Pourquoi croire en Dieu ? Cinq arguments et deux convertis qui les ont vécus
Une question qui précède tous les arguments qui la soutiennent
On arrive rarement à « pourquoi croire en Dieu » comme un étudiant en philosophie aborde un problème de logique — froidement, avec détachement, en déroulant des prémisses. La question surgit généralement déjà chargée : un enterrement, un diagnostic, une conversation tardive avec un ami convaincu qu'il n'y a rien au-delà de ce qu'on peut mesurer. Les arguments qui suivent sont réels, et l'enseignement catholique les prend assez au sérieux pour affirmer que l'existence de Dieu peut être connue avec certitude à partir du monde créé, par la lumière naturelle de la raison humaine (cf. CEC 36, citant Dei Filius du premier concile du Vatican). Mais les arguments seuls convertissent rarement quiconque. Il vaut la peine de regarder ce qui s'est passé lorsque deux des esprits les plus aiguisés de l'histoire chrétienne — l'un au quatrième siècle, l'autre au vingtième — ont eux-mêmes affronté la question.
Philippe de Champaigne, Saint Augustin, v. 1645-1650, domaine public (Wikimedia Commons).
Augustin : à force d'arguments circulaires, jusqu'à ne plus pouvoir continuer
Saint Augustin d'Hippone n'était pas un homme simple arrivant à une foi simple. Il était rhéteur de métier, formé à défendre n'importe quel camp de n'importe quelle question, et pendant plus de dix ans il essaya vision du monde après vision du monde — des années chez les manichéens, une secte qui lui offrait une explication bien nette du mal fondée sur deux forces cosmiques rivales, puis une période de philosophie sceptique qui mettait en doute la possibilité même d'une certitude, quelle qu'elle soit. Rien ne tint. Il décrit toute cette quête, avec une honnêteté brutale, dans les Confessions — un homme assez habile pour défendre presque n'importe quelle position, et malheureux précisément parce qu'aucune des positions qu'il pouvait défendre ne correspondait à ce qu'il découvrait lorsqu'il regardait honnêtement le monde et lui-même.
Le tournant ne vint pas d'un argument imparable. Il vint dans un jardin de Milan, où Augustin, en larmes devant une vie qu'il n'arrivait pas à réparer, entendit ce qui ressemblait à une voix d'enfant chantant « prends et lis ». Il ouvrit un livre des lettres de Paul à un passage qui lui parut écrit spécialement pour lui, et l'errance cessa. Ce qui compte pour la question de la foi elle-même, c'est ce qui précéda ce moment : des années durant lesquelles l'intelligence d'Augustin testa toutes les alternatives disponibles et les trouva incapables de répondre à ce qu'il résuma plus tard en une phrase : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu'il ne repose en toi. » Ce n'est pas une simple humeur. C'est proche de ce que les philosophes appellent l'argument du désir : une aspiration que rien de fini ne comble jamais entièrement, qu'Augustin traite non comme la preuve d'une illusion, mais comme un indice pointant vers quelque chose de réel que cette aspiration était faite pour trouver.
Edith Stein : une philosophe qui n'a pas cessé de l'être
Sainte Edith Stein rend le cas encore plus difficile à écarter comme simple pensée magique, car elle fut, à tous points de vue, l'un des esprits les plus rigoureux de sa génération. Élève d'Edmund Husserl, fondateur de la phénoménologie, elle obtint son doctorat de philosophie en 1916 — l'une des premières femmes en Allemagne à y parvenir — et avait, de son propre aveu, dérivé du judaïsme familial vers un agnosticisme installé. Elle ne cherchait pas Dieu lorsque, en visite chez des amis en 1921, elle prit l'autobiographie de Thérèse d'Avila, mystique carmélite espagnole du seizième siècle. Elle la lut d'une traite, toute la nuit, sans s'arrêter, et la referma en disant, dit-on, seulement : « C'est la vérité. »
Ce qui frappe, c'est ce qu'elle fit ensuite : elle n'abandonna pas la philosophie pour la piété. Elle continua d'enseigner et de donner des conférences pendant les années suivantes avant d'entrer au Carmel en 1934. Sa conversion ressemble moins à une fuite émotionnelle hors de la pensée rigoureuse qu'à une pensée rigoureuse arrivant là où elle ne s'attendait pas à atterrir — et y restant, sous examen, pour le reste de sa vie. C'est en soi une forme de témoignage qui mérite d'être pesée : non une preuve au sens géométrique, mais le témoignage de quelqu'un disposant de tous les outils intellectuels pour interroger une affirmation avant de l'accepter, faisant exactement cela, et l'acceptant tout de même.
