Jésus-Christ le Bon Pasteur

Racines dans les rois-bergers d'Israël
L'image n'est pas apparue de nulle part. Le langage pastoral parcourt l'ensemble des Écritures hébraïques, le plus célèbre exemple étant le premier verset du Psaume 23 — « Yahvé est mon berger, rien ne me manque » (Psaume 23,1, Bible de Jérusalem) — un psaume traditionnellement attribué au roi David, qui avait lui-même exercé le métier de berger avant de devenir le roi le plus célébré d'Israël. Le prophète Ézéchiel va plus loin, condamnant les dirigeants d'Israël comme de faux bergers qui « n'avez pas fortifié les brebis chétives » ni « cherché celle qui était perdue » (Ézéchiel 34,4, Bible de Jérusalem), et promettant que Dieu lui-même interviendrait, disant « j'aurai soin moi-même de mon troupeau et je m'en occuperai » pour chercher et sauver le troupeau dispersé (Ézéchiel 34,11-12, Bible de Jérusalem). Lorsque Jésus se nomme lui-même le Bon Pasteur dans l'Évangile de Jean, il reprend délibérément ce fil — revendiquant, pour un public juif imprégné de ces textes, le rôle même que les prophètes disaient que seul Dieu pouvait véritablement remplir.
Statue en marbre du Bon Pasteur, vers 300-350, provenant des catacombes de Domitille, musées du Vatican — photo de Carole Raddato, CC BY-SA 2.0.
Un titre que Jésus revendique pour lui-même
Contrairement à bien des titres qui lui furent attribués plus tard, « Bon Pasteur » vient directement de ses propres paroles. Dans l'Évangile de Jean, il l'affirme sans détour : « Je suis le bon pasteur ; le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis » (Jean 10,11, Bible de Jérusalem). Il établit aussitôt un contraste avec celui qui n'a que l'apparence de la responsabilité : « Le mercenaire, qui n'est pas le pasteur et à qui n'appartiennent pas les brebis, voit-il venir le loup, il laisse les brebis et s'enfuit, et le loup s'en empare et les disperse. C'est qu'il est mercenaire et ne se soucie pas des brebis » (Jean 10,12-13, Bible de Jérusalem). La distinction ne porte pas sur la compétence. Elle porte sur la question de savoir si celui qui en a la charge a réellement quelque chose en jeu.
L'unique brebis qui mérite d'être cherchée
Jésus développe la même idée de façon narrative ailleurs dans les Évangiles, dans la parabole de la brebis perdue. Un berger possédant cent brebis, découvrant que l'une d'elles s'est égarée, laisse les quatre-vingt-dix-neuf autres pour chercher celle qui manque, et lorsqu'il la trouve, il « la met, tout joyeux, sur ses épaules » (Luc 15,5, Bible de Jérusalem) — exactement la posture saisie dans la statue des catacombes ci-dessus, l'agneau drapé sur les épaules du berger plutôt que poussé devant lui à l'aide d'un bâton. Jésus explique aussitôt après le sens de l'histoire : « qu'il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour 99 justes, qui n'ont pas besoin de repentir » (Luc 15,7, Bible de Jérusalem). C'est une arithmétique étonnamment différente de celle que la plupart des gens appliqueraient à la gestion d'un troupeau — celui qui est perdu compte davantage, dans ce récit, que les quatre-vingt-dix-neuf qui sont en sécurité.
Une connaissance qui va dans les deux sens
Jésus prolonge l'image plus loin encore, décrivant une relation plutôt qu'un simple devoir : « Je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît et que je connais le Père, et je donne ma vie pour mes brebis » (Jean 10,14-15, Bible de Jérusalem). La comparaison avec sa propre relation au Père élève considérablement la portée de la métaphore — il ne s'agit plus de l'arrangement d'un mercenaire, mais de quelque chose qui se rapproche d'un lien réciproque.
L'image la plus fréquente des catacombes
Cette image a trouvé un écho chez les premiers chrétiens plus que presque toute autre. Les catacombes de Rome, à elles seules, conservent environ 150 représentations du Bon Pasteur, ce qui en fait la représentation symbolique la plus fréquente du Christ du IIe au VIe siècle — bien avant que le crucifix ou d'autres images aujourd'hui familières ne se répandent. La statue représentée ci-dessus, sculptée vers 300-350 et retrouvée dans les catacombes de Domitille, en est un exemple typique : un jeune berger imberbe, et non un juge barbu ni un roi couronné.
Les historiens de l'art notent que ce type visuel précède lui-même le christianisme — les sculpteurs du monde gréco-romain avaient depuis longtemps produit des figures similaires, généralement appelées kriophoros (« porteur de bélier »), montrant un jeune pâtre portant un animal destiné au sacrifice, ou simplement une scène pastorale. Les artistes chrétiens des premiers temps empruntèrent cette forme familière et rassurante et lui donnèrent un sens nouveau, ce qui explique en partie pourquoi cette image pouvait apparaître aussi fréquemment à une époque où le christianisme lui-même demeurait une religion illégale ou à peine tolérée dans l'Empire romain — pour un regard extérieur posé sur l'art des catacombes, un berger portant un agneau ressemblait à une décoration ordinaire, non à une profession de foi codée.
Pourquoi le secours a précédé l'autorité
Ce choix reflète quelque chose de précis quant au moment où il fut fait. Peinte et sculptée durant des périodes de réelle incertitude et de persécution, l'image ne présente pas d'abord le Christ comme souverain ou juge — elle le présente comme celui qui cherche, qui trouve et qui porte. Pour des communautés vivant sous la menace, cet accent mis sur le secours et le soin personnel, plutôt que sur le pouvoir ou le jugement, était visiblement la version de l'identité du Christ qu'il importait le plus de représenter en premier.
Des murs des catacombes à la paroisse d'aujourd'hui
L'image du Bon Pasteur n'a jamais disparu de la vie chrétienne, même lorsque d'autres représentations du Christ — le Christ crucifié, le Christ Pantocrator trônant dans sa majesté, le Sacré-Cœur — en vinrent à dominer les siècles d'art ultérieurs. Le quatrième dimanche de Pâques demeure connu dans le calendrier liturgique catholique sous le nom de dimanche du Bon Pasteur, où la lecture évangélique de chaque année est tirée de Jean 10, et il a traditionnellement servi de journée consacrée à la prière pour les vocations au sacerdoce et à la vie religieuse, liant l'image du Christ berger au besoin permanent de l'Église de personnes prêtes à guider les autres en son nom. La houlette ou bâton de berger que portent encore aujourd'hui les évêques, appelé crosse, est un descendant direct de cette même idée — un rappel visuel que la charge épiscopale est censée être un soin pastoral, modelé sur la propre description que le Christ a faite de lui-même, plutôt qu'une simple autorité pour elle-même.
Trivia
D'où vient le titre de « Bon Pasteur » ?
Cette image était-elle fréquente dans l'art chrétien primitif ?
Pourquoi les premiers chrétiens ont-ils choisi précisément cette image ?
Qu'est-ce qui, selon Jésus, distingue le bon berger du mercenaire ?






