La couronne de l'Avent expliquée : bougies, couleurs, sens
Un projet missionnaire luthérien, adopté partout
L'histoire réelle de la couronne de l'Avent surprend de nombreux catholiques persuadés qu'il s'agit d'un objet liturgique ancien. Elle remonte le plus directement à Johann Hinrich Wichern, pasteur luthérien et réformateur social dirigeant une mission pour enfants pauvres et délaissés à Hambourg, en Allemagne, dans les années 1830. Selon les récits de son ministère, les enfants dont il avait la charge ne cessaient de demander combien de jours restaient avant Noël, si bien que Wichern construisit une grande roue de bois garnie de bougies — de petites pour les jours de semaine, de plus grandes pour les dimanches — allumant une bougie de plus chaque jour tout au long de l'Avent afin que les enfants puissent voir, visuellement, à quel point la fête approchait. Cet outil pédagogique concret, affiné et simplifié au fil des décennies suivantes, finit par se fixer dans la version à quatre bougies, réservées aux dimanches, aujourd'hui reconnaissable à travers les confessions, y compris dans les paroisses et foyers catholiques du monde entier.
Couronne de l'Avent, photographie de Jonathan Kington, CC BY 2.5, via Wikimedia Commons.
La saison de l'Avent elle-même précède de nombreux siècles la couronne de Wichern — la pratique de l'Église d'une période préparatoire avant Noël remonte au moins au IVe ou Ve siècle sous diverses formes régionales. Ce que la couronne a ajouté n'était pas le sens de la saison, mais une manière tangible et hebdomadaire d'en marquer la progression, ce qui explique sans doute en grande partie la rapidité avec laquelle la coutume s'est répandue une fois introduite : elle transformait une saison liturgique abstraite en quelque chose qu'un foyer pouvait voir se déployer physiquement.
Lire le cercle lui-même
Avant même qu'aucune bougie ne soit allumée, la forme même de la couronne porte un sens que la tradition catholique lui attache depuis longtemps. Le cercle, ininterrompu, sans commencement ni fin, fonctionne dans le symbolisme chrétien comme un signe d'éternité et de l'amour sans fin de Dieu, un écho visuel de thèmes qui traversent l'art et l'architecture de l'Église, des auréoles dans la peinture sacrée à l'alliance échangée au sacrement du mariage. Les branches de sapin traditionnellement utilisées pour bâtir la couronne portent leur propre association ancienne avec la vie qui persiste à travers la mort apparente de l'hiver — un symbolisme bien antérieur au christianisme, puisé dans des coutumes préchrétiennes de milieu d'hiver à travers l'Europe du Nord, mais aisément absorbé dans une saison consacrée à l'attente d'une vie nouvelle faisant irruption dans le monde.
Quatre bougies, un thème par semaine
La couronne de l'Avent catholique standard porte quatre bougies disposées autour du cercle, chacune allumée l'un des quatre dimanches de l'Avent, les bougies déjà allumées étant rallumées aux côtés de chaque nouvelle, si bien qu'au quatrième dimanche, les quatre brûlent ensemble. Trois des bougies sont violettes, couleur liturgique attribuée à la majeure partie de la saison de l'Avent, signalant elle-même pénitence et préparation dans la même famille que le violet du Carême, bien que le caractère pénitentiel de l'Avent soit compris comme plus doux et plus empreint d'espérance que celui du Carême.
La quatrième bougie, allumée le troisième dimanche, est rose plutôt que violette, marquant ce que l'on appelle le dimanche de Gaudete, du mot d'ouverture du texte latin de la messe de ce dimanche (« Gaudete in Domino semper » — « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur »). La couleur rose interrompt brièvement le ton violet de la saison en rappel que l'attente touche presque à sa fin, et que l'Avent, contrairement au Carême, est fondamentalement orienté vers la joie plutôt que vers la pénitence pour elle-même — le même schéma du dimanche rose réapparaît à mi-parcours du Carême pour une raison parallèle.
Ce que « signifient » les bougies individuellement
Demandez à cinq familles catholiques différentes ce que représente chaque bougie, et vous obtiendrez probablement des réponses légèrement différentes, car aucun schéma unique n'a été formellement imposé par l'Église quant au symbole de chaque flamme. Le schéma dévotionnel populaire le plus répandu attribue aux quatre bougies l'espérance, la paix, la joie et l'amour, allumées dans cet ordre au fil des quatre dimanches, la joie tombant naturellement sur la bougie rose du dimanche de Gaudete. D'autres traditions, en particulier dans la catéchèse paroissiale, relient plutôt chaque semaine à une étape de l'histoire du salut menant à la naissance du Christ — les patriarches de l'Ancien Testament, les prophètes qui annoncèrent le Messie, Jean-Baptiste qui prépara sa venue, et enfin Marie, dont le « oui » rendit possible l'Incarnation. Les deux schémas, ainsi que diverses variantes régionales, coexistent sans tension, l'Église laissant cette symbolique particulière à la dévotion populaire plutôt qu'à une législation liturgique officielle.
Une cinquième bougie, et d'autres ajouts familiaux
De nombreuses couronnes familiales, et certaines paroissiales, comportent une cinquième bougie placée au centre de la couronne, généralement blanche, allumée la veille ou le jour de Noël lui-même. Souvent appelée « bougie du Christ », elle représente l'arrivée de la lumière que les quatre autres bougies ont passé un mois à attendre — un dénouement visuel simple et bien mérité pour une saison presque entièrement construite autour de l'attente. Cet ajout, comme la majeure partie de la symbolique précise de la couronne, s'est développé par la coutume populaire plutôt que par une législation officielle de l'Église, ce qui explique en partie pourquoi les couronnes de l'Avent varient tant dans leur forme exacte d'un foyer et d'un pays à l'autre, tout en communiquant essentiellement la même idée.
Un petit objet accomplissant un grand travail théologique
Pour un objet qui n'existait sous rien de comparable à sa forme actuelle avant le XIXe siècle, la couronne de l'Avent s'est installée remarquablement solidement dans la vie familiale catholique, accomplissant discrètement un travail théologique qu'une homélie seule ne peut souvent pas faire : rendre visible, autour d'une table, l'arithmétique lente et délibérée de l'attente, une flamme à la fois, jusqu'à la nuit où les quatre — plus, dans de nombreux foyers, une cinquième — brûlent enfin ensemble.





