Qu'est-ce qu'une indulgence plénière, précisément ?

Le mot « indulgence » porte cinq siècles de bagage — c'est la pratique qui déclencha les 95 thèses de Martin Luther en 1517 et, dans sa forme corrompue, scandalisa véritablement l'Église médiévale. Mais l'enseignement catholique réel sur les indulgences, clarifié par des réformes ultérieures et encore enseigné aujourd'hui, est plus restreint et plus précis que la plupart des gens ne le supposent : une remise spécifique et conditionnelle d'un type spécifique de peine, accordée uniquement selon des termes exacts que l'Église détaille avec précision.

Non un pardon — tout autre chose

Le malentendu le plus courant sur les indulgences est qu'elles pardonnent le péché. Ce n'est pas le cas, et cela ne l'a jamais été selon l'enseignement catholique officiel. Le Catéchisme est explicite sur ce point : une indulgence est « la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour des péchés déjà pardonnés quant à la faute » (CEC 1471). Le pardon de la faute se produit par la confession — par le sacrement de la Réconciliation, qui suit sa propre démarche distincte. Une indulgence s'adresse à une couche seconde et entièrement différente : ce que l'enseignement catholique appelle la peine temporelle due au péché, que l'Église tient pour pouvant subsister même après le pardon de la faute, et que la tradition catholique rattache à la purification au purgatoire si elle n'est pas résolue durant la vie.

Une gravure sur bois du XVIe siècle représentant un pardonneur catholique vendant des indulgences à une foule de pénitents agenouillés.

Hans Holbein le Jeune, La Vente des indulgences, v. 1529, gravure sur bois, Kunstmuseum Bâle — domaine public.

Cette distinction — la faute pardonnée par la confession, la peine temporelle traitée par les indulgences, la pénitence et la charité — est le fondement entier sur lequel repose le reste de l'enseignement catholique sur les indulgences. La manquer, et tout le sujet paraît bien plus étrange et transactionnel qu'il ne l'est réellement dans la doctrine officielle.

Plénière contre partielle

L'Église distingue deux types d'indulgence :

  • Une indulgence partielle remet une partie de la peine temporelle due au péché.
  • Une indulgence plénière la remet entièrement — d'où « plénière », du latin plenus, signifiant plein.

On ne peut obtenir qu'une seule indulgence plénière par jour en circonstances ordinaires (avec une exception traditionnelle faite pour l'heure de la mort), tandis que les indulgences partielles n'ont pas cette limite quotidienne. En pratique, cela signifie que les indulgences plénières sont liées à des actes précis et nommés que l'Église désigne comme portant cette remise plus complète — non quelque chose de disponible par n'importe quelle prière à n'importe quel moment.

Les quatre conditions, en détail

Pour recevoir une indulgence plénière, la discipline actuelle de l'Église (établie dans l'Enchiridion des indulgences, le manuel officiel du Vatican sur le sujet) requiert l'ensemble de ce qui suit :

  1. Accomplir l'œuvre indulgenciée précise nommée pour cette indulgence — cela varie au cas par cas. Les exemples incluent un pèlerinage vers une église désignée à une fête précise, la prière de certaines prières devant le Saint-Sacrement, ou l'accomplissement d'une œuvre de charité durant une Année jubilaire.
  2. La confession sacramentelle — dans un délai d'environ une semaine avant ou après l'acte indulgencié.
  3. Recevoir la sainte communion — dans la même fenêtre de temps.
  4. Prier aux intentions du pape — typiquement un Notre Père et un Je vous salue Marie, ou toute prière au choix, offerte pour les intentions actuelles du pape.
  5. Un détachement complet de tout péché, même véniel — c'est la condition que l'enseignement de l'Église considère comme la plus difficile à remplir, puisqu'elle demande une disposition libre de tout attachement au péché en général, non simplement l'absence de péché mortel.

Si cette dernière condition de détachement complet n'est pas pleinement remplie, l'Église enseigne que l'indulgence n'est obtenue que partiellement plutôt que pas du tout — une nuance pastorale importante, puisque le détachement parfait du péché est une barre haute pour quiconque.

L'histoire qui rend tout cela suspect

Les indulgences pèsent lourd dans la mémoire populaire surtout à cause d'un abus précis du XVIe siècle : la vente d'indulgences, la plus tristement célèbre étant celle du frère dominicain Johann Tetzel, qui levait des fonds en partie pour la reconstruction de la basilique Saint-Pierre en prêchant que des indulgences pouvaient être achetées pour les morts. Cette pratique poussa Martin Luther à afficher ses 95 thèses à Wittenberg en 1517, un événement marquant conventionnellement le début de la Réforme protestante.

