La lectio divina expliquée — Prier l'Écriture en quatre mouvements

Lire la Bible et prier la Bible ne sont pas automatiquement la même activité, et des moines l'avaient remarqué il y a plus de quinze siècles. La lectio divina — « lecture divine » en latin — est la pratique structurée qu'ils ont mise au point pour combler cet écart : une manière lente, en quatre étapes, de demeurer avec un court passage d'Écriture jusqu'à ce qu'il cesse d'être une simple information sur une page et devienne, dans le vocabulaire même de la tradition, une conversation avec Dieu.
Saint Jerome
Souhaitez-vous que le patron de l'étude de l'Écriture veille sur votre propre lecture silencieuse ? Saint Jerome

Lire assez lentement pour que cela devienne prière

La plupart des lectures visent à couvrir du terrain — un chapitre, un article, l'actualité du jour. La lectio divina demande l'instinct inverse : quelques versets, lus assez lentement, et repris assez souvent, pour que le texte cesse de fonctionner comme une information à traiter et devienne une occasion de rencontre. La pratique remonte aux premiers siècles de la vie monastique chrétienne, lorsque des moines — disposant de bien plus de temps non structuré que la plupart des gens aujourd'hui, mais aussi d'une discipline délibérée dans son usage — développèrent des habitudes de lecture de l'Écriture destinées à mener directement à la prière, et non à s'arrêter avant elle.

Saint Jérôme, absorbé dans l'étude à un pupitre surélevé dans un cabinet de travail calme et ordonné, dans le panneau de la Renaissance d'Antonello da Messina.

Antonello da Messina, Saint Jérôme dans son étude, v. 1475, National Gallery, Londres — domaine public.

L'articulation formelle la plus claire de cette pratique vient d'un moine chartreux du XIIe siècle nommé Guigues II, dont la courte œuvre L'Échelle des moines (Scala Claustralium) présente quatre étapes distinctes, comme les barreaux d'une échelle s'élevant de l'acte terrestre de la lecture jusqu'à l'immobilité d'un autre monde qu'est la contemplation. Ces quatre étapes — lectio, meditatio, oratio, contemplatio — restent la structure enseignée aujourd'hui, même si la pratique elle-même précède la formalisation de Guigues de plusieurs siècles.

Lectio : la lecture

Le premier mouvement est simplement la lecture — mais une lecture lente, généralement d'un court passage, souvent quelques versets d'un Évangile ou des Psaumes, lus une fois sans se précipiter à interpréter ou appliquer. Le but à ce stade n'est pas l'analyse. C'est plutôt laisser les mots se déposer, remarquer quelle expression, quelle image ou quel détail attire l'attention sans forcer cette remarque. Beaucoup de pratiquants lisent le passage à voix haute, même seuls, car l'acte physique de prononcer les mots ralentit le rythme d'une manière que la lecture silencieuse ne permet souvent pas.

Meditatio : la méditation

Le second mouvement passe de la lecture à la réflexion. Le mot, l'image ou la phrase qui a marqué durant la lectio devient l'objet d'une considération silencieuse — on le retourne, on se demande ce qu'il pourrait signifier, on le relie à sa propre vie et à ses propres circonstances. Le Catéchisme décrit ce mouvement général de la méditation comme « avant tout une quête », où « l'esprit cherche à comprendre le pourquoi et le comment de la vie chrétienne, pour adhérer et répondre à ce que le Seigneur demande » (CEC 2705). Il s'agit moins de produire une interprétation nette que de laisser le passage commencer à poser des questions au lecteur, plutôt que l'inverse.

Oratio : la prière

Le troisième mouvement est celui où la méditation s'ouvre naturellement sur une adresse directe à Dieu — on ne pense plus au texte, on parle à Dieu en réponse à celui-ci. Cela peut être une prière de gratitude, une demande, une expression de regret, ou simplement une réaction sincère à ce que le passage a fait surgir. La description que fait le Catéchisme de la méditation plus largement capture bien ce changement : « nous passons des pensées à la réalité... "Seigneur, que veux-tu que je fasse ?" » (CEC 2706) — la réflexion se transformant, presque sans décision délibérée, en conversation.

