Sainte Macrine l'Ancienne

Une grand-mère se réfugie dans les étendues sauvages près de la mer Noire, pendant l'une des pires persécutions de chrétiens que Rome ait connues, y vivant environ sept ans plutôt que de renoncer à une foi que l'empire venait de rendre passible de mort. Des décennies plus tard, revenue sans danger à une vie ordinaire, elle enseignait encore personnellement à ses petits-fils ce pour quoi elle avait failli mourir. Deux de ces garçons — Basile le Grand et Grégoire de Nysse — devinrent des figures majeures de la théologie chrétienne, et tous deux le reconnurent, en la citant nommément.

Une famille qui a façonné un siècle de théologie

Macrine l'Ancienne naît un peu avant l'an 270, très probablement à Néocésarée ou à proximité, dans la province romaine du Pont, dans l'actuelle Turquie du nord. Les dates précises de sa naissance et de sa mort ne nous sont pas parvenues — on estime généralement qu'elle mourut vers 340 — mais ce qui a survécu est remarquable d'une tout autre manière : une chaîne documentée d'influence théologique traversant directement trois générations de l'une des familles les plus déterminantes de l'histoire de la doctrine chrétienne. Macrine étudia auprès de Grégoire le Thaumaturge, disciple direct du grand théologien Origène, et transmit ce qu'elle avait appris de lui à sa propre famille, l'enseignant à ses enfants puis, plus tard, à ses petits-enfants. Parmi ces petits-enfants se trouvaient Basile le Grand, Grégoire de Nysse, Pierre de Sébaste et Macrine la Jeune — qui forment, avec l'ami proche de Basile, Grégoire de Nazianze, le noyau de ce que la théologie ultérieure appellera les Pères cappadociens, dont les écrits ont façonné pour des siècles la compréhension de l'Église sur la Trinité.

Une icône de Novgorod du XVe siècle représentant saint Basile le Grand, nimbé et barbu, en habits épiscopaux, tenant un rouleau — le petit-fils que Macrine l'Ancienne éleva personnellement dans la foi.

École de Novgorod, Saint Basile le Grand, tempera sur panneau, XVe siècle, National Museum of Art, Architecture and Design, Norvège — domaine public. (Aucun portrait de Macrine l'Ancienne elle-même n'a survécu ; cette icône représente Basile le Grand, le petit-fils qu'elle instruisit personnellement dans la foi.)

Sept ans de vie cachée

Avant que cet héritage familial ne puisse prendre forme, Macrine et son mari durent d'abord survivre à un empire qui voulait les tuer parce qu'ils étaient chrétiens. Pendant la persécution dioclétienne du début du IVe siècle — l'une des persécutions les plus sévères et les plus systématiques subies par les chrétiens sous domination romaine — le couple fuit Néocésarée pour les étendues sauvages du littoral de la mer Noire, plutôt que de renoncer à sa foi comme l'exigeaient les édits impériaux. Ils y vécurent cachés pendant environ sept ans, avant qu'il ne soit assez sûr de rentrer chez eux.

Cette partie de l'histoire de Macrine n'est pas un embellissement hagiographique tardif ; elle nous parvient à travers les propres lettres conservées de son petit-fils Basile le Grand, ce qui en fait un fragment d'histoire familiale raisonnablement solide plutôt qu'une légende pieuse née d'un vague souvenir. Les dates exactes de la fuite, comme la plupart des détails de la vie de Macrine, restent affaire de conjecture savante plutôt que d'archive précise — mais la substance du récit, une famille survivant des années cachée plutôt que d'abandonner sa foi, repose sur le témoignage de quelqu'un qui l'avait personnellement connue et avait toutes les raisons de rapporter fidèlement les faits essentiels.

Enseigner aux garçons qui deviendraient théologiens

Macrine finit par devenir veuve, et au moment où ses petits-enfants grandissaient, elle faisait quelque chose qui comptait tout autant qu'avoir survécu à la persécution : elle leur enseignait personnellement la foi pour laquelle elle avait failli mourir. Basile le Grand écrivit directement à ce sujet, créditant sa grand-mère par son nom pour avoir façonné sa formation religieuse précoce — non pas un vague hommage à la piété familiale, mais la reconnaissance précise de l'instruction directe donnée par une femme précise. Grégoire de Nysse, un autre de ses petits-fils, reconnut lui aussi son influence sur l'orientation théologique de la famille.

