Le Symbole de Nicée — origines et sens de la profession de foi centrale de l'Église
Un concile convoqué pour trancher une seule question
La crise à l'origine du Symbole de Nicée avait un point de départ unique : un prêtre d'Alexandrie nommé Arius enseignait que le Fils de Dieu n'était pas éternel, mais un être créé — la plus grande des créatures, mais pas véritablement Dieu comme l'est le Père. Arius avait le talent de rendre sa position mémorable, la mettant, dit-on, en musique sur des airs populaires, si bien que dockers et marins dans le port d'Alexandrie pouvaient être entendus fredonnant sa théologie — ce qui ne fit que compliquer la tâche des évêques cherchant à contenir la controverse par la prédication et la correction ordinaires. La controverse se répandit assez vite, et divisa l'Église assez profondément, pour que l'empereur Constantin — récemment converti, et soucieux d'unité religieuse dans tout son empire — convoque des évêques de tout le monde chrétien dans la ville de Nicée en 325 pour la résoudre.
Anonyme, Premier concile de Nicée (icône), XVIIIe siècle (domaine public)
Plus de deux cents évêques y assistèrent, dont plusieurs, selon une tradition postérieure, survivants des persécutions de Dioclétien à peine une décennie auparavant — des hommes torturés ou mutilés pour avoir refusé de renier le christianisme, rassemblés désormais, sous la protection d'un empereur, pour le définir avec précision. Parmi les participants se trouvait, selon la tradition ultérieure, un diacre d'Alexandrie nommé Athanase, qui n'était pas encore évêque lui-même mais qui allait consacrer les décennies suivantes de sa vie à défendre le symbole avec acharnement, exilé plusieurs fois de son propre siège par des empereurs favorables aux thèses ariennes. Le concile condamna l'enseignement d'Arius et produisit un symbole qui fixait, en des termes précis, ce que l'Église croyait réellement au sujet de la relation du Christ au Père — que le Fils est « engendré, non pas créé, consubstantiel au Père », partageant la nature divine du Père lui-même plutôt que d'être un être créé, inférieur. Le terme grec clé, homoousios (« de même substance »), ne se trouvait nulle part tel quel dans l'Écriture, ce qui le rendait controversé même parmi les évêques opposés à Arius — un rappel que le concile ne se contentait pas de réciter des versets bibliques, mais exerçait un véritable jugement théologique pour écarter une lecture de l'Écriture qu'il jugeait erronée.
Constantinople achève le texte
Le symbole de 325 disait relativement peu de choses sur l'Esprit Saint, et à la fin du quatrième siècle, ce vide était devenu à son tour un point de tension théologique. Le premier concile de Constantinople, en 381, développa le symbole, ajoutant des formulations plus complètes sur l'Esprit Saint (« qui est Seigneur et qui donne la vie, qui procède du Père ») et sur l'Église elle-même (« une, sainte, catholique et apostolique »). Le résultat — techniquement le Symbole de Nicée-Constantinople, bien que presque universellement abrégé en « Symbole de Nicée » — est le texte encore récité aujourd'hui.
Ce que dit réellement le symbole
Le symbole parcourt la Trinité dans l'ordre. Il s'ouvre sur le Père, « créateur du ciel et de la terre, de l'univers visible et invisible ». Il consacre sa section la plus longue au Fils — « Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu » — retraçant son incarnation, sa souffrance sous Ponce Pilate, sa mort, sa mise au tombeau, sa résurrection « le troisième jour, conformément aux Écritures », son ascension et son retour promis. Il se tourne ensuite vers l'Esprit Saint, « qui est Seigneur et qui donne la vie », et se termine en professant la foi en l'Église, le baptême « pour le pardon des péchés », la résurrection des morts et la vie du monde à venir.
Le filioque, et une fracture jamais totalement refermée
Une expression de la version latine occidentale du symbole a pesé d'un poids historique disproportionné : filioque, « et du Fils », ajoutée à la ligne sur la procession de l'Esprit Saint, de sorte qu'elle affirme que l'Esprit procède « du Père et du Fils ». L'Orient chrétien n'a jamais accepté cet ajout — s'opposant à la fois à la théologie qui le sous-tend et au fait qu'il fut inséré sans l'accord d'un concile œcuménique — et le différend demeure, aujourd'hui encore, l'un des points importants de séparation entre les Églises catholique et orthodoxe orientale, un cas rare où un seul mot a façonné mille ans de division.
Un texte œcuménique, aujourd'hui encore
Peu de documents de l'histoire chrétienne ont une portée aussi large, à travers des Églises par ailleurs divisées, que le Symbole de Nicée. Les communautés catholique, orthodoxe orientale et la plupart des communautés protestantes traditionnelles le reconnaissent toutes comme faisant autorité — un point d'accord doctrinal rare, antérieur de plusieurs siècles à la Réforme, au grand schisme entre Orient et Occident, et à presque toutes les divisions chrétiennes postérieures. Ce socle commun explique en partie pourquoi le dialogue œcuménique entre catholiques et autres traditions chrétiennes revient si souvent à Nicée comme terrain d'entente, même là où des différends ultérieurs, tel le filioque, ont séparé les Églises. Il se tient aux côtés du Symbole des Apôtres comme l'une des deux professions de foi que tout catholique apprend, bien que les deux servent des fins différentes — l'un conçu pour la précision du débat doctrinal, l'autre pour la simplicité d'une promesse baptismale.
Encore prononcé chaque dimanche
Entrez dans une messe catholique un dimanche quelconque et, après l'homélie, l'assemblée se lève et récite ce même texte du quatrième siècle — parfois le Symbole de Nicée dans son intégralité, parfois le Symbole des Apôtres, plus court, comme alternative. C'est une continuité frappante : la formulation précise débattue par des évêques dans une ville au bord d'un lac il y a dix-sept siècles est encore, presque mot pour mot, le langage que les catholiques ordinaires emploient chaque semaine pour énoncer ce qu'ils croient. Peu d'autres moments de la messe relient une assemblée moderne de façon aussi directe à un événement précis et daté du passé ancien de l'Église — non pas un héritage général de la tradition, mais les phrases mêmes qui furent débattues, mot après mot, dans une salle de Nicée en l'an 325.






