La cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle

La légende raconte que tout commença avec un berger suivant d'inexplicables lumières dans le ciel nocturne, et un roi qui se déplaça pour vérifier par lui-même. Au fil des mille années suivantes, ce champ isolé du nord-ouest de l'Espagne devint une cathédrale, et le chemin qui y menait devint l'une des routes de pèlerinage les plus parcourues au monde — le tout bâti autour d'une affirmation : les ossements d'un apôtre reposeraient sous le maître-autel.

Un champ d'étoiles

Selon la tradition, l'histoire commence au début du IXe siècle, lorsqu'un ermite nommé Pélage rapporte avoir vu d'étranges lumières au-dessus d'un champ boisé, dans la région isolée de Galice, à l'extrême nord-ouest de l'Espagne. En suivant ces lumières, il aurait découvert un tombeau contenant des restes identifiés comme ceux de saint Jacques le Majeur — l'un des douze apôtres de Jésus, dont le ministère, selon une tradition distincte et bien plus ancienne, se serait étendu jusqu'en Espagne avant son martyre à Jérusalem. Les lecteurs curieux de l'apôtre lui-même trouveront son histoire dans l'article de ce blog sur saint Jacques le Majeur.

Une photographie de 1901 de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle tirée d'un guide de voyage

Photographie tirée de « Spain and Portugal: Handbook for Travellers », 1901 — domaine public.

La nouvelle parvint à Alphonse II, roi des Asturies, qui se rendit lui-même sur les lieux pour vérifier la découverte — faisant de lui, selon la tradition, le tout premier pèlerin de ce qui allait devenir Saint-Jacques-de-Compostelle. Le nom du lieu lui-même est populairement rattaché au latin campus stellae, « le champ de l'étoile », bien que l'étymologie reste débattue parmi les linguistes, certains faisant plutôt dériver « Compostela » d'un mot latin désignant un lieu de sépulture. Alphonse ordonna la construction d'une petite église sur le site pour marquer et protéger cette découverte.

D'une modeste chapelle au géant roman

Cette première église était modeste comparée à ce qui suivit. À mesure que la nouvelle des reliques se répandait dans la chrétienté médiévale, Saint-Jacques-de-Compostelle devint l'une des trois grandes destinations de pèlerinage du monde chrétien, aux côtés de Jérusalem et de Rome. L'ampleur de l'affluence des pèlerins finit par exiger un bâtiment beaucoup plus vaste, et la construction de la grande cathédrale romane qui subsiste encore, en grande partie, aujourd'hui commença — les travaux débutèrent en 1075 et se poursuivirent pendant des décennies, financés par le flux constant de pèlerins et par le mécénat royal et ecclésiastique à travers toute l'Europe.

Les siècles suivants ajoutèrent d'autres strates : des chapelles gothiques, une façade baroque élancée, achevée au XVIIIe siècle et qui domine aujourd'hui la place principale de la cathédrale, et le célèbre botafumeiro, un immense encensoir que les pèlerins voient encore aujourd'hui balancer de façon spectaculaire à travers le transept lors d'occasions spéciales, laissant derrière lui une traînée d'encens au-dessus de la foule.

Les reliques sous l'autel

Au cœur du bâtiment, tant physiquement que dans la dévotion qu'il inspire, se trouve la crypte sous le maître-autel, où une urne d'argent est dite renfermer les restes de saint Jacques, aux côtés de reliques attribuées à deux de ses premiers compagnons, Athanase et Théodore. Les pèlerins descendent traditionnellement dans la crypte pour voir l'urne directement, et beaucoup suivent aussi la coutume ancienne d'embrasser une statue de l'apôtre placée au-dessus de l'autel, comme geste final au terme de leur voyage.

Il convient d'être honnête sur ce qui peut, ou non, être vérifié ici : aucune preuve historique ou archéologique indépendante n'établit de façon définitive que ces reliques sont bien celles de saint Jacques. La tradition repose sur le récit du IXe siècle relatant leur découverte et sur une chaîne ininterrompue de pratique dévotionnelle s'étendant sur bien plus de mille ans. L'Église catholique n'a jamais publié de déclaration dogmatique faisant de l'authenticité des reliques un objet de croyance requise — cela demeure, à juste titre, une question de tradition pieuse plutôt que de doctrine définie, comme c'est le cas pour de nombreuses autres reliques vénérées à travers le monde chrétien.

Un encensoir géant, actionné à la corde et à la force des bras

Le botafumeiro mérite plus qu'une mention en passant, tant il s'agit de l'une des traditions vivantes les plus saisissantes de la cathédrale plutôt que d'une pièce de musée. L'encensoir actuel pèse environ 80 kilogrammes et pend d'un système de poulies près de la croisée du transept ; les jours de grande fête, une équipe d'hommes appelés tiraboleiros tire sur un jeu de cordes pour le balancer en un arc immense sur toute la largeur de l'église, atteignant des vitesses qui le portent à quelques dizaines de centimètres des murs à chaque extrémité de sa course. La coutume s'explique traditionnellement de deux façons : comme mesure pratique destinée à masquer l'odeur des pèlerins médiévaux, épuisés et peu lavés, entassés dans la nef après des semaines de marche, et comme offrande dévotionnelle d'encens à une échelle réellement spectaculaire. Les deux explications ont probablement été vraies à différents moments de ses siècles d'usage, et le spectacle continue d'attirer des visiteurs qui n'ont, ce jour-là, aucune autre raison de se trouver dans la cathédrale.

