Le reniement de Pierre

Une prédiction que Pierre refusait de croire
L'histoire du reniement de Pierre commence en réalité plus tôt le même soir, lors de la Cène — une étape dans la séquence retracée en détail dans La Passion du Christ — Parcours complet — lorsque Jésus annonce clairement à ses disciples qu'ils vont tous l'abandonner cette nuit-là. La réaction de Pierre est immédiate et absolue : « Même si tous succombent, du moins pas moi ! ... Dussé-je mourir avec toi, non, je ne te renierai pas » (Marc 14,29.31, Bible de Jérusalem). La réponse de Jésus tranche net avec cette assurance : « En vérité je te le dis : cette nuit même, avant que le coq chante, tu m'auras renié trois fois » (Matthieu 26,34, Bible de Jérusalem). Il vaut la peine de noter combien cette prédiction est précise et assurée, face à une protestation de Pierre tout aussi précise et catégorique — les Évangiles n'adoucissent ni l'un ni l'autre côté de cet échange, pour rendre plus facile ce qui va suivre.
Rembrandt van Rijn, « Le Reniement de saint Pierre », 1660, Rijksmuseum, Amsterdam — domaine public.
Suivre à distance
Après l'arrestation de Jésus à Gethsémani — trahi, comme le rapportent les quatre Évangiles, par Judas — la plupart des disciples se dispersent. Pierre ne s'enfuit pas entièrement, mais Luc note qu'il « suivait de loin » (Luc 22,54, Bible de Jérusalem) tandis que Jésus était conduit à la maison du grand prêtre pour y être interrogé. Ce détail compte : l'échec de Pierre n'est pas seulement un manque de courage, puisqu'il fut assez brave pour rester près des lieux alors que les autres disciples avaient déjà fui. C'est précisément sous une pression directe et personnelle qu'il échoue à admettre ce lien à voix haute.
Trois reniements, de plus en plus fermes
L'Évangile de Jean place le premier reniement presque dès l'arrivée de Pierre à la porte de la cour, provoqué par une servante : « N'es-tu pas, toi aussi, des disciples de cet homme ? » Lui dit : « Je n'en suis pas » (Jean 18,17, Bible de Jérusalem). Les deuxième et troisième reniements suivent tandis que Pierre se réchauffe près d'un feu dans la cour, pendant que le procès de Jésus se déroule tout près. Le récit de Matthieu montre les accusations gagner en précision — d'abord une servante dit : « Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen » (Matthieu 26,69), puis une autre l'identifie à nouveau, et finalement des témoins le pressent directement : « Sûrement, toi aussi, tu en es : et d'ailleurs ton langage te trahit » (Matthieu 26,73, Bible de Jérusalem) — l'accent galiléen de Pierre le trahissant même auprès d'inconnus. Au troisième reniement, Pierre ne se contente plus de refuser de répondre ; il en fait le serment : « Alors il se mit à jurer avec force imprécations : Je ne connais pas cet homme » (Matthieu 26,74, Bible de Jérusalem).
Un coq, et un regard
Ce qui se passe ensuite est rapporté dans les Évangiles avec de petites différences, mais révélatrices. Matthieu et Marc notent simplement que le coq chanta et que Pierre se souvint des paroles de Jésus. Luc ajoute un détail qu'aucun autre Évangile ne contient : « Et à l'instant même, comme il parlait encore, un coq chanta, et le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre. Et Pierre se ressouvint de la parole du Seigneur... et, sortant dehors, il pleura amèrement » (Luc 22,60-62, Bible de Jérusalem). Dans le récit de Luc, Jésus est assez proche, même gardé et venant d'endurer des heures d'interrogatoire, pour se retourner et croiser le regard de Pierre au moment exact du troisième reniement — un détail que le texte laisse sans explication, à méditer par le lecteur. La réaction de Pierre n'est ni justification ni explication. C'est simplement la douleur, décrite dans les termes les plus simples.
La distance entre Pierre et Judas
Il vaut la peine de s'arrêter sur la manière très différente dont les Évangiles — et la tradition chrétienne postérieure — traitent l'échec de Pierre par rapport à la trahison de Judas cette même nuit. Les deux hommes trahissent Jésus à quelques heures d'intervalle. L'histoire de Judas, telle que la rapporte Matthieu, s'achève dans le désespoir. Celle de Pierre non. Ce que les Évangiles mettent en avant n'est pas qu'un échec fut pire que l'autre dans une mesure quelconque, mais ce qui suivit : Pierre pleura, resta parmi les autres disciples, et se trouvait, trois jours plus tard, au tombeau vide. Son histoire se poursuit au lieu de s'achever dans la cour.
Restauré par le même nombre
L'Évangile de Jean boucle la boucle du reniement de Pierre lors d'une apparition du Ressuscité au bord du lac de Galilée, dans une scène que de nombreux lecteurs ont depuis longtemps reconnue comme un écho délibéré de la scène de la cour. Trois fois, le Christ ressuscité demande à Pierre : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? » et trois fois, après que Pierre a répondu oui, Jésus répond par une mission : « Pais mes agneaux »... « Pais mes brebis »... « Pais mes brebis » (Jean 21,15-17, Bible de Jérusalem). Jean note que Pierre fut « peiné » d'être interrogé une troisième fois, un écho que le texte semble vouloir faire résonner avec les trois reniements eux-mêmes (Jean 21,17). Loin d'une absolution privée, la scène s'achève par une responsabilité publique pleinement rendue à Pierre — le même homme qui s'était effondré en larmes dans une cour devient, selon le récit des Actes, celui qui se lève pour prêcher devant une foule de milliers de personnes à la Pentecôte. La tradition catholique tient Pierre pour le premier pape précisément en raison de ce rôle de chef restauré et sans rupture parmi les apôtres — une position enracinée non pas dans le fait que Pierre n'ait jamais failli, mais dans ce que Jésus a fait de lui après cet échec.
Trivia
Combien de fois Pierre a-t-il nié connaître Jésus ?
Qu'a dit Pierre lorsqu'il a renié Jésus ?
Que s'est-il passé immédiatement après le troisième reniement de Pierre ?
Où les reniements de Pierre ont-ils eu lieu ?
Jésus a-t-il pardonné à Pierre son reniement ?






