Ce qui se passe lors d'une ordination catholique
Un sacrement bâti sur une chaîne de mains
L'enseignement catholique tient que l'autorité conférée à l'ordination remonte, d'évêque en évêque, par une chaîne ininterrompue, jusqu'aux apôtres eux-mêmes — une doctrine appelée succession apostolique. Tout évêque validement ordonné aujourd'hui peut, en principe, faire remonter son ordination à travers une lignée d'évêques imposant les mains à d'autres évêques, génération après génération, jusqu'à l'Église apostolique. Cette affirmation constitue l'ossature théologique de tout ce qui se passe pendant une messe d'ordination : le rite n'est pas compris comme l'Église nommant simplement quelqu'un à une fonction, mais comme la transmission de quelque chose reçu, de main en main, depuis le premier siècle.
Jaume Huguet, La Consécration de saint Augustin, v. 1466-1475, détrempe sur bois — domaine public.
Le sacrement de l'ordre, conféré lors de l'ordination, comporte trois degrés : évêque, prêtre et diacre. Le Catéchisme décrit l'épiscopat — la charge d'évêque — comme la plénitude du sacrement, le presbytérat et le diaconat y participant à des niveaux différents (CEC 1554). Un homme est ordonné diacre d'abord, puis, en général après une formation supplémentaire, ordonné prêtre ; seuls certains prêtres sont plus tard choisis et ordonnés évêques.
La messe qui y conduit
Une ordination se déroule au sein d'une messe complète, célébrée par un évêque, et suit la structure habituelle jusqu'à la liturgie de la Parole. Après l'Évangile et l'homélie, le rite propre à l'ordination commence. Les candidats sont appelés à voix haute par leur nom, et chacun répond « Me voici » — un moment bref et direct qui marque pourtant une étape formelle et publique que nul ne peut accomplir à la place d'un autre.
L'évêque interroge ensuite les candidats sur leur volonté d'assumer les devoirs de l'ordre qu'ils sont sur le point de recevoir — obéissance, célibat pour les prêtres et diacres de l'Église latine, engagement à la prière et à la liturgie des Heures — et chaque candidat répond à voix haute, devant l'assemblée.
Face contre terre : les litanies des saints
L'un des moments les plus saisissants visuellement du rite d'ordination vient ensuite : les candidats se prosternent, s'allongeant face contre terre sur le sol du sanctuaire, pendant que toute l'assemblée chante les litanies des saints, invoquant Marie et une longue liste de saints par leur nom pour intercéder pour les hommes sur le point d'être ordonnés. La prostration est réservée dans la liturgie catholique à une poignée d'occasions particulièrement solennelles — l'ordination en est une, avec le début de la liturgie du Vendredi saint et la prise de vœux religieux solennels — et elle constitue une expression corporelle d'abandon total et d'indignité devant la gravité de ce qui va se produire.
L'imposition des mains
Le moment essentiel du sacrement suit immédiatement : l'évêque impose silencieusement les mains sur la tête de chaque candidat, l'un après l'autre. Pour les ordinations sacerdotales, tous les prêtres présents sont ensuite invités à faire de même, imposant les mains sur le nouvel ordonné en signe visible qu'il rejoint leur ordre commun — un moment saisissant où des dizaines de prêtres peuvent défiler pour poser brièvement les mains sur la tête d'un seul homme.
Immédiatement après l'imposition des mains, l'évêque prononce la prière d'ordination propre à ce degré — pour les prêtres, une prière qui demande à Dieu de « renouveler en lui l'Esprit de sainteté » et de lui accorder la dignité du sacerdoce. Cette prière, dite à voix haute sur le candidat pendant que les mains de l'évêque reposent sur sa tête, est ce que la théologie sacramentelle catholique identifie comme la « forme » du sacrement — associée à l'imposition des mains comme sa « matière » — les deux éléments constituant ensemble l'acte essentiel de l'ordination elle-même.
La vêture et l'onction
Après la prière de consécration, les prêtres nouvellement ordonnés sont revêtus d'une étole portée à la manière sacerdotale et d'une chasuble, le vêtement extérieur propre au sacerdoce, et leurs mains sont ointes du saint chrême — huile sainte parfumée, consacrée par l'évêque, la même que celle utilisée au baptême et à la confirmation — en signe que les mains du prêtre sont mises à part pour consacrer l'eucharistie. Les évêques nouvellement ordonnés reçoivent l'onction du chrême sur la tête plutôt que sur les mains, accompagnée de la remise d'un anneau, d'une mitre et d'une crosse, symboles traditionnels de la charge épiscopale.
Ce qui suit immédiatement
Chaque prêtre nouvellement ordonné concélèbre alors le reste de la messe aux côtés de l'évêque ordinant pour la première fois — son premier acte de prêtre consiste en général à aider à consacrer l'eucharistie lors de cette même liturgie. Il est courant qu'un prêtre nouvellement ordonné donne une première bénédiction à sa famille, ses amis et l'assemblée immédiatement après la messe, un moment que de nombreuses familles catholiques considèrent avec une importance particulière, cherchant parfois précisément à recevoir cette première bénédiction plutôt qu'une ultérieure.
Pourquoi cela ne peut pas être défait
L'enseignement catholique tient que le sacrement de l'ordre, comme le baptême et la confirmation, imprime une marque spirituelle indélébile sur l'âme — ce qui signifie que l'ordination ne peut être répétée et ne peut, à proprement parler, être annulée. Un prêtre peut être écarté du ministère actif ou, dans des cas graves, formellement réduit à l'état laïc (renvoyé à l'état laïc pour l'exercice du ministère), mais la doctrine catholique tient que le caractère sacramentel reçu à l'ordination demeure de façon permanente, ce qui explique en partie pourquoi l'Église entoure ce rite d'une telle solennité et ne le répète ni ne l'abrège jamais.