Une Porte sainte qui ne s'ouvre que certaines années

Saint-Jacques-de-Compostelle observe aussi sa propre version d'une coutume plus généralement associée à Rome : une Porte sainte, appelée localement Puerta Santa, qui demeure normalement scellée et n'est ouverte cérémoniellement que lors d'une Année sainte jacquaire — toute année où la fête de saint Jacques, le 25 juillet, tombe un dimanche. Les pèlerins qui franchissent cette porte durant l'une de ces années désignées, combinée aux conditions habituelles de confession, de communion et de prière, peuvent recevoir une indulgence plénière, l'un des bienfaits spirituels précis rattachés à l'accomplissement du pèlerinage selon l'enseignement de l'Église sur les indulgences. Les pèlerins ayant parcouru à pied au moins les cent derniers kilomètres du Camino (ou deux cents à vélo) peuvent également se présenter au Bureau des pèlerins de la cathédrale pour recevoir la Compostela, un certificat officiel d'accomplissement devenu, pour beaucoup de marcheurs, un souvenir aussi significatif que la destination elle-même.

Le chemin qui a fait la destination

Ce qui distingue Saint-Jacques-de-Compostelle de bien d'autres lieux de pèlerinage, c'est que le voyage jusqu'à ce site est devenu, avec le temps, tout aussi important que la destination elle-même. Le Camino de Santiago — le Chemin de Saint-Jacques — s'est développé à partir du Moyen Âge en un réseau de routes traversant la France, l'Espagne et au-delà, jalonné de coquilles Saint-Jacques (symbole traditionnel associé au pèlerinage) et ponctué d'hospices, d'églises et de haltes construites spécifiquement pour soutenir les voyageurs à pied.

La popularité du Camino déclina un temps après le Moyen Âge, mais elle a connu un essor spectaculaire au cours des dernières décennies, attirant des centaines de milliers de marcheurs chaque année — beaucoup l'accomplissant pour des raisons explicitement religieuses, d'autres pour des motifs culturels, historiques ou personnels. En 1985, la vieille ville de Saint-Jacques-de-Compostelle, cathédrale comprise, fut inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, et les itinéraires du Camino eux-mêmes reçurent une reconnaissance similaire de l'UNESCO peu après, consacrant le statut du site comme l'une des traditions de pèlerinage les plus durables encore activement pratiquées aujourd'hui dans le monde.

Trivia

De qui sont les reliques conservées à la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle ?
La tradition veut que les restes de saint Jacques le Majeur, l'un des Douze Apôtres, reposent dans une urne d'argent, dans une crypte sous le maître-autel de la cathédrale, aux côtés de reliques attribuées à deux de ses disciples, Athanase et Théodore.
Que signifie « Santiago de Compostela » ?
« Santiago » est l'espagnol pour saint Jacques, et « Compostela » est populairement expliqué comme dérivant du latin campus stellae, « le champ de l'étoile », en référence à la légende du berger guidé jusqu'au site par des lumières dans le ciel, bien que l'origine linguistique précise du nom reste débattue par les spécialistes.
Qu'est-ce que le Camino de Santiago ?
Le Camino de Santiago, ou Chemin de Saint-Jacques, est un réseau de routes de pèlerinage historiques traversant l'Europe et convergeant vers Saint-Jacques-de-Compostelle ; il est parcouru depuis le haut Moyen Âge et demeure aujourd'hui l'une des expériences de pèlerinage les plus populaires au monde, attirant à la fois pèlerins religieux et randonneurs laïcs.
Quel âge a le bâtiment actuel de la cathédrale ?
La grande cathédrale romane que l'on voit aujourd'hui fut commencée en 1075, remplaçant une église antérieure, plus petite, construite au IXe siècle après la découverte rapportée des reliques de saint Jacques ; le bâtiment fut agrandi et modifié au cours des siècles suivants, ajoutant des éléments gothiques puis baroques, notamment sa célèbre façade occidentale baroque richement ornée.
Existe-t-il une preuve historique que saint Jacques est enterré à Saint-Jacques-de-Compostelle ?
Il n'existe aucun consensus scientifique ni preuve historique définitive ; la tradition repose sur un récit du IXe siècle relatant la découverte des reliques et sur des siècles de pratique dévotionnelle ininterrompue, et l'Église catholique la traite comme une tradition vénérable et pieuse plutôt que comme un fait défini dogmatiquement.
✦   Link copied

Find us

Explore the full collection and bring sacred art into your home.