Cinq arguments, en bref
La tradition catholique ne fonde pas son argumentation en faveur de l'existence de Dieu sur les seuls récits de conversion, aussi émouvants soient-ils. Plusieurs arguments classiques reviennent à travers des siècles de théologie et de philosophie :
- La contingence. Rien dans l'univers n'explique sa propre existence — chaque objet, chaque événement, chaque personne dépend de quelque chose d'antérieur. En remontant cette chaîne, des philosophes d'Aristote à Thomas d'Aquin soutiennent qu'une chaîne de choses purement dépendantes ne peut s'expliquer elle-même ; quelque chose doit exister par soi-même. Le Catéchisme le formule simplement : le monde et l'homme attestent qu'ils ne portent en eux ni leur premier principe ni leur fin dernière (cf. CEC 34).
- L'ordre et le dessein. L'univers fonctionne selon des lois intelligibles plutôt que dans le chaos — un fait sur lequel les scientifiques s'appuient chaque jour sans pouvoir expliquer pleinement pourquoi la réalité devrait être ordonnée et compréhensible.
- L'argument moral. Des cultures radicalement différentes reconnaissent une véritable loi morale — un sens partagé que certaines choses (la cruauté gratuite, la trahison de l'innocent) sont réellement mauvaises, non simplement désapprouvées localement. D'où vient une telle autorité, sinon de quelque chose au-delà des préférences humaines ?
- L'argument du désir, que la vie d'Augustin illustre directement : des aspirations au sens, à la permanence, à un amour qui ne finit pas — que rien de fini ne comble jamais entièrement.
- L'expérience religieuse, traitée avec prudence : l'expérience répandue de rencontrer quelque chose au-delà de soi, difficile à écarter comme pure illusion lorsqu'elle se répète, à travers les siècles, chez des esprits peu enclins à la crédulité.
La raison mène jusqu'au seuil
Il vaut la peine d'être honnête sur les limites ici, car l'Église elle-même l'est. L'enseignement de Vatican I selon lequel l'existence de Dieu est connaissable « avec certitude » par la raison est un véritable enseignement défini, non une phrase en passant (cf. CEC 36). Mais le Catéchisme ajoute, presque aussitôt, que cette connaissance n'est pas immédiate — on peut la manquer, y résister, ou la voir obscurcie par de fausses idées sur Dieu, par le mauvais exemple des croyants, ou par une simple réticence à prendre la question au sérieux (cf. CEC 37). Des années de discussion avec les manichéens n'ont pas converti Augustin. La formation philosophique d'Edith Stein n'a pas non plus, à elle seule, produit sa conversion — il a fallu une seule nuit imprévue avec un livre qui n'était pas de la philosophie. La raison mène de façon fiable jusqu'à la conclusion qu'affirmer une cause première, un législateur moral, est plus raisonnable que le nier. Ce qui porte une personne de cette conclusion jusqu'à une relation réelle avec Dieu, c'est ce que l'Église appelle la foi — non opposée à la raison, mais non réductible à elle non plus.
Ce que leurs histoires prouvent réellement
Ni Augustin ni Stein n'offrent un argument décisif qui tranche la question pour tout lecteur. Ce qu'ils offrent est plus difficile à écarter : le témoignage direct de deux personnes disposant de toutes les capacités pour résister à une affirmation peu convaincante, selon lequel la recherche de Dieu n'est pas une recherche que la raison doit abandonner pour aboutir. Augustin continua d'argumenter toute sa vie, des décennies après sa conversion. Stein continua d'enseigner la philosophie après la sienne. La foi, pour l'un comme pour l'autre, n'a pas remplacé leur esprit. Elle lui a donné, enfin, un lieu où se reposer.





