Saint Grégoire de Nazianze

Pendant plusieurs années, à la fin du IVe siècle, les grandes églises de Constantinople appartiennent à des évêques qui nient que le Christ soit pleinement Dieu. Dans cette ville hostile arrive un théologien vieillissant et peu enthousiaste, nommé Grégoire, qui n'a pas de cathédrale à lui — seulement une petite chapelle privée qu'il baptise l'Anastasia, la Résurrection. C'est depuis cette pièce modeste qu'il prononce une série de sermons d'une précision et d'une portée telles que l'Église lui accordera plus tard un titre que presque personne d'autre ne partage dans toute l'histoire chrétienne.

Une amitié qui façonna une théologie

Grégoire naît vers 329 près de Nazianze, en Cappadoce, une région d'Asie Mineure qui produisit, en une seule génération, une concentration remarquable de grands penseurs chrétiens. Jeune étudiant à Athènes, il se lie d'une amitié étroite et durable avec un compatriote cappadocien nommé Basile, connu plus tard sous le nom de Basile le Grand. Avec le frère cadet de Basile, Grégoire de Nysse, tous trois sont aujourd'hui vénérés comme les Pères cappadociens — un trio dont l'écriture théologique contribua, plus que presque toute autre, à clarifier et à défendre l'enseignement de l'Église sur la Trinité, au cœur d'un siècle de conflits doctrinaux acharnés.

Une peinture à l'huile baroque représentant un saint évêque barbu et dégarni, en habits d'apparat, le regard levé vers le ciel et une main dressée, dans des tons dorés et rouges chaleureux.

Pierre Paul Rubens, Saint Grégoire de Nazianze (modello pour le plafond de l'église des jésuites d'Anvers), 1621 ; aujourd'hui à la Stiftung Friedenstein Gotha, Allemagne, après sa restitution en 2024 au terme de plusieurs décennies au Buffalo AKG Art Museum — domaine public.

Une voix isolée dans une capitale hostile

En 379, Grégoire est appelé à Constantinople pour conduire une petite communauté chrétienne nicéenne, à un moment où les grandes églises de la ville sont contrôlées par des évêques ariens — l'arianisme étant la doctrine selon laquelle le Christ serait un être créé, et non pleinement divin. Grégoire n'a pas de cathédrale à lui ; il prêche depuis une chapelle privée qu'il baptise l'Anastasia, « Résurrection ». C'est dans cette petite pièce qu'il prononce ses célèbres Discours théologiques, une série de sermons exposant, avec une clarté peu commune, la pleine divinité du Christ et son égalité au sein de la Trinité, aux côtés du Père et de l'Esprit Saint. Il exerce brièvement la charge de patriarche de Constantinople durant cette période, à la tête d'une Église dont les plus grands édifices appartiennent encore à ses adversaires théologiques.

Le seul titre qu'il partage avec l'apôtre Jean

Le concile de Chalcédoine, en 451, accorde à Grégoire une distinction rarement répétée dans l'histoire chrétienne : le titre de « Théologien ». Dans l'Orient chrétien, cet honneur précis a traditionnellement été réservé à deux figures seulement — l'apôtre Jean, auteur du quatrième évangile, et Grégoire lui-même. C'est la reconnaissance de l'influence considérable qu'exercèrent ses Discours théologiques sur le vocabulaire et le raisonnement que l'Église emploierait, pendant des siècles, pour décrire la Trinité — des discours prononcés dans des circonstances véritablement difficiles, et non depuis une position de confort ou de puissance institutionnelle.

Docteur de l'Église, célébré aux côtés de Basile

Grégoire renonce au siège de Constantinople peu après son arrivée, usé par les luttes politiques qui accompagnaient la charge, et passe ses dernières années en Cappadoce, dans une retraite relative, continuant d'écrire. L'Église le reconnaît par la suite comme Docteur de l'Église, pour le poids théologique durable de ses écrits. Sa fête, le 2 janvier, est célébrée conjointement avec son vieil ami Basile le Grand — un rapprochement bien mérité pour deux hommes dont l'amitié, née sur les bancs d'école, contribua à produire l'une des réflexions théologiques les plus claires que l'Église primitive ait jamais formulées.

Trivia

Qui était saint Grégoire de Nazianze ?
Évêque cappadocien du IVe siècle, né vers 329 et mort vers 390, il est resté dans les mémoires comme l'un des trois Pères cappadociens et comme un ami proche, condisciple de Basile le Grand, célébré avant tout pour ses sermons défendant la pleine divinité du Christ au sein de la Trinité.
Pourquoi Grégoire de Nazianze est-il appelé « le Théologien » ?
Le concile de Chalcédoine, en 451, lui accorda ce titre en reconnaissance de ses Discours théologiques, une série de sermons défendant la doctrine trinitaire ; dans l'Orient chrétien, ce titre précis a traditionnellement été réservé aux seuls Grégoire et l'apôtre Jean.
Qu'étaient les Discours théologiques ?
Une série de sermons que Grégoire prêcha à Constantinople, depuis une petite chapelle appelée l'Anastasia, pour défendre l'enseignement nicéen selon lequel le Christ est pleinement et véritablement divin, à une époque où des évêques d'inspiration arienne contrôlaient la plupart des grandes églises de la ville.
Qui étaient les Pères cappadociens ?
Grégoire de Nazianze, son ami proche Basile le Grand, et le frère cadet de Basile, Grégoire de Nysse — trois évêques du IVe siècle originaires de la région de Cappadoce, en Asie Mineure, dont l'écriture théologique conjuguée façonna profondément la compréhension que l'Église eut de la Trinité.
Quand célèbre-t-on la fête de saint Grégoire de Nazianze ?
Le 2 janvier, célébrée conjointement avec son ami de toujours Basile le Grand dans le calendrier occidental.
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