Les Puissances

Le travail de chaque ange, dans la tradition chrétienne, n'est pas toujours le réconfort ou la livraison de messages. La théologie médiévale soutient qu'un rang entier existe spécifiquement pour se tenir à la frontière entre le ciel et les forces qui œuvrent contre lui — des anges dont la mission est la résistance, non le réconfort.

Un rang bâti pour résister

La plupart des anges que l'on imagine à Noël ou sur les murs d'une chambre d'enfant sont des figures douces — des veilleurs, des messagers, des consolateurs. La tradition décrit les Puissances tout autrement. La théologie chrétienne ultérieure soutient que ce rang existe pour monter la garde à la frontière entre le ciel et les forces qui œuvrent activement contre lui, résistant au mal à une échelle bien plus proche du cosmique que du personnel. C'est la mission angélique la moins susceptible de figurer sur une carte de vœux, et l'une des tâches les plus singulières confiées à l'un des neuf chœurs.

Un panneau à la détrempe du XIVe siècle de Guariento di Arpo montrant un ange auréolé et ailé, en cape rouge, tenant une verge, traditionnellement identifié aux Puissances.

Guariento di Arpo, ange traditionnellement identifié aux Puissances — montré dans le panneau complet avec un petit diable soumis à ses pieds — tiré de son cycle des Neuf Chœurs des Anges, vers 1354, Museo Civico, Padoue — domaine public.

L'autorité, empruntée à un mot utilisé partout ailleurs

Le nom vient du grec exousia, désignant un pouvoir délégué ou autorisé. Ce n'est pas un terme rare ou spécialisé dans le Nouveau Testament — Paul emploie ce même mot ailleurs pour une autorité entièrement terrestre, écrivant : « Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures; car il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu » à propos du gouvernement civil (Romains 13,1, Louis Segond). Il vaut la peine d'être précis à ce sujet : Romains 13 ne parle pas d'anges du tout, mais de dirigeants humains — pourtant ce passage montre le même mot grec sous-jacent assumer un double usage dans des contextes très différents de l'Écriture, ce qui explique en partie comment des théologiens ultérieurs ont justifié de lire exousia comme désignant un rang angélique distinct lorsqu'il apparaît en Colossiens 1,16 et Éphésiens 1,21, parmi des listes de catégories célestes.

Garder la frontière, selon la tradition

La tâche précise attachée à ce nom — résister au mal à une frontière cosmique — vient d'une théologie systématique ultérieure, non d'une scène de bataille quelconque dans la Bible. Dans le cycle des Neuf Chœurs des Anges peint au XIVe siècle par Guariento di Arpo à Padoue, les Puissances sont traditionnellement représentées désarmées mais dominantes, soumettant un petit diable à leurs pieds avec une corde ou une verge plutôt qu'une épée — une image de contrainte maîtrisée et continue plutôt que de combat ouvert. C'est une image sensiblement différente de celle de l'Ange gardien, que l'enseignement catholique tient pour assigné à une seule personne, « du début à la fin de l'existence » (CEC 336), marchant aux côtés d'une vie individuelle. Les Puissances, elles, opèrent à l'échelle de l'ordre créé tout entier — non votre protecteur, dans les termes mêmes de la tradition, mais une part de ce qui se dresse entre l'ensemble de la création et ce qui s'y oppose.

Ce que dit l'Écriture, et ce qu'y ajoute la tradition

Cela mérite d'être répété ici autant qu'ailleurs dans cette série : rien dans l'épître aux Colossiens ou aux Romains ne décrit les Puissances se tenant à une frontière cosmique, combattant des démons, ou faisant quoi que ce soit au-delà d'être nommées dans une liste. Toute cette image est l'œuvre de la pensée chrétienne ultérieure, principalement le Pseudo-Denys l'Aréopagite et ceux qui affinèrent son travail, dont Thomas d'Aquin — une tradition respectée de longue date, mais une systématisation humaine plutôt qu'une hiérarchie que l'Écriture énoncerait elle-même. Les Puissances prennent place aux côtés des Séraphins, des Trônes, des Dominations, des Vertus, des Principautés, et des Archanges en tant que rang dans ce même système à neuf chœurs, soigneusement bâti.

Trivia

D'où vient le nom « Puissances » ?
Du grec exousia, désignant un pouvoir délégué ou autorisé — un mot que le Nouveau Testament emploie également ailleurs pour l'autorité légitime en général, y compris le gouvernement civil (Romains 13,1).
Que font les Puissances, selon la tradition ?
La tradition chrétienne ultérieure les décrit comme un rang défensif, gardant la frontière entre le ciel et la terre contre les incursions du mal, résistant à l'œuvre du diable à une échelle cosmique plutôt que personnelle.
En quoi les Puissances diffèrent-elles d'un Ange gardien ?
Elles opèrent à des échelles différentes. Les Puissances sont traditionnellement décrites comme défendant l'ordre créé dans son ensemble contre le mal en général, tandis qu'un [Ange gardien](/blog/fr/angels/guardian-angel/) est traditionnellement assigné à la protection d'une seule personne — défense cosmique contre compagnonnage personnel.
La Bible décrit-elle les Puissances combattant directement des démons ?
Pas sous ce nom. L'Écriture utilise le mot « puissances » dans des listes de catégories célestes citées en passant (Colossiens 1,16, Éphésiens 1,21) sans décrire de bataille ni de frontière; le rôle défensif et anti-démoniaque relève d'une description théologique postérieure, non d'un récit direct du texte biblique.
Où se classent les Puissances parmi les neuf chœurs d'anges ?
Sixième, dernières de la « seconde hiérarchie » traditionnelle — Dominations, Vertus et Puissances — que la théologie ultérieure associe au gouvernement et à la défense de la création, distincte de la proximité avec Dieu du niveau le plus élevé.
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