La basilique Sainte-Claire d'Assise
Une noble qui choisit la pauvreté
Claire naquit vers 1194 dans une noble famille d'Assise, et selon toutes les conventions de son époque elle était destinée à un mariage avantageux. Au lieu de cela, à dix-huit ans, attirée par la prédication radicale de François d'Assise — lui-même fils d'un riche marchand d'étoffes ayant abandonné le confort matériel pour vivre et prêcher la pauvreté — Claire quitta secrètement la maison familiale le dimanche des Rameaux 1212 pour rejoindre le mouvement naissant de François. François lui coupa lui-même les cheveux et la revêtit d'un habit simple, une rupture décisive avec la vie que sa famille lui avait prévue, et qui provoqua, rapporte-t-on, une tentative infructueuse de ses proches de la ramener de force chez elle.
Gunnar Bach Pedersen, Santa Chiara, Assise, 2006 — domaine public.
Claire finit par s'installer avec une petite communauté de femmes à l'église de San Damiano, juste à l'extérieur des murs d'Assise, où elle demeurerait plus de quarante ans à la tête de ce qui devint connu comme l'Ordre des Pauvres Dames, plus tard renommé les Clarisses en son honneur. Sous sa direction, la communauté adopta une règle de pauvreté inhabituellement stricte — Claire lutta pendant des décennies, contre la résistance même de la hiérarchie ecclésiastique, pour obtenir l'approbation papale d'une règle renonçant non seulement aux biens personnels mais à toute propriété communautaire, un « privilège de pauvreté » dont elle n'obtint la confirmation formelle que deux jours avant sa mort en août 1253.
Une basilique bâtie presque immédiatement
La rapidité de ce qui suivit fut remarquable même selon les standards de la sainteté médiévale. Claire mourut le 11 août 1253, et le pape Alexandre IV la canonisa deux ans seulement plus tard, en 1255 — l'une des canonisations les plus rapides de la période médiévale, reflétant la rapidité et l'ampleur avec lesquelles sa réputation de sainteté s'était répandue même de son vivant. La construction d'une basilique destinée à abriter sa tombe commença presque aussitôt après sa canonisation, bâtie entre 1257 et 1265 sur le site de l'ancienne église de San Giorgio, où François d'Assise lui-même avait d'abord été enseveli avant que ses propres restes ne soient transférés dans la basilique de San Francesco nouvellement achevée.
La nouvelle basilique fut bâtie en style gothique italien, employant la même pierre rose et blanche du mont Subasio voisin qui donne à la basilique de San Francesco sa coloration distinctive, créant un écho visuel entre les deux églises qui définit encore aujourd'hui la silhouette d'Assise. La stabilité structurelle du bâtiment nécessita un renforcement peu après son achèvement — trois arcs-boutants massifs furent ajoutés le long de son côté sud au XIVe siècle, donnant à l'extérieur son apparence quelque peu inhabituelle et fortement fortifiée.
Le crucifix qui parla
Le trésor le plus significatif théologiquement de la basilique n'est pas la tombe de Claire elle-même mais un objet lié à François : le crucifix de bois peint originellement conservé dans la petite église délabrée de San Damiano. La tradition franciscaine veut qu'aux alentours de 1205, priant devant cette croix dans la chapelle en ruine, le jeune François entendit le Christ lui parler depuis elle, disant : « François, va, répare ma maison qui, comme tu le vois, tombe complètement en ruine. » François comprit d'abord cela littéralement, réparant physiquement de ses propres mains le bâtiment délabré de San Damiano, avant de comprendre le commandement dans un sens plus large comme un appel à renouveler l'Église tout entière.
La croix demeura à San Damiano tout au long des décennies que Claire y passa — elle et ses sœurs auraient prié devant elle chaque jour — et fut transférée vers la basilique nouvellement bâtie portant son nom en 1257, où elle est aujourd'hui exposée dans une chapelle latérale dédiée, la chapelle du Crucifix, l'un des lieux de dévotion les plus visités de l'église.
Le corps de Claire, exposé depuis 1850
Pendant près de six siècles, les restes de Claire reposèrent dans une tombe sous le maître-autel, largement inaccessible aux pèlerins. Cela changea en 1850, lorsque la tombe fut ouverte dans le cadre de travaux de rénovation et que ses restes furent trouvés dans un état que l'Église consigna, à l'époque, comme remarquablement bien conservé — l'un des nombreux cas de ce genre à travers l'histoire catholique que l'Église n'a jamais exigé des fidèles d'interpréter d'une seule manière obligatoire. Ses restes, aujourd'hui conservés et plus visiblement squelettiques après un examen scientifique plus poussé au XXe siècle, sont exposés aujourd'hui dans une crypte spécialement construite sous la basilique, achevée en 1850 spécifiquement pour permettre la vénération publique.
Claire fut déclarée sainte patronne de la télévision par le pape Pie XII en 1958, sur la base d'un récit, consigné par ses premiers biographes, selon lequel, vers la fin de sa vie, trop malade pour quitter son lit, elle aurait vu et entendu une messe de Noël à laquelle elle ne pouvait physiquement assister, comme si elle était projetée devant elle — un détail que les générations ultérieures ont naturellement rattaché à l'invention de l'image diffusée des siècles plus tard.
Pour la vie plus complète de la sainte que la basilique fut bâtie pour honorer, voir sainte Claire d'Assise ; pour la basilique voisine bâtie dans la même pierre distinctive pour le fondateur de son ordre, voir la basilique Saint-François d'Assise et la Portioncule, Assise.





