Sainte Zita de Lucques

À douze ans, elle entra comme servante dans la maison d'un riche marchand de soie de Lucques — et y resta, faisant le même travail, pendant les quarante-huit années suivantes. Elle donnait un tiers de son modeste salaire à ses parents et un autre tiers aux pauvres, gardant le reste pour elle, et au moment de sa mort, les gens du peuple, dans toute la ville, l'appelaient déjà sainte. Rome allait mettre quatre siècles de plus à être d'accord.

Quarante-huit ans dans la même maison

Zita naît vers 1212 à Monsagrati, un village près de Lucques en Toscane, et sa vie documentée se résume presque entièrement à un seul fait remarquable : à douze ans, elle entre au service de la famille Fatinelli, une maison de riches marchands de soie lucquois, et elle y reste environ 48 ans. Il n'y a pas de tournant de carrière spectaculaire, pas de fondation d'ordre, pas de voyage vers un lointain champ de mission — seulement des décennies du même travail domestique, accompli avec une intégrité si manifeste que ses employeurs finirent par lui confier l'aumône de la famille et l'autorisèrent à visiter et soigner elle-même les pauvres malades de la ville.

Une gravure du XIXe siècle représentant une jeune femme avec une cruche d'eau près d'un puits, s'entretenant avec un vieux mendiant appuyé sur un bâton, une ville toscane en arrière-plan.

Frederick Hollyer, d'après un dessin de Francesca Alexander, "Santa Zita: The Miracle at the Well", v. 1875-1885, Rijksmuseum — domaine public.

Zita partageait son modeste salaire en trois : une part pour sa propre famille, une part pour les pauvres, et seulement un petit reste pour elle-même. C'est un détail facile à survoler, mais il résume à lui seul toute la forme de sa sainteté — pas de visions, pas de souffrances extraordinaires, seulement le salaire ordinaire d'une servante, donné délibérément et sans relâche pendant près d'un demi-siècle.

Légendes de pain et de fleurs

Deux histoires se sont attachées à la mémoire de Zita qu'il convient de désigner clairement comme légende pieuse plutôt que fait documenté. Dans la première, son employeur l'aurait surprise sortant de la maison avec du pain caché sous sa cape, destiné aux pauvres ; lorsqu'il exigea qu'elle ouvre sa cape pour montrer ce qu'elle cachait, le pain s'était changé en fleurs. Dans la seconde, elle aurait laissé sa fournée de pain inachevée — appelée au secours de quelqu'un dans le besoin, ou simplement absorbée dans la prière — et serait revenue trouver les pains déjà parfaitement cuits, sans explication sur qui avait terminé le travail ; la tradition populaire en attribua le mérite aux anges. Ces deux histoires suivent un motif familier, rattaché aussi à d'autres saints, une sorte de « miracle de la providence » courant dans l'hagiographie médiévale, et aucune ne dispose d'appui documentaire au-delà d'une longue tradition locale. Elles méritent d'être racontées parce qu'elles font partie de la façon dont Lucques se souvint d'elle — non parce qu'elles seraient des événements vérifiés.

Un culte qui commença avant que Rome ne le remarque

La vénération populaire de Zita commença presque immédiatement après sa mort à Lucques le 27 avril 1272, avec de nombreux miracles rapportés et attribués à son intercession par des gens ordinaires de la ville qui l'avaient connue, ou avaient entendu parler d'elle, durant sa vie de service. La reconnaissance officielle vint beaucoup plus lentement. Le pape Léon X autorisa sa vénération liturgique locale au début du XVIe siècle — une étape réelle mais limitée, bien en deçà d'une canonisation complète — et ce n'est que le 5 septembre 1696 que le pape Innocent XII la canonisa formellement sainte, plus de quatre siècles après sa mort et longtemps après que le peuple de Lucques avait déjà tranché la question à son sujet.

Toujours visible, toujours à Lucques

Un détail concernant Zita ne demande aucun saut de légende ou de foi pour être vérifié : son corps fut exhumé en 1580 et trouvé incorrompu, et il s'est depuis naturellement momifié. Il demeure aujourd'hui exposé au public en la basilique San Frediano de Lucques, un fait physiquement vérifiable, distinct des histoires de pain et de fleurs évoquées plus haut, que les visiteurs de l'église peuvent encore constater par eux-mêmes. La fête de Zita est célébrée le 27 avril, et elle est reconnue aujourd'hui comme la sainte patronne des domestiques, des femmes de chambre et des employées de maison — un patronage aussi directement enraciné dans une vie de travail ordinaire et documentée que peut l'être n'importe quel saint du calendrier. Elle est aussi invoquée de façon informelle, dans un sens populaire plus large, pour retrouver des clés perdues, et plus largement par le personnel de service qui l'a adoptée comme une patronne naturelle de son propre travail quotidien.

Trivia

Qui était sainte Zita de Lucques ?
Une domestique du XIIIe siècle, née vers 1212 près de Lucques en Toscane, qui entra au service de la famille Fatinelli à douze ans et y resta environ 48 ans, finissant par se voir confier l'aumône du foyer et autorisée à soigner elle-même les pauvres malades.
Pourquoi sainte Zita est-elle la patronne des domestiques ?
Son patronage sur les domestiques, les femmes de chambre et les employées de maison découle directement et simplement de sa propre vie documentée : près de cinq décennies passées dans le même poste au sein d'un foyer, partageant son modeste salaire entre sa famille et les pauvres, et usant de la confiance de ses employeurs pour étendre la charité bien au-delà de sa propre maison.
Quelle est la légende de Zita et des fleurs ?
La tradition rapporte que son employeur la surprit un jour sortant de la maison avec du pain caché sous sa cape, destiné aux pauvres, et que, lorsqu'il exigea qu'elle ouvre sa cape pour montrer ce qu'elle transportait, le pain s'était changé en fleurs ; comme l'histoire similaire des anges achevant sa fournée pendant qu'elle secourait quelqu'un dans le besoin, c'est une légende pieuse classique, non une biographie documentée, mais elle fait depuis longtemps partie de la mémoire de sa charité.
Le corps de sainte Zita est-il vraiment encore exposé ?
Oui — c'est un détail documenté et physiquement vérifiable, non une légende : son corps fut exhumé en 1580 et trouvé incorrompu, il s'est depuis naturellement momifié, et il demeure aujourd'hui exposé au public en la basilique San Frediano de Lucques, où les visiteurs peuvent encore le voir.
Quand sainte Zita fut-elle canonisée ?
Le pape Léon X autorisa sa vénération liturgique locale au début du XVIe siècle, et elle fut formellement canonisée le 5 septembre 1696 par le pape Innocent XII — près de 424 ans après sa mort, bien que la dévotion populaire à Lucques ait commencé presque immédiatement après sa mort en 1272.
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