragé la construction d'une église sur le lieu de sépulture de saint Denis, premier évêque de Paris et, aux côtés de Geneviève elle-même, l'une des figures patronales les plus importantes de la ville — un projet qui contribua à ancrer le culte de Denis et, par extension, le sentiment de la jeune communauté chrétienne d'avoir sa propre place dans la cité.
Geneviève meurt vers l'an 500, après avoir passé l'essentiel de sa vie adulte comme présence visible et respectée dans un Paris qui traversait la fin de l'ordre romain et la montée du pouvoir franc autour de lui. C'est une sainte antérieure aux processus modernes de canonisation — vénérée sans interruption depuis l'Antiquité plutôt que canonisée par le processus formel moderne de l'Église — ce qui témoigne en soi de la rapidité et de la constance avec lesquelles Paris a conservé sa mémoire.
Patronne d'une ville qui ne l'a jamais lâchée
De tout ce qui s'attache au nom de Geneviève, son patronage de Paris est le moins contesté et le plus central à ce qu'elle représente. Ce n'est pas un titre acquis des siècles plus tard par décret pontifical, comme certains patronages se développent — c'est simplement l'aboutissement naturel d'une ville qui, génération après génération, a crédité la même femme de l'avoir sauvée une fois et soutenue sans relâche par la suite. Sa fête est célébrée le 3 janvier, et ses reliques, déplacées et dispersées au fil de la propre histoire tourmentée de Paris, restent liées à certaines des églises les plus importantes de la ville. Pour une liste plus complète des saints et des causes, lieux et peuples auxquels ils sont associés, voir le Répertoire des saints patrons.






