Sainte Teresa de Calcutta
Née loin de la ville qui la rendrait célèbre
Teresa de Calcutta naquit sous le nom d'Anjezë Gonxhe Bojaxhiu en 1910 à Skopje, alors partie de l'Empire ottoman et aujourd'hui capitale de la Macédoine du Nord — un détail qui surprend ceux qui, en entendant son nom, supposent qu'elle était née en Inde. Elle rejoignit les Sœurs de Lorette encore jeune femme et fut envoyée en Inde, où elle passa près de vingt ans à enseigner dans une école conventuelle de Calcutta, jusqu'à en devenir la directrice. Selon tous les critères ordinaires, c'était déjà une vocation religieuse pleine et respectable.
Le président Reagan remet à Mère Teresa la Médaille de la Liberté, jardin des Roses de la Maison-Blanche, 20 juin 1985 — White House Photographic Office, domaine public via National Archives/DPLA.
Un « appel dans l'appel »
En 1946, alors qu'elle voyageait en train, elle décrivit avoir ressenti ce qu'elle et d'autres appelèrent plus tard un « appel dans l'appel » — un appel supplémentaire, plus précis, au sein de sa vocation religieuse déjà existante, la dirigeant à quitter la sécurité de l'enseignement conventuel pour aller vivre directement parmi les plus pauvres et les plus délaissés de Calcutta. Il fallut quelques années pour obtenir les autorisations et la formation nécessaires, mais en 1950, elle fonda les Missionnaires de la Charité, un nouvel ordre religieux consacré spécifiquement au soin des plus démunis et des mourants dans les bidonvilles de la ville.
D'une seule maison à Calcutta à un ordre mondial
Ce qui commença comme une petite communauté travaillant avec des moyens très limités à Calcutta devint, au fil des décennies suivantes, une congrégation religieuse présente dans des dizaines de pays à travers le monde, gérant des maisons pour mourants, des orphelinats, et des centres de soins pour les personnes atteintes de la lèpre et d'autres conditions qui les laissaient abandonnées par leur famille ou la société. Mère Teresa elle-même devint l'une des figures religieuses les plus reconnues du XXe siècle, recevant le prix Nobel de la paix en 1979 pour cette œuvre, tout en restant personnellement engagée dans le même soin direct et concret des pauvres qui avait défini sa vocation dès le départ.
Canonisée devant une foule immense à Rome
Mère Teresa mourut à Calcutta en 1997 et fut canonisée le 4 septembre 2016 par le pape François, devenant formellement sainte Teresa de Calcutta. Dans son homélie de canonisation, François résuma ce qu'il voyait comme le cœur de son œuvre de vie : « Pour Mère Teresa, la miséricorde a été le "sel" qui donnait de la saveur à chacune de ses œuvres, et la "lumière" qui éclairait les ténèbres de ceux qui n'avaient même plus de larmes pour pleurer leur pauvreté et leur souffrance. » Sa fête est aujourd'hui célébrée le 5 septembre, anniversaire de sa mort, et elle ne détient aucun patronage universel formel unique — son héritage vit plutôt à travers l'ordre religieux qu'elle a fondé, toujours actif aujourd'hui, et à travers sa réputation durable comme l'un des exemples les plus clairs de la miséricorde en acte dans l'Église moderne.






