La neuvaine de l'abandon : « Jésus, occupe-toi de tout »
Un prêtre qui a écrit sur l'abandon parce qu'il en avait lui-même besoin
Dolindo Ruotolo naquit à Naples en 1882 et fut ordonné prêtre, connu pour une piété personnelle profonde, parfois éprouvante. Sa vie connut de réelles épreuves : pendant un temps, les autorités ecclésiastiques restreignirent son ministère public en raison de certains de ses écrits, une épreuve qu'il aurait portée sans jamais renoncer à son sacerdoce ni à son obéissance à l'Église. On se souvient de lui moins pour un épisode marquant que pour le volume considérable de ses écrits spirituels, centrés en grande partie sur un même thème récurrent — la plupart des souffrances humaines sont aggravées, non causées, par le besoin de maîtriser les événements plutôt que de les confier à Dieu. Il mourut en 1970, et l'Église l'a depuis nommé Serviteur de Dieu, première étape formelle vers une possible future canonisation, bien que sa cause n'ait pas encore progressé jusqu'à la béatification.
Heinrich Hofmann, Le Christ à Gethsémani, 1886 — domaine public.
La neuvaine de l'abandon est tirée de méditations que Ruotolo attribuait à une inspiration privée — des passages écrits comme si Jésus s'adressait directement au lecteur au sujet du problème précis de l'inquiétude. Cela place la neuvaine dans la même catégorie que d'autres dévotions catholiques fondées sur une révélation privée rapportée, distincte de l'Écriture et de la Tradition, que l'Église tient closes depuis l'âge apostolique (CEC 67). Rien dans l'enseignement catholique n'exige de croire à l'origine littérale de ces paroles ; ce qui a rendu la neuvaine si largement pratiquée, c'est simplement la manière dont son image centrale parle directement à une expérience presque universelle — l'effort épuisant de gérer un problème qui refuse de se laisser gérer.
La phrase unique répétée tout au long
Chacun des neuf jours suit la même structure de base : une courte méditation de quelques paragraphes, suivie de la même prière répétée dix fois : « Ô Jésus, je m'abandonne à toi, occupe-toi de tout ! » En italien, la formule la plus étroitement liée à la mémoire de Ruotolo est plus brève encore — Gesù, pensaci Tu, « Jésus, occupe-toi de cela » — une demande simple, presque familière, plutôt qu'une formule élaborée. Chaque jour se termine par une courte prière à Marie : « Mère, je suis tien maintenant et pour toujours. Par toi et avec toi, je veux toujours appartenir entièrement à Jésus. »
Ce que disent réellement les méditations
Les neuf jours construisent un raisonnement, pas seulement une atmosphère. Le premier jour s'ouvre sans détour : « Pourquoi vous troublez-vous en vous inquiétant ? Laissez-moi le soin de vos affaires et tout sera paisible... tout acte d'abandon vrai, aveugle et complet entre mes mains produit l'effet que vous désirez et résout toutes les situations difficiles. » Le deuxième jour précise la distinction entre l'abandon et la simple passivité, comparant la gestion anxieuse de soi-même à un enfant qui interrompt sa propre mère dans ses soins : « C'est comme la confusion que ressentent les enfants lorsqu'ils demandent à leur mère de pourvoir à leurs besoins, puis essaient eux-mêmes d'y pourvoir... S'abandonner, c'est fermer paisiblement les yeux de l'âme... afin que moi seul agisse. »
Les jours suivants relient directement cet enseignement au Notre Père, lisant ses demandes familières comme un modèle d'abandon plutôt que comme une requête pour un résultat précis : « "Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel", c'est-à-dire, dans notre besoin, décide comme tu le juges bon pour notre vie temporelle et éternelle. Si tu me dis vraiment "que ta volonté soit faite", ce qui revient à dire "occupe-toi de tout", j'interviendrai avec toute ma toute-puissance. » Un autre jour aborde directement l'aggravation des circonstances — la maladie, les difficultés croissantes — répondant à l'inquiétude non par la promesse que rien de mauvais n'arrivera, mais par une instruction répétée de fermer les yeux et de remettre encore une fois l'issue entre d'autres mains : « Je te dis que je m'en occuperai, et qu'il n'existe pas de remède plus puissant que mon intervention aimante. »
Comment la prier
Prier la neuvaine consiste à lire la courte méditation du jour, puis à répéter la prière d'abandon dix fois, une fois par jour pendant neuf jours consécutifs — un schéma proche, dans sa structure, de la neuvaine au Sacré-Cœur, bien que construit autour d'une seule phrase plutôt que de trois demandes. Elle n'est rattachée à aucune date fixe du calendrier, contrairement aux neuvaines liées à une fête ; elle se prie le plus souvent lorsqu'un souci ou une crise précise rend ses thèmes urgents, et beaucoup de ceux qui la prient répètent les neuf jours complets plus d'une fois au cours d'une période difficile plutôt que de ne la prier qu'une seule fois.
Une confiance qui n'efface pas la responsabilité
Il serait facile de mal comprendre « l'abandon » comme un prétexte pour se désengager — cesser de prendre des décisions, cesser de chercher de l'aide, cesser d'accomplir le travail ordinaire qu'exige une situation difficile. Les méditations elles-mêmes s'opposent directement à cette lecture, distinguant l'abandon d'une « prière inquiète » qui cherche encore à dicter la réponse de Dieu. Ce qu'elles demandent, c'est plutôt une forme de confiance qui continue d'agir de manière responsable dans le monde tout en abandonnant l'effort épuisant, souvent vain, de maîtriser ce qui n'a jamais été en son pouvoir de maîtriser — la même posture, en miniature, que les apôtres sont décrits comme tenant durant les neuf jours avant la Pentecôte : attendre, sans savoir précisément comment ni quand l'aide viendrait, mais en ayant confiance qu'elle viendrait.





