Prières en famille : conseils et prières pratiques
La famille comme petite Église
Le deuxième concile du Vatican et l'enseignement pontifical qui a suivi ont donné à la famille chrétienne un nom précis : l'Église domestique, une petite communauté où les enfants rencontrent pour la première fois la prière, le culte et la foi vécue au quotidien, reflétant en miniature ce que fait l'Église plus large. Le Catéchisme situe la prière familiale dans cette compréhension, décrivant le foyer comme le premier lieu où un enfant apprend à prier, principalement en regardant ses parents prier plutôt que par un enseignement formel (CEC 1655-1657). L'exhortation de 1981 de Jean-Paul II, Familiaris Consortio, approfondit la même idée en présentant la famille comme un véritable lieu de sainteté à part entière, non un substitut inférieur.
Franz von Defregger, Le Bénédicité, 1875 — domaine public.
Rien de cette théologie n'exige une mise en œuvre élaborée. Ce qu'elle demande, c'est la constance — des moments de prière ordinaires et répétés, tissés dans le rythme réel du quotidien familial, non un seul rituel impressionnant accompli de temps à autre pour lui-même.
Le bénédicité avant les repas
Le bénédicité est souvent le point d'entrée le plus facile, précisément parce qu'il possède déjà une occasion toute trouvée — une famille se rassemble de toute façon à table, au moins une partie du temps, et s'arrêter avant de manger ne coûte presque rien à ajouter. Une formule traditionnelle très répandue dit : « Seigneur, bénissez-nous, ainsi que ce repas que nous allons prendre par votre bonté. Par le Christ notre Seigneur. Amen. » Elle est assez courte pour qu'un jeune enfant la retienne en quelques répétitions, et beaucoup de familles l'encadrent d'un signe de croix.
Les familles avec de jeunes enfants laissent souvent chacun prendre à tour de rôle la tête de la prière, même imparfaitement — un enfant de quatre ans qui débite les mots trop vite, ou qui ajoute un improvisé « et bénissez aussi le chien », ne détourne pas la prière de son but, mais constitue souvent exactement le type de participation qui la fait tenir dans la durée. Il n'existe pas un unique bénédicité correct ; certaines familles ajoutent une action de grâces spontanée pour quelque chose de précis dans la journée, ce qui fonctionne tout aussi bien à côté de la formule mémorisée ou à sa place.
Un chapelet en famille qui s'accorde à la vraie vie
Un chapelet complet de cinq dizaines avec une maison pleine de jeunes enfants relève, pour la plupart des familles, davantage de l'aspiration que de la réalité d'un jour de semaine — et le traiter comme une exigence tout-ou-rien est généralement ce qui fait que les tentatives de chapelet en famille finissent par s'arrêter discrètement. Une seule dizaine, priée ensemble avant le coucher ou pendant un trajet en voiture, est une manière complète et authentique de prier le chapelet, non un substitut diminué de la version complète. Pour la mécanique de la prière d'une dizaine et ce que médite chaque série de Mystères, voir comment prier le chapelet, étape par étape.
Confier une tâche à chaque enfant aide plus que presque tout le reste : l'un tient le crucifix et mène les prières d'ouverture, un autre annonce le Mystère, un troisième compte les grains à voix haute. Les plus jeunes, qui ne peuvent pas encore suivre toutes les prières, peuvent tout de même se joindre sur les mots qu'ils connaissent — « Sainte Marie » à la fin de chaque Je vous salue Marie est généralement accessible bien avant la prière entière. Aucune de ces adaptations ne change ce qui est réellement prié ; elles rendent simplement possible pour une vraie famille, avec des âges et des capacités d'attention aussi variés qu'à une vraie table de dîner, de la prier ensemble.
Les prières du coucher pour les enfants
Le soir est souvent le moment où la prière en famille fonctionne le mieux, puisque les exigences de la journée sont presque terminées et que la routine du coucher d'un enfant comprend déjà une pause naturelle. La prière à l'Ange gardien est l'une des prières du coucher les plus enseignées aux enfants catholiques : « Ange de Dieu, qui êtes mon gardien, puisque le ciel m'a confié à vous par sa bonté, aujourd'hui, éclairez-moi, gardez-moi, conduisez-moi et gouvernez-moi. Amen. » Elle reflète un véritable enseignement de l'Église — le Catéchisme affirme que chaque personne a un ange gardien qui veille sur elle depuis son enfance (CEC 336) — dans un langage assez simple pour qu'un très jeune enfant le comprenne sans explication.
Un court Notre Père et un Je vous salue Marie s'y ajoutent bien, et beaucoup de parents trouvent naturel d'ajouter un bref moment d'action de grâces improvisé ou une simple bénédiction tracée sur le front de l'enfant avant l'extinction des lumières. Rien de tout cela n'a besoin d'être long ; deux ou trois minutes, dites avec constance, accomplissent davantage sur des années qu'un rituel nocturne élaboré tenté quelques fois puis abandonné.
Quand cela ne se passe pas bien
Tout parent qui a tenté la prière en famille a une histoire sur le soir où tout s'est effondré — la crise d'un tout-petit en pleine dizaine, un adolescent qui endure visiblement plutôt qu'il ne prie, un bénédicité interrompu trois fois par un téléphone qui sonne. Rien de tout cela ne signifie que la prière en famille « ne fonctionne pas ». La vision que l'Église porte de la famille comme Église domestique n'a jamais prétendu que les foyers catholiques prient plus harmonieusement que les autres ; elle affirme que l'acte ordinaire, répété, parfois chaotique, de prier ensemble forme la foi sur le long terme, d'une manière qu'une seule soirée parfaite ne pourrait jamais atteindre. Se présenter à nouveau le lendemain soir, imparfaitement, c'est toute la pratique.
Les familles qui souhaitent prolonger ce rythme dans leur propre prière quotidienne d'adultes, pas seulement avec les enfants, trouveront peut-être utile la prière du matin et du soir pour débutants, ainsi que les prières catholiques essentielles pour apprendre ou réviser les textes cités ici.





