Les quatre marques de l'Église — Une, sainte, catholique, apostolique

Quatre mots qui portent toute une affirmation sur l'Église
Quiconque a assisté à une liturgie catholique (ou à bien d'autres liturgies chrétiennes) a prononcé ces mots sans forcément s'arrêter pour les déplier : « Nous croyons en l'Église une, sainte, catholique et apostolique. » Ces quatre termes — connus comme les quatre marques de l'Église — viennent directement du Credo de Nicée, formulé au premier concile de Constantinople en 381, en s'appuyant sur le concile de Nicée de 325. Le Catéchisme traite les quatre ensemble, non comme des cases à cocher séparément mais comme « inséparablement liées entre elles », indiquant « les traits essentiels de l'Église et de sa mission » (CEC 811). Et surtout, le Catéchisme précise clairement d'où viennent ces qualités : « L'Église ne les possède pas d'elle-même ; c'est le Christ qui, par l'Esprit Saint, fait son Église une, sainte, catholique et apostolique » (CEC 811). Les marques décrivent un don reçu, non un mérite acquis.
Le Titien, La Pentecôte, 1545, Basilique Santa Maria della Salute, Venise — domaine public.
Une : une unité plus profonde qu'un accord
Dire l'Église « une » n'est pas d'abord une affirmation sur son efficacité organisationnelle ou l'unanimité d'opinion de ses membres. Le Catéchisme enracine cette unité dans trois sources à la fois : l'Église est une « par sa source » — l'unité même de la Trinité ; une « par son fondateur » — le Christ, qui « a réconcilié tous les hommes avec Dieu par la croix... restaurant l'unité de tous en un seul peuple et un seul corps » ; et une « par son "âme" » — l'Esprit Saint, qui « les unit si intimement dans le Christ qu'il est le principe de l'unité de l'Église » (CEC 813). Il s'agit d'une affirmation théologique sur l'identité la plus profonde de l'Église, distincte (bien qu'évidemment liée) de la réalité historique des divisions entre chrétiens survenues au fil des siècles.
Sainte : une affirmation sur le Christ, étendue à son Épouse
La deuxième marque suscite souvent les objections les plus vives — comment une institution dont les membres pèchent visiblement, parfois gravement et publiquement, peut-elle être appelée « sainte » ? Le Catéchisme n'esquive pas la question ; il y répond directement en situant la sainteté d'abord dans le Christ, non dans le bilan moral des catholiques individuels : l'Église « est tenue, dans la foi, pour indéfectiblement sainte. En effet, le Christ, Fils de Dieu... a aimé l'Église comme son Épouse, il s'est livré pour elle, afin de la sanctifier » (CEC 823). La sainteté, en ce sens, décrit ce que le Christ a fait pour l'Église et lui a donné dans son ensemble, non une garantie que chaque baptisé qui y vit a pleinement reçu ou vécu ce don. Les membres mêmes de l'Église — saints canonisés côtoyant de grands pécheurs, parfois au sein d'une même existence — sont appelés, individuellement, vers une sainteté que l'Église elle-même possède déjà comme don de son fondateur.
Catholique : universelle par sa portée, complète dans son contenu
Le mot « catholique » (avec un c minuscule, décrivant la marque, distinct de « Catholique » comme nom propre de l'Église) vient d'un terme grec signifiant « universel », et le Catéchisme précise « au sens de "selon la totalité" ou "selon l'intégralité" » (CEC 830). Deux sens se rejoignent ici. D'abord, l'Église est catholique parce que la plénitude du Christ subsiste en elle — « confession de la foi complète et correcte, vie sacramentelle intégrale, ministère ordonné dans la succession apostolique » (CEC 830) — une complétude de contenu, non seulement une étendue géographique. Ensuite, l'Église est catholique au sens plus familier d'universelle : envoyée par le Christ à l'humanité tout entière, sans se restreindre à une seule nation, culture ou époque, appelée à rassembler tout peuple dans l'unique corps décrit sous la première marque.
Apostolique : une lignée ininterrompue de ministère
La quatrième marque relie directement l'Église à son origine historique dans les apôtres que le Christ lui-même a choisis et envoyés. Le Catéchisme décrit cette apostolicité comme opérant de trois manières liées : l'Église « fut et demeure édifiée sur le fondement des Apôtres » ; elle « garde et transmet... l'enseignement qu'elle a reçu des apôtres » ; et elle « continue d'être enseignée, sanctifiée et conduite par les apôtres jusqu'au retour du Christ, grâce à ceux qui leur succèdent dans leur charge pastorale : le collège des évêques... en communion avec le successeur de Pierre » (CEC 857). Ce dernier point est la doctrine de la succession apostolique — la croyance selon laquelle l'autorité et le ministère confiés par le Christ aux apôtres se sont transmis, d'évêque en évêque, en une chaîne ininterrompue, du premier siècle jusqu'à aujourd'hui.
Pourquoi les quatre marques tiennent ou tombent ensemble
On pourrait traiter chaque marque comme un attribut isolé, coché indépendamment. Le Catéchisme résiste à cette lecture en qualifiant les quatre marques d'« inséparablement liées » (CEC 811). L'unité sans la sainteté ne serait qu'uniformité. La sainteté sans l'universalité risquerait de devenir un club privé plutôt qu'une mission envers « toutes les nations ». L'universalité sans la continuité apostolique risquerait de perdre tout lien avec ce que le Christ a réellement établi, en dérivant peu à peu. Et l'autorité apostolique sans les trois autres serait une structure sans la vie que lui donne l'Esprit. Ensemble, les quatre marques fonctionnent moins comme une liste de contrôle que comme une seule description à quatre faces d'une même réalité — ce que l'Église catholique se tient, par le don même du Christ et non par son propre mérite, être réellement.
Trivia
D'où viennent les quatre marques de l'Église ?
Que signifie dire que l'Église est « une » ?
Pourquoi l'Église catholique se dit-elle « sainte » alors que ses membres pèchent visiblement ?
Que signifie « catholique » dans « une, sainte, catholique et apostolique » ?
Que signifie « apostolique », et quel est le lien avec les évêques d'aujourd'hui ?






