Neuvaine pour les âmes du purgatoire : une prière de neuf jours pour les défunts
Une offrande envoyée à Jérusalem pour les morts
La pratique derrière cette neuvaine est plus ancienne que le mot « purgatoire » lui-même. Dans le deuxième livre des Maccabées, qui fait partie de l'Ancien Testament dans le canon catholique, le chef militaire Judas Maccabée découvre que des soldats tombés au combat portaient en secret des amulettes païennes — une faute grave — et répond non par la condamnation mais par la prière. Il organise une collecte s'élevant, dit le texte, à deux mille drachmes d'argent, envoyées à Jérusalem pour pourvoir à un sacrifice expiatoire, car, s'il n'avait pas espéré la résurrection de ses compagnons tombés, il eût été superflu et vain de prier pour les morts. Le passage conclut qu'il s'agissait là d'une pensée sainte et pieuse, accomplie afin qu'ils soient délivrés de leur péché (paraphrase de 2 Maccabées 12, 43-46 ; ce passage n'a pas pu être vérifié mot pour mot dans la référence française disponible).
Ludovico Carracci, Le Purgatoire, v. 1610, Pinacoteca Vaticana — domaine public.
Cet unique épisode porte un poids théologique considérable pour un texte aussi bref. Il suppose trois choses que l'enseignement catholique maintient encore aujourd'hui : que la mort ne rompt pas le lien entre les vivants et les morts, que la prière peut encore profiter à quelqu'un qui est décédé, et qu'une forme de purification ou de pardon demeure possible après la mort pour ceux qui ne sont pas au-delà de tout espoir. Des siècles de réflexion chrétienne sur ce texte et d'autres liés ont fini par façonner la doctrine formelle du purgatoire.
Ce que le purgatoire signifie réellement dans l'enseignement de l'Église
Il vaut la peine d'être précis ici, tant ce mot fait l'objet de nombreux malentendus populaires. Le Catéchisme décrit le purgatoire comme une « purification finale » pour ceux « qui meurent dans la grâce et l'amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés », afin qu'ils obtiennent « la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel » (CEC 1030). Il ne s'agit pas, selon l'enseignement catholique, d'une seconde chance pour les âmes mortes en refusant Dieu, ni d'une version moindre ou plus lente de l'enfer — ceux qui sont au purgatoire sont déjà sauvés, déjà destinés au ciel, et ce processus est décrit en termes d'espérance et de certitude plutôt que de punition incertaine. Pour une présentation plus complète de la place du purgatoire aux côtés du ciel et de l'enfer dans la doctrine catholique, voir Ciel, enfer et purgatoire : ce que l'Église enseigne réellement.
L'Église enseigne aussi que les défunts du purgatoire ne sont pas hors de portée des vivants. Le Catéchisme décrit un lien spirituel permanent appelé la communion des saints, unissant « les fidèles qui sont sur terre, les défunts qui s'achèvent de se purifier, et les bienheureux du ciel » (CEC 962), ce qui explique précisément pourquoi les catholiques prient pour les morts au lieu de considérer la mort comme la fin de toute aide possible. Le 2 novembre, jour des défunts, est la principale célébration annuelle de l'Église bâtie autour de cette croyance ; voir La commémoration de tous les fidèles défunts pour son histoire et la manière dont elle s'est développée avec cette même théologie.
Comment la neuvaine s'est développée
Comme la neuvaine de Noël et la neuvaine à l'Esprit Saint, la structure de neuf jours de cette dévotion remonte aux neuf jours de prière des apôtres entre l'Ascension et la Pentecôte, décrits dans les Actes — le modèle que toute neuvaine catholique emprunte, quelle que soit son intention précise. Pour cette histoire plus complète, voir Qu'est-ce qu'une neuvaine ? Prier une neuvaine pour les morts applique cette même discipline de neuf jours à un type particulier d'intention : non un besoin personnel, mais un acte d'intercession en faveur de quelqu'un d'autre, demandant la miséricorde de Dieu pour une âme qui ne peut plus prier pour elle-même.
Contrairement aux neuvaines rattachées à la fête d'un saint, celle-ci n'a pas de date fixe unique. Beaucoup de catholiques la prient en novembre, le mois que l'Église réserve traditionnellement au souvenir des morts, ou dans les jours précédant immédiatement le jour des défunts. D'autres la prient dans les jours suivant un décès précis — un parent, un conjoint, un ami — comme un acte de deuil prolongé qui accomplit aussi quelque chose de concret : demander la purification du défunt et son entrée rapide dans la pleine présence de Dieu.
Comment la prier
La neuvaine combine généralement une prière fixe, répétée une fois par jour pendant neuf jours, avec une intention précise formulée au départ : une personne en particulier, un membre de la famille, ou « toutes les âmes du purgatoire, en particulier celles qui n'ont personne pour prier pour elles » — une formule courante retrouvée dans plusieurs versions traditionnelles, reflétant la croyance que certaines âmes pourraient sinon être entièrement oubliées. Une prière traditionnelle largement utilisée est la suivante :
Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel, et que la lumière perpétuelle luise pour eux. Que les âmes des fidèles défunts, par la miséricorde de Dieu, reposent en paix. Amen.
Beaucoup de textes de neuvaine associent cette prière de l'Éternel repos à une dizaine du chapelet, au chapelet de la Miséricorde divine, ou à une supplication précise telle que « Seigneur Jésus, ayez pitié des âmes du purgatoire », répétée chaque jour aux côtés de la prière de l'Éternel repos. Aucune version n'est imposée par le Vatican ; paroisses, ordres religieux consacrés aux défunts et éditeurs de dévotion diffusent chacun leur propre formulation, comme pour d'autres neuvaines bien connues.
Une dévotion plus discrète
Cette neuvaine ne demande ni faveur accordée, ni crise résolue, ni résultat précis comme le font tant d'autres neuvaines. Elle ne demande absolument rien pour celui qui prie. Cela en fait, en un sens, l'une des dévotions les plus désintéressées de la pratique catholique — neuf jours passés à demander miséricorde pour quelqu'un qui ne peut plus rien demander pour lui-même, offerts dans une tradition qui remonte, selon l'Église elle-même, à la collecte d'un général juif pour des soldats qu'il ne pouvait plus aider d'aucune autre manière. Ce qui commença par des drachmes d'argent envoyées à Jérusalem est aujourd'hui neuf jours silencieux de prière — la même conviction, transmise à travers plus de deux mille ans, que la mort ne place personne hors de portée de l'amour.





