Bienheureuse Chiara « Luce » Badano
Onze ans d'attente, puis un enfant unique
Chiara Badano naquit le 29 octobre 1971 à Sassello, une petite ville du nord de l'Italie, enfant unique de parents qui avaient prié onze ans pour avoir un enfant avant son arrivée. Selon tous les témoignages sur son enfance et son adolescence, c'était une fille tout à fait ordinaire — elle jouait au tennis, nageait, faisait de la randonnée et aimait la musique pop, le genre de détails qui pourraient décrire presque n'importe quelle adolescente de sa génération. À neuf ans, elle entra dans le Mouvement des Focolari, un mouvement laïc catholique centré sur l'unité et la communauté, un attachement qui allait façonner le reste de sa courte vie.
Photographie du sanctuaire Notre-Dame-du-Divin-Amour, à Rome, lieu de la béatification de Chiara Badano en 2010 — utilisée ici en substitut honnête d'une photographie personnelle de Chiara, dont le statut de droits d'auteur n'a pu être confirmé comme relevant du domaine public.
C'est Chiara Lubich, fondatrice du mouvement, qui lui donna plus tard le nom de « Luce » — « lumière » en italien — accolé à son prénom dans le titre qu'elle porte aujourd'hui : bienheureuse Chiara « Luce » Badano.
Un diagnostic à seize ans
À seize ans, Chiara fut diagnostiquée d'un ostéosarcome, l'une des formes les plus douloureuses de cancer des os. S'ensuivit une maladie de deux ans qui la fit passer du statut d'adolescente active et sportive à celui d'une jeune femme confrontée à sa propre mort bien avant l'âge adulte. Rien dans son diagnostic ou son évolution ne la distingue médicalement d'un grand nombre d'autres adolescentes ayant affronté la même maladie — ce qui la distingua, aux yeux de ceux qui plaidèrent plus tard pour sa béatification, fut la manière dont elle choisit de la traverser.
Choisir de rester consciente
Selon des membres de sa famille et d'autres proches au sein de la communauté des Focolari — un témoignage quasi contemporain, non une légende médiévale, mais un témoignage tout de même, qu'il convient de présenter comme tel plutôt que comme un fait purement établi — Chiara refusa les antalgiques puissants vers la fin de sa maladie parce qu'ils lui ôtaient sa lucidité. Elle voulait rester consciente de ce qu'elle appelait son offrande à Jésus, choisissant la clarté d'esprit plutôt que le soulagement de la douleur dans la dernière ligne droite d'une maladie en phase terminale. C'est une décision précise et documentée, distincte des affirmations plus générales de souffrance bien supportée — un choix concret, fait par une jeune fille de dix-huit ans précise, sur la manière dont elle voulait vivre sa propre mort.
On se souvient qu'elle répétait tout au long de sa maladie une phrase qui traduit cette même attitude : « Se lo vuoi tu, Gesù, lo voglio anch'io » — « Si tu le veux, Jésus, je le veux aussi ». Cette phrase lui est constamment attribuée dans les sources focolarines et les documents liés à sa cause de béatification, même s'il faut la comprendre comme une phrase qu'elle répétait durant ces deux années, plutôt que rattachée à un moment précis et documenté.
Mort, et fête d'anniversaire
Chiara Badano mourut le 7 octobre 1990, à Sassello, à dix-huit ans. Le pape Benoît XVI signa le décret reconnaissant le miracle attribué à son intercession le 12 décembre 2009, et elle fut béatifiée le 25 septembre 2010, au sanctuaire Notre-Dame-du-Divin-Amour, près de Rome.
Sa fête comporte un détail qui mérite d'être souligné explicitement, car il rompt avec l'usage habituel de l'Église : elle est célébrée le 29 octobre, jour de sa naissance, plutôt que le 7 octobre, date de sa mort. La plupart des fêtes des saints marquent le jour de leur mort — traditionnellement appelé leur « anniversaire céleste », le jour où ils sont entrés dans la vie éternelle — ce qui rend le choix de marquer plutôt l'anniversaire de naissance de Chiara délibéré et inhabituel.
Comment on se souvient d'elle
Chiara « Luce » Badano ne détient pas de patronage universel formellement attribué, mais elle est de plus en plus considérée, dans la dévotion populaire plutôt que par un titre officiel du Vatican, comme un modèle pour les jeunes, et particulièrement pour ceux affrontant une maladie grave. Ce qui continue d'attirer l'attention sur son histoire plus de trois décennies après sa mort n'est pas un miracle au sens spectaculaire traditionnel, mais quelque chose de plus simple et, à sa manière, de plus difficile à détourner du regard : une vie adolescente ordinaire, réorientée dans ses derniers mois par un choix délibéré sur la façon d'en affronter la fin.






