Ce que l'art catholique cherche à vous dire
Un langage visuel bâti pour ceux qui ne savaient pas lire
Pendant la plus grande partie de l'histoire chrétienne, la majorité des gens qui entraient dans une église ne pouvaient déchiffrer aucun mot du latin inscrit sur ses murs. L'art sacré existait en grande partie pour combler cet écart — enseigner l'Écriture, la vie des saints et la doctrine à une assemblée par l'image plutôt que par le texte. Rien dans ce système n'était laissé au hasard. Un spectateur médiéval ou de la Renaissance, contrairement à la plupart d'entre nous aujourd'hui, aurait su instantanément ce que signifiait tel objet dans la main d'un saint, de la même façon qu'un spectateur moderne lit instantanément un panneau stop sans qu'il ait besoin du mot « stop » écrit dessus.
Photo de l'intérieur de la cathédrale de Koszalin par David Castor, CC0.
L'enseignement de l'Église elle-même confirme directement cette compréhension des images sacrées. En s'appuyant sur le deuxième concile de Nicée en 787, le Catéchisme affirme que la vénération chrétienne des images n'est pas contraire au premier commandement qui proscrit les idoles, et explique que celui qui vénère une image vénère la personne qu'elle représente (CEC 1159-1162). Ce concile fut réuni précisément pour trancher la controverse iconoclaste byzantine, un différend intense et long de plusieurs décennies sur la question de savoir si les images religieuses étaient permises ou interdites comme une forme d'idolâtrie. Nicée II trancha nettement en faveur des images, au motif que l'Incarnation même du Christ — Dieu prenant un corps visible, humain, qu'on pouvait peindre — justifiait de le représenter, lui et les saints qui partagent sa vie. L'honneur rendu à une image, précise le Catéchisme ailleurs, passe à la personne qu'elle représente ; il ne s'arrête pas à la peinture ou à la pierre elle-même (CEC 2132). C'est là, doctrinalement, la ligne entre la vénération et l'idolâtrie réellement interdite par les commandements.
Lire les attributs d'un saint
Une fois qu'on sait où regarder, la plupart des saints de l'art catholique portent une petite signature visuelle appelée attribut — un objet renvoyant à leur mort, à ce pour quoi ils sont connus, ou à une légende attachée à leur vie. Quelques-uns des plus courants :
- Les clefs — saint Pierre, en référence aux paroles du Christ en Matthieu 16, 19 sur les clefs du Royaume des cieux.
- Une épée ou une balance — saint Michel Archange, lié à son rôle de défenseur contre le mal et, dans certaines traditions, de peseur des âmes.
- Une roue — sainte Catherine d'Alexandrie, en référence à la roue garnie de pointes que la tradition rapporte avoir été utilisée pour tenter de l'exécuter.
- Des flèches transperçant le corps — saint Sébastien, martyrisé (selon la tradition) par des archers avant d'être finalement tué par d'autres moyens.
- Un plateau portant deux yeux — sainte Lucie, dont le nom signifie « lumière » et dont le récit traditionnel du martyre inclut la perte des yeux.
- Un lys — communément saint Joseph ou saint Antoine de Padoue, symbolisant la pureté.
- Un agneau — sainte Agnès, à la fois par un jeu sur la ressemblance de son nom avec le latin agnus (agneau) et en référence à son innocence et à son martyre alors qu'elle était encore une jeune fille.
Aucun de ces détails n'est un dogme — c'est un mélange d'Écriture, de tradition ancienne et, parfois, de légendes dont l'exactitude historique est incertaine même si leur usage symbolique est très ancien et cohérent. Il importe de connaître la différence : les clefs remises à Pierre viennent directement du texte évangélique ; la roue associée à Catherine vient d'un récit hagiographique (un genre de biographie de saints qui mêle souvent histoire vérifiée et légende pieuse) qui ne peut être vérifié avec la même certitude.
Pourquoi le vitrail en particulier
Le vitrail accomplissait le même travail pédagogique que la statuaire, mais y ajoutait quelque chose que les statues ne pouvaient offrir : la lumière elle-même devenait partie de la théologie. Un intérieur d'église en pierre sombre, fréquent à l'époque gothique, se transformait radicalement lorsque le soleil traversait un vitrail représentant des scènes bibliques, et les bâtisseurs le savaient bien. La lumière entrant dans un espace sombre et le remplissant de couleur était largement comprise, au Moyen Âge, comme un écho visuel de la lumière divine entrant dans le monde — la même image que l'on retrouve tout au long de l'Écriture et de la prière chrétienne. Les vitraux médiévaux conservés de la cathédrale de Chartres, restés largement intacts depuis les XIIe et XIIIe siècles, demeurent l'un des exemples les mieux préservés de cet usage combiné, pédagogique et théologique, du verre coloré.
Les icônes : une tradition tout autre
Les icônes orientales, présentes dans les églises orthodoxes et catholiques orientales, suivent une grammaire visuelle délibérément différente de la peinture dévotionnelle occidentale, et cette différence est théologique, pas seulement stylistique. L'art sacré occidental, surtout à partir de la Renaissance, poursuit généralement le naturalisme — une anatomie réelle, une lumière réelle, un visage humain expressif destiné à toucher le spectateur comme n'importe quel portrait habile. Les icônes suivent au contraire des conventions formelles et prescrites, transmises de génération en génération : perspective aplatie, traits allongés, fonds dorés représentant la lumière divine plutôt qu'un ciel physique. On dit traditionnellement des icônes qu'elles sont « écrites » plutôt que peintes, et la théologie chrétienne orientale tient qu'une icône correctement écrite constitue un véritable point de contact avec la personne sainte qu'elle représente — non un portrait cherchant la ressemblance, mais une fenêtre (une description courante en théologie orthodoxe) s'ouvrant sur une réalité sacrée au-delà de l'image elle-même.
Regarder avec plus d'intention
Rien de tout cela n'exige un diplôme d'histoire de l'art pour être mis en pratique. La prochaine fois que vous entrez dans une vieille église catholique, essayez d'identifier deux ou trois personnages uniquement à partir de leurs attributs avant de consulter une plaque ou un guide. Observez si la lumière à travers les vitraux fait ce que les architectes avaient prévu, ou si une peinture appelle un engagement émotionnel naturaliste plutôt que l'immobilité stylisée d'une icône. L'art sacré catholique n'a jamais été conçu pour être admiré passivement comme un décor. Il a été bâti, brique après brique, verre après verre, pigment après pigment, pour enseigner — et il continue de remplir cette fonction pour quiconque veut bien vraiment regarder.