La propre réforme ultérieure de l'Église catholique traita cela directement. Le concile de Trente (1545-1563), convoqué en partie en réponse à la Réforme, condamna explicitement « tout gain honteux dans l'obtention des indulgences » et abolit purement et simplement la vente d'indulgences. Toute indulgence accordée par l'Église depuis a été liée à la prière, au pèlerinage, ou aux œuvres de charité et de piété — jamais à un paiement.

D'où vient l'idée de peine temporelle

Comprendre pourquoi l'Église distingue la faute de la « peine temporelle » exige un peu plus de théologie sous-jacente. L'enseignement catholique tient que même après que le péché est pardonné et sa conséquence éternelle levée, le péché tend encore à laisser un attachement aux choses créées et une sorte d'effet désordonnant qui appelle une purification supplémentaire — ce que le Catéchisme décrit comme nécessitant « soit ici-bas, soit après la mort dans l'état appelé Purgatoire » (CEC 1472). C'est pourquoi l'Église encourage depuis longtemps des actes concrets de pénitence même après la confession et l'absolution : prière, jeûne, aumône et autres œuvres de charité sont comprises comme des manières de résorber cette dette temporelle durant la vie, plutôt que d'en laisser la totalité à purifier après la mort. Une indulgence fonctionne dans ce cadre comme un geste de l'Église puisant dans ce qu'elle appelle le trésor des mérites — les mérites surabondants du Christ et des saints — et les appliquant, selon les conditions précises ci-dessus, pour remettre tout ou partie de cette peine temporelle restante au nom d'une personne.

Des indulgences pour les défunts

Un usage des indulgences qui surprend les personnes peu familières du sujet : elles peuvent être offertes au nom des âmes des défunts que l'on croit au purgatoire, mais jamais pour d'autres personnes vivantes. Cela reflète la doctrine catholique de la communion des saints — la croyance selon laquelle l'Église comprend les vivants, les défunts en cours de purification au purgatoire, et les saints au ciel, unis en une seule famille spirituelle où la prière et les bonnes œuvres peuvent être offertes les uns pour les autres à travers cette frontière. Offrir une indulgence pour un parent ou un ami défunt demeure l'une des façons les plus courantes dont les catholiques mettent cet enseignement en pratique aujourd'hui, en particulier durant le mois de novembre, traditionnellement dédié à la prière pour les défunts, et durant les Années jubilaires désignées, lorsque l'Église étend souvent des indulgences plénières spéciales liées au pèlerinage.

Trivia

Quelle est la définition exacte d'une indulgence par l'Église catholique ?
Le Catéchisme la définit comme « la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour des péchés déjà pardonnés quant à la faute », qu'un fidèle bien disposé obtient sous certaines conditions par l'action de l'Église (CEC 1471). Elle ne pardonne pas le péché lui-même — seule la confession sacramentelle le fait — et ne s'applique pas au péché mortel non confessé.
Quelle est la différence entre une indulgence plénière et une indulgence partielle ?
Une indulgence plénière remet la totalité de la peine temporelle due pour un péché déjà pardonné, tandis qu'une indulgence partielle n'en remet qu'une partie. On ne peut obtenir qu'une seule indulgence plénière par jour (à l'exception de l'heure de la mort), tandis que les indulgences partielles n'ont pas cette limite quotidienne.
Quelles sont les conditions requises pour obtenir une indulgence plénière ?
L'Église requiert : accomplir l'œuvre indulgenciée précise (comme un pèlerinage vers une église désignée, ou un autre acte nommé dans l'Enchiridion des indulgences) ; la confession sacramentelle ; recevoir la sainte communion ; prier aux intentions du pape ; et un détachement complet de tout péché, même véniel. La confession et la communion peuvent être accomplies dans un délai d'environ une semaine avant ou après l'acte indulgencié.
Peut-on encore acheter une indulgence dans l'Église catholique aujourd'hui ?
Non. La vente d'indulgences fut l'abus médiéval précis qui provoqua la Réforme protestante, et le concile de Trente (1545-1563) condamna et abolit explicitement la pratique de lier des indulgences à un paiement monétaire. Toutes les indulgences accordées par l'Église aujourd'hui sont liées à la prière, à des actes de charité, ou à des œuvres de piété, jamais à une transaction financière.
Une indulgence peut-elle être appliquée à quelqu'un déjà décédé ?
Oui — les indulgences peuvent être offertes au nom des âmes des défunts que l'on croit au purgatoire, mais non pour d'autres personnes vivantes ; cela reflète l'enseignement de l'Église sur la communion des saints, selon lequel les prières et bonnes œuvres des vivants peuvent bénéficier aux âmes encore en cours de purification.
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