Il vaut la peine de s'arrêter sur ce que cela signifie réellement : une femme qui avait passé sept ans cachée d'un régime qui voulait sa mort à cause de sa foi vécut assez longtemps pour asseoir ses petits-fils et leur enseigner directement cette même foi, et ces petits-fils devinrent deux des théologiens les plus importants de l'histoire de l'Église chrétienne. Basile le Grand devint évêque de Césarée et l'une des figures majeures de la théologie du IVe siècle ; Grégoire de Nysse devint l'un des défenseurs les plus philosophiquement sophistiqués de la doctrine trinitaire de son époque. Tous deux, de leur propre aveu, avaient commencé leur vie de foi aux côtés de leur grand-mère.

Un héritage discret, honnêtement raconté

Aucune citation directe des propres paroles de Macrine l'Ancienne n'a survécu — tout ce que l'on sait de sa personnalité, de ses convictions et de son enseignement nous parvient filtré par le témoignage de Basile plutôt que par un écrit de sa main, ce qui explique pourquoi ce récit s'appuie sur ce que Basile a dit d'elle plutôt que de lui prêter directement des paroles. C'est une sainte antérieure au processus de congrégation, vénérée depuis l'Antiquité plutôt que reconnue par le processus moderne de canonisation de l'Église, et aucune image d'elle datant de son vivant n'a survécu — le lien visuel le plus proche que l'on ait d'elle demeure l'iconographie des petits-fils qu'elle a élevés, des hommes dont les visages ont été peints et vénérés dans les églises depuis plus de mille ans, en partie grâce à la grand-mère qui les a instruits les premiers.

Sa fête est célébrée le 14 janvier dans le calendrier romain, et le 30 janvier dans le calendrier byzantin, où on se souvient d'elle aux côtés d'autres membres de sa remarquable famille. Elle est invoquée, dans un sens modeste et surtout de dévotion populaire plutôt que par un grand décret formel, comme patronne des veuves et contre la pauvreté — un patronage discret qui convient bien à une femme dont le véritable héritage n'a jamais vraiment porté sur elle-même.

Trivia

Qui était sainte Macrine l'Ancienne ?
Macrine l'Ancienne était une chrétienne du début du IVe siècle originaire du Pont, en Asie Mineure, grand-mère de Basile le Grand, de Grégoire de Nysse, de Pierre de Sébaste et de Macrine la Jeune, restée dans les mémoires pour avoir survécu cachée à une persécution et pour avoir personnellement enseigné la foi à ses petits-fils.
Quelle persécution Macrine l'Ancienne survécut-elle, et comment le sait-on ?
Elle et son mari fuirent dans les étendues sauvages du littoral de la mer Noire pendant la persécution dioclétienne des chrétiens, au début du IVe siècle, y vivant environ sept ans avant de rentrer dans leur ville natale de Néocésarée ; ce récit nous vient des propres lettres conservées de son petit-fils Basile le Grand, ce qui en fait un témoignage historique raisonnablement solide plutôt qu'une légende tardive, même si les dates exactes restent affaire de conjecture savante.
Quelle tradition théologique Macrine l'Ancienne transmit-elle à sa famille ?
Elle avait étudié auprès de Grégoire le Thaumaturge, disciple direct du théologien Origène, et transmit cet enseignement au sein de sa famille — une chaîne documentée d'influence doctrinale sur trois générations, de Grégoire le Thaumaturge à Macrine, puis à des petits-fils devenus eux-mêmes de grands architectes de la théologie chrétienne.
Des paroles de Macrine l'Ancienne elle-même nous sont-elles parvenues ?
Aucune citation directe de Macrine l'Ancienne elle-même n'a survécu ; ce que l'on sait d'elle vient du témoignage de son petit-fils Basile le Grand, en particulier dans ses lettres, et non d'un quelconque écrit de sa propre main.
De quoi sainte Macrine l'Ancienne est-elle la patronne, et quand est sa fête ?
Elle est invoquée, dans un sens relativement mineur et de dévotion populaire, comme patronne des veuves et contre la pauvreté ; sa fête est célébrée le 14 janvier dans le calendrier romain, et le 30 janvier dans le calendrier byzantin, aux côtés d'autres membres de sa famille.
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