La neuvaine à l'Esprit Saint : les neuf jours originels
Neuf jours qui précèdent toutes les autres neuvaines
Le mot « neuvaine » vient du latin novem, neuf, et toute neuvaine catholique — à saint Jude, au Sacré-Cœur, à n'importe quel saint ou cause — tient sa forme fondamentale d'une période précise de jours racontée dans les Actes. Après son ascension au ciel, Jésus avait demandé aux apôtres d'attendre à Jérusalem « la promesse du Père », sans encore en expliquer pleinement le sens. Les Actes racontent ce qu'ils firent entre-temps : ils retournèrent en ville, montèrent « à la chambre haute où ils se tenaient habituellement », et là, avec Marie et d'autres femmes, « d'un même cœur, étaient assidus à la prière » (Actes 1, 13-14). Neuf jours plus tard — l'intervalle entre l'Ascension, quarante jours après Pâques, et la Pentecôte, cinquante jours après Pâques — l'Esprit Saint vint sur eux avec « un bruit tel que celui d'un violent coup de vent » et « des langues qu'on eût dites de feu » se posant sur chacun d'eux (Actes 2, 2-3). Le récit complet de ce qui se passa ensuite est raconté dans la Pentecôte, et une présentation plus large de la manière dont les neuvaines se sont développées à partir de ce moment se trouve dans Qu'est-ce qu'une neuvaine ?.
Le Greco, La Pentecôte, v. 1600, Museo del Prado — domaine public.
Rien dans les Actes ne décrit cette période d'attente avec le mot « neuvaine » ni ne la présente comme une formule dévotionnelle à répéter — c'est simplement ce que firent les apôtres, une fois, dans un moment historique précis. Mais la piété chrétienne ultérieure y reconnut un modèle : neuf jours de prière soutenue et confiante précédant un don de Dieu, imités depuis dans une neuvaine après l'autre.
Quand la prier
Parce que cette neuvaine constitue les neuf jours originels, et non une dévotion plus tardive plaquée sur ce chiffre, elle est rattachée à une période fixe et réelle du calendrier de l'Église : elle commence le lendemain de la fête de l'Ascension et se poursuit jusqu'au samedi précédant le dimanche de la Pentecôte. L'Ascension et la Pentecôte étant toutes deux des fêtes mobiles, calculées à partir de Pâques, les dates exactes de la neuvaine changent chaque année avec Pâques elle-même, mais sa durée — les mêmes neuf jours que décrit Luc dans les Actes — ne varie jamais.
Cela rend la neuvaine à l'Esprit Saint singulière parmi les neuvaines catholiques. La plupart se prient à l'approche de la fête d'un saint particulier, choisie par tradition ou dévotion personnelle, et peuvent commencer presque n'importe quel jour de l'année. Celle-ci est ancrée au calendrier liturgique lui-même, observée par toute l'Église durant l'intervalle exact qu'elle commémore.
Une neuvaine formellement instituée par l'Église
La dévotion à l'Esprit Saint connut un essor important sous le pape Léon XIII, qui écrivit abondamment sur ce sujet dans les dernières années du XIXe siècle. Dans son encyclique de 1897 Divinum Illud Munus (« Cette divine mission »), Léon XIII traita de l'action de l'Esprit Saint dans l'Église et dans les âmes, et — s'appuyant sur une lettre antérieure de 1895 — institua formellement une neuvaine à l'Esprit Saint à observer avant la Pentecôte dans les paroisses de toute l'Église universelle, y attachant des indulgences pour encourager la participation. C'est l'un des rares cas, dans l'histoire catholique, d'une neuvaine organisée par décret pontifical descendant plutôt que née de la piété populaire montant peu à peu, comme la plupart des neuvaines — y compris l'observance plus informelle et plus ancienne de celle-ci — se sont réellement développées.
Comment la prier
La structure est simple : neuf jours consécutifs de prière à l'Esprit Saint, idéalement à la même heure chaque jour, demandant sa présence et ses dons. Aucun texte de prière unique n'est imposé, mais une version largement utilisée s'ouvre sur une invocation ancienne encore récitée aujourd'hui lors des confirmations et occasions semblables :
V. Venez, Esprit Saint, remplissez les cœurs de vos fidèles, et allumez en eux le feu de votre amour.
R. Envoyez votre Esprit, et ils seront créés. Et vous renouvellerez la face de la terre.
Prions : Ô Dieu, qui avez instruit les cœurs de vos fidèles par la lumière de l'Esprit Saint, accordez-nous, dans ce même Esprit, d'être véritablement sages et de nous réjouir toujours de sa consolation, par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Beaucoup de versions de la neuvaine ajoutent une demande pour l'un des sept dons traditionnels de l'Esprit Saint — sagesse, intelligence, conseil, force, science, piété et crainte de Dieu — pour chacun des neuf jours, même si l'association d'un don à un jour précis varie selon les sources imprimées et ne fait pas elle-même partie du récit biblique.
L'attente comme véritable finalité
Ce qui distingue cette neuvaine de presque toutes les autres, c'est ce qu'elle demande à celui qui la prie de faire réellement : attendre. Les apôtres, dans les Actes, ne savaient pas à l'avance sous quelle forme viendrait l'Esprit Saint, ni précisément quand, dans ces neuf jours, il arriverait — ils restèrent simplement ensemble et prièrent, faisant confiance à une promesse qu'ils ne comprenaient pas encore pleinement. Prier aujourd'hui la neuvaine à l'Esprit Saint, c'est entrer délibérément dans cette même posture : neuf jours à demander, sans maîtriser ni le résultat ni le moment, un don qui, selon le récit dont elle s'inspire, arriva soudainement, de façon manifeste, et seulement après que l'attente eut pu suivre son cours jusqu'au bout.





