Saint Jean Berchmans
Un étudiant, jamais tout à fait prêtre
Jean Berchmans naît le 13 mars 1599 à Diest, une ville du duché de Brabant, dans l'actuelle Belgique. Il entre jeune homme dans la Compagnie de Jésus et passe le reste de sa courte vie en formation jésuite — d'abord aux Pays-Bas, puis à Rome, où on l'envoie poursuivre ses études au Collège romain. Il n'atteint jamais l'ordination. Il meurt le 13 août 1621, à seulement vingt-deux ans, encore officiellement scolastique : terme jésuite désignant un membre de l'ordre traversant encore ses années d'études avant le sacerdoce. Ce seul fait le distingue de la plupart des saints canonisés, dont la sainteté reconnue est d'ordinaire liée à une vocation accomplie — des années de ministère sacerdotal, un ordre religieux fondé, une œuvre théologique. La vie entière de Berchmans, telle qu'on la connaît, se déroula entre les murs de la formation au séminaire.
Boëtius Adamsz. Bolswert, portrait gravé de Jan Berchmans, v. 1621-1633, Rijksmuseum — domaine public (CC0).
Une sainteté sans moment spectaculaire
Ce qui frappait ceux qui vivaient à ses côtés n'était ni une vision, ni une guérison, ni aucun événement extraordinaire isolé. C'était la constance, appliquée à des devoirs que la plupart jugeraient trop insignifiants pour mériter la moindre attention : arriver à l'heure, suivre sans relâche l'horaire quotidien de la communauté, traiter les petits actes d'obéissance et de patience envers ses compagnons séminaristes avec autant de sérieux qu'un grand exercice spirituel. Plusieurs de ses directeurs spirituels de son vivant — parmi eux des hommes nommés Bauters, Cepari et Piccolomini — témoignèrent plus tard d'une phrase qu'ils lui entendaient constamment répéter, résumant toute son approche de la vie religieuse : que le rythme ordinaire et partagé de la communauté était lui-même sa plus grande pénitence. La formulation exacte de cette phrase varie légèrement selon les sources qui la rapportent — on la trouve parfois rendue par « ma plus grande pénitence est la vie commune », parfois par « la vie commune est ma plus grande mortification » — car le témoignage sous-jacent fut consigné en latin par ceux qui le connaissaient, et non préservé comme une citation unique et fixée dans ses propres mots. Mais le fond, attesté indépendamment par plusieurs personnes proches de lui, reste constant : il tenait la fidélité au rythme sans éclat de la vie religieuse partagée pour spirituellement exigeante en elle-même, et suffisante.
Une formation façonnée par un saint jésuite antérieur
Berchmans arriva au Collège romain porteur d'une dévotion déjà répandue parmi les jeunes jésuites de sa génération : un attachement profond à Louis de Gonzague, un scolastique jésuite italien mort des décennies plus tôt, en 1591, après avoir contracté une maladie en soignant des victimes de la peste à Rome. Louis, lui aussi, était mort jeune et sans avoir été ordonné, et son exemple donna à Berchmans un modèle concret de ce à quoi pouvait ressembler la sainteté à l'intérieur d'une vie de séminaire ordinaire — non un accomplissement à venir vers lequel tendre, mais une manière de vivre sérieusement chaque jour présent de sa formation. Berchmans gardait, rapporte-t-on, un petit billet de résolutions personnelles glissé dans son bréviaire, une pratique calquée directement sur des résolutions semblables que Louis lui-même avait tenues, et ses compagnons se souvinrent plus tard qu'il y revenait souvent, traitant sa propre conduite quotidienne comme quelque chose méritant d'être examiné et corrigé par petites touches, plutôt que renvoyé à un avenir imaginaire où sa « vraie » vie religieuse commencerait enfin.
Une règle de vie bâtie sur de petites choses
Ce qui subsiste des écrits de Berchmans lui-même et du témoignage de ceux qui le connurent dresse le portrait cohérent de quelqu'un qui traitait les obligations mineures comme spirituellement sérieuses. Il tenait un emploi du temps personnel strict de prière et d'étude, était connu pour arriver en avance plutôt que simplement à l'heure, et acceptait les corrections de ses supérieurs sans la posture défensive qui s'immisce si souvent dans la manière dont les jeunes en formation réagissent à la critique. Rien de tout cela ne faisait de lui une figure marquante à la manière d'un prédicateur célèbre ou d'un thaumaturge ; ses compagnons scolastiques semblent l'avoir respecté sans le considérer, sur le moment, comme quelqu'un destiné à la canonisation. Ce n'est qu'après sa mort soudaine que compagnons et supérieurs, en comparant leurs souvenirs, commencèrent à reconnaître à quel point sa fidélité à ces petits devoirs avait été constante et complète au fil des années, et non de simples moments isolés que n'importe qui aurait pu tenir sous le regard des autres.
Une mort ordinaire, non un martyre
La mort de Berchmans n'a rien du drame associé à tant de saints canonisés de son époque. Il ne fut pas exécuté pour sa foi et ne se perdit pas non plus en terre missionnaire hostile — il tomba simplement malade, probablement d'une fièvre, et mourut à Rome en août 1621, encore étudiant. Il vaut la peine d'être clair sur cette distinction, car son histoire côtoie tant de récits de martyrs dans le calendrier de l'Église qu'on pourrait facilement croire que tout jeune saint mort tôt a connu une fin violente. Ce ne fut pas le cas de Berchmans. Sa sainteté se construisit entièrement dans une vie ordinaire, et sa mort, venue en son temps, le fut tout autant — ce qui explique sans doute, en partie, pourquoi son exemple résonna si fort auprès des générations suivantes de jésuites et d'étudiants : rien dans son chemin n'exigeait de circonstances extraordinaires, seulement une attention extraordinaire portée à des circonstances qui ne l'étaient pas du tout.
Canonisation et patronage
Le pape Léon XIII canonise Jean Berchmans en 1888, reconnaissant officiellement une dévotion qui n'avait cessé de croître depuis sa mort, plus de deux siècles et demi auparavant. Sa fête est célébrée le 26 novembre dans le calendrier général, le 13 août étant retenu dans certains calendriers locaux. On l'honore aujourd'hui comme patron des servants d'autel et des jeunes étudiants — deux patronages qui correspondent exactement à sa brève existence, presque entièrement passée dans les routines de la formation et de l'étude que tant de jeunes en discernement religieux, ou simplement soucieux de prendre au sérieux leurs propres responsabilités quotidiennes, peuvent encore reconnaître.






