Saint Pierre Canisius

À la mort de Pierre Canisius en 1597, un catholique germanophone ne pouvait presque plus prononcer le mot « catéchisme » sans prononcer son nom — les deux étaient devenus synonymes. Ses trois catéchismes connurent environ 200 éditions avant même qu'il ne soit dans la tombe, traduits en plus de langues que la plupart des auteurs de son siècle n'en ont jamais vu. Il les écrivit en sillonnant sans relâche l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse, au plus fort de la Réforme, s'efforçant presque à lui seul d'empêcher toute une région de basculer définitivement dans le protestantisme.

Un Néerlandais happé par la Compagnie de Jésus

Pierre Canisius naît Pieter Kanijs en 1521 à Nimègue, ville du duché de Gueldre qui se trouve aujourd'hui aux Pays-Bas. Son père le destinait à une carrière juridique classique et l'envoya étudier à l'université de Cologne, mais une retraite spirituelle conduite par l'un des tout premiers compagnons d'Ignace de Loyola bouleversa entièrement sa trajectoire. En 1543, Canisius devient l'un des tout premiers membres de la Compagnie de Jésus — les jésuites — tout juste fondée, un ordre encore jeune de quelques années seulement, qui n'avait pas encore bâti le vaste réseau d'écoles et de missions pour lequel on le connaîtra plus tard. Ordonné prêtre en 1546, il est presque aussitôt envoyé par ses supérieurs jésuites précisément dans les régions d'Europe où la pratique catholique s'effondrait le plus vite sous la pression de la Réforme.

Un portrait à l'huile en buste d'un prêtre jésuite d'âge mûr, barbu et aux cheveux gris, peint sur un fond doré-brun.

Artiste anonyme, portrait de Petrus Canisius, 1699 — domaine public (Wikimedia Commons).

Une mission à lui seul à travers l'Europe germanophone

Pendant les quatre décennies suivantes, Canisius œuvre à travers l'Allemagne, l'Autriche, la Bohême et la Suisse — prêchant, fondant des collèges jésuites, conseillant évêques et princes, et assistant aux sessions du concile de Trente, la grande réponse doctrinale de l'Église à la Réforme. Son grand projet reste toutefois la catéchèse : enseigner aux catholiques ordinaires, en langage simple, ce que leur propre Église enseignait réellement, à un moment où les réformateurs protestants faisaient de même pour leur camp, avec un succès considérable. Ses trois catéchismes — un plus vaste destiné aux lecteurs instruits et au clergé, et deux plus courts pour les élèves et les enfants — répondaient point par point aux objections protestantes tout en restant accessibles pour une salle de classe. Ils se diffusèrent avec une rapidité extraordinaire : environ 200 éditions parurent avant la mort de Canisius, et pour les catholiques allemands, le mot « Canisius » devint, pour des générations, simplement un autre mot pour dire « catéchisme ».

Docteur du catéchisme

Canisius meurt à Fribourg, en Suisse, le 21 décembre 1597, après avoir passé ses dernières années à enseigner au collège jésuite de la ville. Sa cause de canonisation avança lentement, selon les usages de l'époque, et ce n'est que le 21 mai 1925 que le pape Pie XI le canonise et le déclare Docteur de l'Église en une seule et même cérémonie, lui donnant le titre précis de « Docteur du catéchisme ». Ce titre lui convient parfaitement : contrairement à de nombreux Docteurs honorés pour une spéculation théologique originale, Canisius mérita le sien surtout par le travail patient et peu spectaculaire consistant à expliquer clairement la doctrine existante, assez clairement pour qu'elle survive intacte à un siècle de bouleversements religieux sur une immense étendue de l'Europe.

Un héritage mesuré en écoles et en livres, non en batailles

Canisius n'occupa jamais de haute charge dans l'Église et n'en rechercha jamais, refusant au moins une offre d'épiscopat pour continuer son travail d'enseignant et d'écrivain. Sa marque durable est institutionnelle et littéraire, non politique : les collèges jésuites qu'il aida à fonder ou à faire fonctionner dans des villes comme Ingolstadt, Vienne et Fribourg devinrent des centres durables d'éducation catholique, et ses catéchismes continuèrent d'être réimprimés jusque bien avant dans le XIXe siècle, avec plus d'un millier d'éditions selon certains décomptes. Sa fête est célébrée le 21 décembre, et l'on se souvient de lui aujourd'hui comme patron de la presse catholique — un hommage bien mérité pour un homme dont l'arme principale, dans un conflit religieux, fut la page imprimée.

Trivia

Qui était saint Pierre Canisius ?
Prêtre jésuite né aux Pays-Bas (1521-1597), il devint le principal catéchiste et prédicateur catholique d'Europe germanophone durant la Contre-Réforme, rédigeant des catéchismes si largement utilisés que son nom devint un synonyme du genre lui-même.
Quelle est l'œuvre la plus célèbre de Pierre Canisius ?
Sa Summa Doctrinae Christianae, publiée anonymement à Vienne en 1555, ainsi que deux catéchismes plus courts qu'il rédigea pour différentes tranches d'âge ; ensemble, ces textes connurent environ 200 éditions de son vivant et furent traduits en de nombreuses langues.
Quand Pierre Canisius fut-il déclaré Docteur de l'Église ?
Le pape Pie XI le canonisa et le déclara Docteur de l'Église le même jour, le 21 mai 1925, lui donnant le titre de « Docteur du catéchisme » en reconnaissance de son œuvre catéchétique.
Pourquoi Pierre Canisius fut-il important pour la Contre-Réforme en Allemagne ?
Il passa des décennies à prêcher, enseigner et fonder des collèges jésuites à travers les terres germanophones à une époque où de vastes régions se convertissaient au protestantisme, et les historiens créditent généralement son action d'avoir contribué à maintenir la Bavière, l'Autriche et une partie de la Suisse dans le giron catholique.
De quoi saint Pierre Canisius est-il le saint patron, et quelle est sa fête ?
Il est honoré comme patron de la presse catholique et du renouveau catholique en Allemagne, et sa fête est célébrée le 21 décembre, date de sa mort en 1597 à Fribourg, en Suisse.
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