Contemplatio : la contemplation

Le quatrième et dernier mouvement est le plus difficile à décrire précisément, car c'est le moins actif des quatre. La contemplation, dans cette tradition, n'est pas un autre exercice à accomplir — c'est simplement demeurer, sans mots, dans la présence de Dieu, sans avoir besoin d'une autre lecture, d'une autre réflexion ou d'une autre parole pour soutenir ce moment. La description de la prière contemplative par sainte Thérèse d'Ávila, citée dans le Catéchisme, capture ce changement de ton : « n'être autre chose qu'un rapport d'amitié... prenant souvent du temps pour être seul à seul avec ce Dieu dont nous savons qu'Il nous aime » (CEC 2709). Toutes les séances de lectio divina n'atteignent pas ce quatrième stade, et la tradition ne considère pas cela comme un échec — les trois premiers mouvements sont des pratiques de prière complètes en elles-mêmes, qu'elles débouchent ou non sur ce repos final et plus silencieux.

Une tradition vivante, non une pièce de musée

La lectio divina n'est pas une curiosité historique conservée uniquement dans les monastères. Le document du deuxième Concile du Vatican sur la révélation divine, Dei Verbum, a explicitement encouragé toute l'Église vers « les saintes Écritures », recommandant une lecture priante, et la pratique a connu un renouveau notable chez les laïcs catholiques ordinaires depuis lors, soutenue par de nombreux papes qui l'ont recommandée comme point d'entrée accessible vers une vie de prière plus profonde, non comme une technique spécialisée réservée aux religieux.

Commencer simplement

Pour qui essaie la lectio divina pour la première fois, les quatre termes latins peuvent donner à la pratique un air plus technique qu'elle ne l'est en réalité. Un point de départ possible : choisir un court passage d'Évangile, quatre à huit versets peut-être ; le lire lentement, une fois, puis une seconde fois ; remarquer le mot ou l'image qui semble attirer l'attention ; s'y arrêter quelques minutes, en laissant la réflexion venir ; laisser cette réflexion se transformer en une prière qui sonne juste ; puis rester simplement en silence un instant avant de reprendre le fil de la journée. Aucune étape n'a besoin d'être forcée, et l'exercice entier ne demande rarement plus de quinze ou vingt minutes pour être véritablement fécond. Ce que Guigues a formalisé en une échelle il y a huit siècles reste, dans la pratique, plus proche d'une habitude que d'une technique — une habitude qui devient plus facile, et plus naturelle, à mesure qu'elle est tenue régulièrement.

Trivia

Que signifie « lectio divina », et d'où vient-elle ?
Lectio divina est du latin pour « lecture divine » ou « lecture sacrée ». La pratique s'est développée chez les premiers moines chrétiens, en particulier dans la tradition bénédictine, avant d'être formalisée en étapes distinctes par le moine chartreux du XIIe siècle Guigues II, dans une œuvre intitulée L'Échelle des moines (Scala Claustralium).
Quels sont les quatre mouvements de la lectio divina ?
Lectio (lecture), meditatio (méditation), oratio (prière) et contemplatio (contemplation). Le Catéchisme décrit cette même progression lorsqu'il note que « la prière chrétienne s'exerce de préférence à méditer les mystères du Christ, comme dans la lectio divina ou le Rosaire » (CEC 2708) — une lecture qui s'ouvre sur la réflexion, une réflexion qui s'ouvre sur la prière, une prière qui s'ouvre sur le simple repos dans la présence de Dieu.
Faut-il une méthode particulière ou une formation pour pratiquer la lectio divina ?
Non. Les quatre mouvements offrent une structure utile, mais le Catéchisme lui-même note qu'il existe « autant de méthodes de méditation qu'il y a de maîtres spirituels » (CEC 2707) et traite toute méthode comme un guide, non comme une formule rigide. Un court passage d'Évangile, dix ou quinze minutes de calme, et une volonté de lire lentement suffisent pour commencer.
En quoi la lectio divina diffère-t-elle de l'étude biblique ordinaire ?
L'étude biblique vise généralement à comprendre un passage — son contexte historique, sa langue originale, son contenu théologique — souvent sur une large portion de texte. La lectio divina travaille sur un passage bien plus court et vise moins l'information que la transformation : le but n'est pas d'abord de mieux connaître le texte, mais de laisser une petite portion de celui-ci façonner une conversation avec Dieu, ici et maintenant.
La lectio divina peut-elle se pratiquer en groupe, ou seulement seul ?
Les deux. De nombreuses paroisses et petits groupes de partage de la foi pratiquent une forme communautaire de lectio divina, lisant un passage à voix haute lentement, souvent plus d'une fois, et marquant des temps de silence ou de partage entre les lectures. La structure s'adapte facilement au cadre communautaire, même si la forme individuelle et privée reste la plus traditionnelle et la plus répandue.
Saint Jerome
Souhaitez-vous que le patron de l'étude de l'Écriture veille sur votre propre lecture silencieuse ? Saint Jerome
✦   Link copied

Find us

Explore the full collection and bring sacred art into your home.