Saint Barthélemy l'Apôtre

Un nom, et une question d'identité
Barthélemy figure dans les listes des douze apôtres données par les Évangiles de Matthieu, Marc et Luc, toujours associé de près à Philippe, mais aucun de ces trois Évangiles ne raconte d'histoire le concernant directement — il est simplement nommé. « Barthélemy » est en réalité un patronyme plutôt qu'un prénom, signifiant « fils de Tolmaï » en araméen, ce qui explique en partie pourquoi la plupart des exégètes pensent qu'il portait aussi un prénom propre, et l'identifient à Nathanaël, l'homme dont la rencontre personnelle avec Jésus n'est racontée que dans l'Évangile de Jean. Jean n'utilise jamais le nom de Barthélemy, et les Évangiles synoptiques ne mentionnent jamais Nathanaël — un chevauchement quasi total qui a conduit l'Église, depuis l'Antiquité, à traiter les deux noms comme désignant le même apôtre.
Jusepe de Ribera, « Saint Barthélemy », vers 1630 — domaine public.
Connu avant d'être rencontré
Barthélemy — très probablement le même homme que l'Évangile de Jean appelle Nathanaël — est présenté à Jésus par son ami Philippe, et les premières paroles de Jésus à son égard arrivent avant même qu'une véritable présentation n'ait eu lieu : « Voici vraiment un Israélite sans détours » (Jean 1,47, Bible de Jérusalem). C'est une chose étrange à dire à un parfait inconnu, suffisamment précise pour exiger aussitôt une explication.
Une question honnête d'un sceptique, à laquelle il est répondu directement
Après un premier moment de scepticisme, où il aurait demandé si quelque chose de bon pouvait sortir de Nazareth, une bourgade insignifiante, Barthélemy n'accepte pas simplement le compliment. Il pose la question évidente : « D'où me connais-tu ? » (Jean 1,48, Bible de Jérusalem). La réponse de Jésus est plus étrange encore que la remarque initiale : « Avant que Philippe t'appelât, quant tu étais sous le figuier, je t'ai vu » (Jean 1,48, Bible de Jérusalem) — une prétention à une connaissance que Jésus n'avait aucun moyen ordinaire de posséder. Quoi que Barthélemy ait précisément fait sous cet arbre, c'est cette précision qui semble faire voler en éclats tout son scepticisme.
Une confession aussi soudaine que le compliment
La réponse de Barthélemy égale l'intensité de ce qui l'a déclenchée : « Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël » (Jean 1,49, Bible de Jérusalem) — l'une des déclarations les plus directes de l'identité de Jésus offertes par quiconque dans les Évangiles, survenant à peine quelques instants après leur premier véritable échange. Aucune montée progressive de la confiance n'est consignée ici, aucune longue période de doute. Une seule remarque, étrangement précise, semble avoir suffi — et Jésus lui répond en lui annonçant qu'il verra des choses plus grandes encore : le ciel ouvert, et les anges montant et descendant sur le Fils de l'homme.
Une fin brutale, restée dans les mémoires jusque dans ses détails
De la vie ultérieure de Barthélemy, seuls quelques fragments subsistent — des voyages missionnaires que la tradition situe en Inde, en Mésopotamie et surtout en Arménie, où il aurait converti un roi et sa maisonnée après avoir guéri la fille du roi, affligée d'un mal, et où il est honoré comme une figure fondatrice de l'Église apostolique arménienne, aux côtés de l'apôtre Thaddée. Sa mort est restée dans les mémoires bien plus vivement que son ministère : la tradition veut qu'il ait été écorché vif puis décapité sur l'ordre du roi arménien Astyage, continuant, dit-on, à prêcher alors même que le supplice lui était infligé. Ce détail macabre explique précisément pourquoi les artistes ultérieurs, y compris l'auteur du sombre portrait ci-dessus et Michel-Ange dans sa célèbre représentation de lui au Jugement dernier de la chapelle Sixtine (où il tient sa propre peau écorchée, censée porter un discret autoportrait de l'artiste), le représentent si souvent tenant le couteau associé à son propre martyre — un rappel saisissant et durable de ce que sa conviction lui a finalement coûté, faisant écho aux traditions de martyre tout aussi dramatiques entourant d'autres apôtres comme saint Jude Thaddée, que la tradition dit avoir été tué sur ce même terrain missionnaire arménien.
Patron d'un métier difficile
Le patronage de Barthélemy sur les tanneurs et les travailleurs du cuir est l'un des exemples les plus directs, dans la tradition chrétienne, d'un patronage de saint découlant précisément de la manière dont il est mort : le tannage, ce procédé qui transforme les peaux d'animaux en cuir, consistait à couper et dépouiller la peau d'une façon que les artisans médiévaux jugeaient visuellement et symboliquement proche de la tradition selon laquelle il aurait été écorché. Les corporations de tanneurs, de bouchers et de travailleurs du cuir à travers l'Europe médiévale l'adoptèrent comme patron et financèrent souvent des chapelles ou retables élaborés en son honneur, dont certains subsistent aujourd'hui comme œuvres d'art religieux majeures. Sa fête, le 24 août, marquait historiquement une date notable du calendrier médiéval des foires et marchés dans certaines régions d'Angleterre et d'Europe continentale, les foires commerciales étant souvent calées sur les fêtes des saints comme points de rassemblement naturels pour acheter, vendre et régler les comptes avant le changement de saison — un héritage pratique et quotidien discrètement superposé à l'histoire bien plus dramatique de son martyre.
Trivia
Barthélemy est-il la même personne que Nathanaël dans l'Évangile de Jean ?
Qu'a dit Jésus à son sujet avant même de l'avoir rencontré ?
Comment Barthélemy a-t-il répondu à Jésus ?
Comment Barthélemy est-il mort ?
De quoi saint Barthélemy est-il le saint patron, et quand est sa fête ?







