L'onction des malades expliquée
Un sacrement rebaptisé pour une raison précise
Les noms comptent dans la vie sacramentelle de l'Église, et peu de renominations portent un poids théologique comparable à celle-ci. Pendant des siècles, ce sacrement fut communément appelé Extrême-Onction — « extrême » signifiant ici « dernier » ou « final », non « sévère » — reflétant une longue coutume pastorale consistant à le réserver au lit de mort littéral. La constitution sur la liturgie de 1963 du concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, s'attaqua explicitement à ce rétrécissement : « L'"Extrême-Onction", qu'on peut aussi et mieux appeler "Onction des malades", n'est pas seulement le sacrement de ceux qui se trouvent à toute extrémité » (Sacrosanctum Concilium, 73). Cette seule phrase réorienta la manière dont l'Église parle, enseigne et administre un sacrement qui avait, en pratique sinon en doctrine officielle, glissé vers un rituel presque exclusivement réservé au lit de mort.
Rogier van der Weyden, « Retable des Sept Sacrements » (panneau de l'Extrême-Onction), v. 1445-1450, Musée royal des beaux-arts d'Anvers — domaine public.
À qui le sacrement s'adresse réellement
L'enseignement catholique actuel, dans la ligne de la reformulation du Concile, tient que l'onction des malades convient à tout catholique ayant atteint l'usage de raison et commençant à se trouver en danger de mort du fait de la maladie ou de la vieillesse — une porte considérablement plus large que « en train de mourir activement ». Le Catéchisme nomme spécifiquement la maladie grave, la fragilité de l'âge avancé même sans diagnostic précis, et une opération à venir pour une affection grave comme des occasions appropriées pour ce sacrement (CEC 1514-1515). Une personne peut le recevoir plus d'une fois au cours de sa vie — avant une opération majeure dans la cinquantaine, puis à nouveau lors d'une maladie grave des décennies plus tard, et encore si sa santé connaît un nouveau tournant grave. Rien de tout cela n'exige une mort imminente pour être véritablement approprié, ce qui est précisément le changement voulu par le Concile.
Ce qui se passe réellement pendant le rite
Le rite lui-même est relativement bref et s'articule autour de deux gestes centraux : la prière et l'onction. Un prêtre, appelé à l'hôpital, au domicile, ou au chevet d'un paroissien, prie avec le malade et les proches ou aidants présents, incluant souvent un rite pénitentiel (une occasion de confession, si la personne en est capable) et des lectures scripturaires appropriées à la maladie et à la guérison. Il impose ensuite silencieusement les mains sur la tête de la personne — un geste biblique ancien de bénédiction et d'invocation de l'Esprit Saint — avant d'oindre le front et les mains avec l'huile des malades en forme de croix, en disant : « Par cette onction sainte, que le Seigneur, dans sa grande bonté, te réconforte par la grâce de l'Esprit Saint. Qu'il te libère de tout péché, te sauve et te relève. » Le rite se conclut par le Notre Père et une bénédiction, et si la mort paraît proche et que la personne n'a pas récemment communié, le viatique — la communion comprise spécifiquement comme « nourriture pour le voyage » — est souvent donné également.
Quelle grâce l'Église enseigne que ce sacrement confère
Le Catéchisme décrit plusieurs effets précis du sacrement, et aucun ne promet une guérison physique garantie, ce qui constitue une distinction importante par rapport à la manière dont le sacrement est parfois imaginé populairement. Il enseigne que le sacrement confère une grâce particulière de force, de paix et de courage pour surmonter les difficultés liées à une maladie grave ou à la fragilité de la vieillesse ; une confiance renouvelée en Dieu ; et, si l'âme du malade en a encore besoin, le pardon des péchés — en faisant, aux côtés de la confession, l'un des deux sacrements que l'Église appelle sacrements de guérison (CEC 1520-1523, CEC 1421). La guérison physique est traitée comme une possibilité réelle, que la tradition catholique reconnaît se produire parfois, mais elle est présentée comme un fruit possible de la grâce spirituelle sous-jacente du sacrement, non comme son but garanti ou premier.
Seuls un prêtre ou un évêque peuvent le conférer
Contrairement au baptême, que toute personne, même non catholique, peut validement conférer en cas d'urgence en versant de l'eau et en prononçant la formule trinitaire, l'onction des malades est réservée exclusivement aux évêques et aux prêtres (CEC 1516). C'est l'une des raisons pour lesquelles l'aumônerie catholique des hôpitaux et des soins palliatifs revêt un poids institutionnel aussi durable dans le soin catholique, et pourquoi les familles sont généralement encouragées à appeler rapidement un prêtre, plutôt que d'attendre la toute dernière heure, dès qu'un proche est gravement malade — le sacrement est destiné à accompagner tout l'arc d'une maladie grave, non à n'arriver qu'à ses toutes dernières minutes.
Les « derniers sacrements », précisément définis
L'expression populaire « derniers sacrements » ne correspond à aucun sacrement unique ; c'est un raccourci pour une combinaison pastorale typiquement administrée lorsque la mort est proche : la confession (si la personne en est capable), l'onction des malades, et le viatique. Comprendre l'onction des malades pour elle-même — un sacrement de fortification pour les grands malades, à tout stade d'une maladie grave, et non uniquement une composante d'un rituel de lit de mort — fait partie de ce que l'Église s'est efforcée d'enseigner plus clairement depuis la renomination du Concile en 1963, même si l'expression plus ancienne et plus dramatique persiste dans le langage catholique courant.





