Saint Jean Chrysostome

Une ascension de prédicateur, d'Antioche à Constantinople
Jean naît vers 347 à Antioche, l'une des grandes cités de l'Empire romain d'Orient, et se forme à la rhétorique avant de se tourner vers une vie de retrait ascétique, puis vers le sacerdoce. Sa prédication à Antioche — franche, solidement ancrée dans l'Écriture, et n'hésitant jamais à nommer des péchés précis chez des personnes précises — lui vaut une réputation qui parvient jusqu'à la capitale impériale elle-même. En 397, il est fait patriarche de Constantinople, la plus haute charge ecclésiastique de l'Empire d'Orient, largement contre sa propre volonté ; il préférait de loin l'étude tranquille aux honneurs.
Mosaïque byzantine de saint Jean Chrysostome, v. 1030, Sainte-Sophie, Istanbul — domaine public.
Des années dans le désert, avant la chaire
Avant tout le tumulte de Constantinople, Jean passa plusieurs années formatrices comme moine dans les montagnes près d'Antioche, participant à cette vague de retrait ascétique qui façonna une grande partie du christianisme oriental du IVe siècle. Il aurait poussé la discipline suffisamment loin — jeûnes prolongés, sommeil réduit au minimum, veilles nocturnes debout avec un livre calé devant lui pour ne pas s'assoupir — que sa santé en subit des dommages permanents, une dette que son corps continua de payer pour le reste de sa vie, y compris durant les marches brutales de son exil final, des décennies plus tard. Il finit par retourner à Antioche lorsque son état de santé rendit impossible la poursuite de cette vie monastique extrême, et c'est là, revenu parmi les hommes plutôt que solitaire sur une montagne, que son don de prédicateur se fit connaître pour la première fois largement, développé au cours d'une douzaine d'années environ passées comme prêtre auprès de l'une des plus grandes communautés chrétiennes de l'empire.
Une cour qui ne voulait pas être sermonnée
La cour de Constantinople, sous l'empereur Arcadius et l'impératrice Eudoxie, était exactement le genre d'auditoire que le franc-parler de Chrysostome était le moins équipé pour flatter. Il prêchait contre le luxe outrancier et le relâchement moral qu'il observait parmi l'élite de la ville, une critique qu'Eudoxie prit particulièrement à cœur. Le conflit s'envenima pendant des années — des évêques rivaux, jaloux de son influence, ajoutèrent leurs propres accusations — jusqu'à ce que Chrysostome soit formellement déposé et exilé en 403, brièvement rappelé après des troubles populaires en sa faveur, puis exilé de nouveau, plus durablement, en 404.
Exil, marches forcées et mort dans le Pont
Le second exil fut conçu pour être plus dur que le premier. Chrysostome fut poussé sur des routes terrestres difficiles vers la lointaine région du Caucase, et ses gardes, sur ordre explicite de ne lui épargner aucune souffrance, le firent marcher sous des conditions climatiques extrêmes et un terrain épuisant. Sa santé, jamais robuste, céda sous l'épreuve. Il meurt le 14 septembre 407 à Comana, dans la province romaine du Pont, sans jamais atteindre le lieu final de son exil — un évêque littéralement tué à la tâche pour le contenu de ses sermons.
Des paroles parvenues intactes
Contrairement à tant de Pères de l'Église primitive dont l'œuvre ne survit qu'en fragments, un ensemble considérable des prédications de Chrysostome nous est parvenu complet, dont ses Instructions aux catéchumènes, homélies préparées pour les nouveaux convertis avant leur baptême. Dans la deuxième de ces instructions, il énonce, avec sa franchise habituelle, une remarque sur la richesse et l'épreuve : « la pauvreté est bien plus propice à la piété pour nous que la richesse, et le travail que l'oisiveté ; car la richesse est même un obstacle pour ceux qui n'y prennent garde » — la même voix simple et sans concession qui lui valut deux fois l'exil, préservée intacte pour quiconque veut bien la lire, seize siècles plus tard.
Une liturgie qui porte encore son nom
L'influence de Chrysostome sur le christianisme oriental dépasse largement ses sermons écrits. La Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome — la liturgie eucharistique ordinaire célébrée la plupart des dimanches de l'année dans le rite byzantin, suivie tant par les orthodoxes d'Orient que par les catholiques orientaux — porte encore son nom aujourd'hui, reflétant une longue tradition qui lui attribue la mise en forme ou la révision des prières eucharistiques utilisées à Constantinople durant son patriarcat. Les spécialistes débattent de la part exacte du texte actuel de la liturgie qui remonte directement à Chrysostome lui-même, par opposition à des compilateurs plus tardifs qui lui attribuèrent son nom en guise d'hommage, mais cette attribution tient bon depuis plus d'un millénaire, et cette liturgie demeure l'une des formes de culte chrétien les plus fréquemment célébrées au monde aujourd'hui — un héritage frappant pour un évêque dont on se souvient tout aussi vivement des sermons qui lui valurent l'exil.
Son œuvre de commentaire biblique fut tout aussi considérable : des cycles complets d'homélies sur l'Évangile de Matthieu, l'Évangile de Jean, les Actes des Apôtres et la plupart des lettres de Paul nous sont parvenus, formant l'un des plus vastes corpus d'interprétation scripturaire légués par un Père de l'Église. Contrairement à des interprètes de son époque plus portés vers l'allégorie, Chrysostome privilégiait une approche plus littérale et historiquement ancrée de la lecture des Écritures, associée à l'école d'interprétation biblique centrée sur Antioche — une méthode sur laquelle des exégètes bien plus tardifs, y compris bien au-delà du christianisme oriental, ont continué de s'appuyer.
Docteur de l'Église d'Orient, et patron des prédicateurs
Chrysostome est honoré comme l'un des quatre grands Docteurs de l'Église d'Orient, aux côtés de Basile le Grand, Grégoire de Nazianze et Athanase, pour l'influence durable de sa prédication et de ses commentaires bibliques. Sa fête tombe le 13 septembre dans le calendrier occidental. En 1908, le pape Pie X le déclare officiellement patron des prédicateurs et des orateurs — un honneur qui, vu la manière dont ses sermons finirent par lui coûter la vie, ressemble moins à un compliment qu'à la reconnaissance du prix payé pour son don.
Trivia
Pourquoi Jean Chrysostome fut-il surnommé « Bouche d'or » ?
Pourquoi Chrysostome fut-il exilé ?
Comment mourut Jean Chrysostome ?
De quoi l'Église catholique honore-t-elle Chrysostome comme Docteur ?
Pourquoi Jean Chrysostome est-il le patron des prédicateurs ?







