Saint Barthélemy l'Apôtre

Connu avant d'être rencontré
Barthélemy — très probablement le même homme que l'Évangile de Jean appelle Nathanaël — est présenté à Jésus par son ami Philippe, et les premières paroles de Jésus à son égard arrivent avant même qu'une véritable présentation n'ait eu lieu : « Voici vraiment un Israélite, dans lequel il n'y a point de fraude » (Jean 1,47, Louis Segond). C'est une chose étrange à dire à un parfait inconnu, suffisamment précise pour exiger aussitôt une explication.
Jusepe de Ribera, « Saint Barthélemy », vers 1630 — domaine public.
Une question honnête d'un sceptique, à laquelle il est répondu directement
Barthélemy n'accepte pas simplement le compliment. Il pose la question évidente : « D'où me connais-tu ? » (Jean 1,48, Louis Segond). La réponse de Jésus est plus étrange encore que la remarque initiale : « Avant que Philippe t'appelât, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu » (Jean 1,48, Louis Segond) — une prétention à une connaissance que Jésus n'avait aucun moyen ordinaire de posséder. Quoi que Barthélemy ait précisément fait sous cet arbre, c'est cette précision qui semble faire voler en éclats tout son scepticisme.
Une confession aussi soudaine que le compliment
La réponse de Barthélemy égale l'intensité de ce qui l'a déclenchée : « Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël » (Jean 1,49, Louis Segond) — l'une des déclarations les plus directes de l'identité de Jésus offertes par quiconque dans les Évangiles, survenant à peine quelques instants après leur premier véritable échange. Aucune montée progressive de la confiance n'est consignée ici, aucune longue période de doute. Une seule remarque, étrangement précise, semble avoir suffi.
Une fin brutale, restée dans les mémoires jusque dans ses détails
De la vie ultérieure de Barthélemy, seuls quelques fragments subsistent — des voyages missionnaires que la tradition situe en Inde, en Mésopotamie et surtout en Arménie, où il aurait converti un roi et sa maisonnée après avoir guéri la fille du roi, affligée d'un mal. Sa mort est restée dans les mémoires bien plus vivement que son ministère : la tradition veut qu'il ait été écorché vif puis décapité sur l'ordre du roi arménien Astyage, continuant, dit-on, à prêcher alors même que le supplice lui était infligé. Ce détail macabre explique précisément pourquoi les artistes ultérieurs, y compris l'auteur du sombre portrait ci-dessus, le représentent si souvent tenant le couteau associé à son propre martyre — un rappel saisissant et durable de ce que sa conviction lui a finalement coûté.
Trivia
Barthélemy est-il la même personne que Nathanaël dans l'Évangile de Jean ?
Qu'a dit Jésus à son sujet avant même de l'avoir rencontré ?
Comment Barthélemy a-t-il répondu à Jésus ?
Comment Barthélemy est-il mort ?



