Notre-Dame du Perpétuel Secours

Une icône de Marie et de l'Enfant Jésus resta accrochée pendant des décennies dans une église romaine, discrètement vénérée, jusqu'à ce qu'un marchand la vole et qu'elle disparaisse de la dévotion publique pendant près de quarante ans. Ce qui la ramena finalement au jour ne fut ni le travail d'un enquêteur ni une découverte fortuite — ce fut, selon la tradition entourant sa redécouverte, le dernier vœu d'un enfant qui affirmait que Marie elle-même lui avait indiqué où la trouver.

Une icône plus ancienne que sa demeure romaine

L'image connue sous le nom de Notre-Dame du Perpétuel Secours est une icône de style byzantin, que la tradition fait remonter à l'île de Crète, sans doute peinte quelque part à la fin du Moyen Âge. Elle représente Marie tenant l'Enfant Jésus tout contre elle, son expression grave plutôt que sereine — et l'enfant lui-même est représenté non pas regardant sa mère, mais tourné vers un ange portant les instruments de la Passion, la croix et les clous. Ce détail est central dans la manière dont l'image a toujours été lue théologiquement : même enfant, Jésus est représenté conscient de la souffrance qui l'attend, et l'expression de Marie reflète cette même connaissance anticipée plutôt qu'une simple tendresse maternelle.

Notre-Dame du Perpétuel Secours, icône de style byzantin, XVe siècle

« Notre-Dame du Perpétuel Secours », XVe siècle, auteur inconnu. Domaine public (Wikimedia Commons).

L'icône suit un type byzantin bien reconnaissable, parfois appelé icône « Strastnaïa » ou de la « Passion » dans la tradition iconographique orientale, dans laquelle deux archanges — habituellement identifiés comme Michel et Gabriel — encadrent la Vierge et l'Enfant en portant entre eux les instruments de la Passion. Un détail minuscule et facilement négligé, souvent relevé par ceux qui étudient l'icône de près, est que l'une des sandales de l'Enfant Jésus s'est détachée et pend à son pied, comme s'il s'était tourné si soudainement vers la vision de la croix que sa sandale avait glissé — une touche minuscule et humaine au sein d'une composition par ailleurs formelle et symbolique. Des icônes de ce type général furent peintes et vénérées à travers le monde byzantin et post-byzantin pendant des siècles ; ce qui distingue celle-ci en particulier tient simplement à l'histoire précise et documentée de l'objet physique lui-même, et à la dévotion qui s'est développée autour de ce panneau unique plutôt qu'autour du type en général.

Volée, et disparue de la vue publique pendant des décennies

À un moment donné après son arrivée à Rome, l'icône est placée dans une église où elle devient objet de dévotion locale — jusqu'à ce qu'elle soit dérobée par un marchand, selon le récit traditionnel entourant son histoire, et disparaisse pratiquement de la vénération publique pendant près de quarante ans. La manière exacte dont elle fut conservée durant cette période, et où, ne fait pas partie de la tradition bien documentée ; le récit s'attache plutôt à la façon dont elle refit surface.

La tradition veut que ce marchand, sur son lit de mort, ait confessé le vol et demandé que l'icône soit placée quelque part où elle recevrait de nouveau une vénération publique — une requête que sa famille n'aurait, dit-on, exécutée avec aucune urgence, ce qui explique en partie pourquoi l'image resta hors de vue publique aussi longtemps. Cet intervalle d'environ quarante ans signifiait que, lorsque l'icône refit surface, toute une génération de catholiques romains avait grandi sans jamais l'avoir vue — une véritable disparition, et non une simple relocalisation discrète.

Le rêve d'un enfant et la consigne d'un pape

La tradition veut que l'emplacement de l'icône ait été révélé par le témoignage d'un enfant mourant, qui rapporta que Marie lui était apparue et lui avait indiqué où l'image pouvait être trouvée. Quels que soient les détails précis de ce récit — qui, comme une grande partie de l'histoire ancienne de l'icône, relève de la tradition plutôt que d'un document établi — il conduisit à la redécouverte de l'icône, et en 1866 le pape Pie IX intervint personnellement, ordonnant qu'elle soit placée dans l'église Saint-Alphonse de Via Merulana, sur un site qui, fait notable, s'était lui-même autrefois trouvé près de l'ancienne église associée au premier séjour de l'icône. On rapporte largement que Pie IX aurait ordonné aux Rédemptoristes, à qui l'icône fut confiée, de « la faire connaître » — une consigne qu'ils prirent au pied de la lettre et poursuivirent pendant le siècle et demi qui suivit.

Une dévotion qui se répandit par un ordre religieux

Les Rédemptoristes — la même congrégation missionnaire que saint Jean Neumann avait rejointe des décennies plus tôt en Amérique — devinrent la principale force derrière la diffusion internationale de la dévotion à Notre-Dame du Perpétuel Secours. Des reproductions de l'icône se répandirent dans des paroisses à travers le monde, souvent accompagnées de la neuvaine perpétuelle, un ensemble de prières traditionnellement offertes le mercredi, devenue l'une des dévotions mariales les plus largement pratiquées du XXe siècle dans de nombreux pays, y compris les Philippines, où la dévotion à ce titre reste particulièrement vivace.

Une partie de ce qui permit à cette dévotion de voyager si efficacement tenait à sa portabilité, comparée à d'autres grands sanctuaires mariaux : plutôt que d'exiger un pèlerinage vers un lieu fixe unique, la neuvaine perpétuelle pouvait être priée partout où une paroisse disposait d'une reproduction de l'icône et d'un exemplaire des prières imprimées, que les Rédemptoristes diffusaient largement. Des églises, de Baltimore à Manille en passant par Lagos, adoptèrent des dévotions du mercredi bâties autour de cette image, et dans nombre de ces lieux, les paroisses « du Perpétuel Secours » devinrent assez courantes pour que ce titre fonctionne presque comme un nom de saint patron à part entière, indépendamment de l'icône précise de Rome qui lui donna naissance.

L'icône aujourd'hui

L'icône originale demeure exposée à Saint-Alphonse, à Rome, largement inchangée depuis que la décision de Pie IX l'y installa en 1866. L'Église célèbre la fête de Notre-Dame du Perpétuel Secours le 27 juin chaque année. Ce qui rend cette image inhabituelle parmi les dévotions mariales, c'est la manière dont elle se rattache directement à un objet physique précis et unique — la plupart des églises et des foyers affichant aujourd'hui « Notre-Dame du Perpétuel Secours » présentent une reproduction de cette même icône crétoise, plutôt qu'une représentation générique ou symbolique de Marie.

L'icône fut couronnée officiellement en 1867 par le chapitre vatican de la basilique Saint-Pierre, un honneur pontifical traditionnel réservé aux images jugées particulièrement importantes pour la dévotion catholique, consacrant son statut bien au-delà de celui d'une icône paroissiale ordinaire. Son histoire s'inscrit dans une tradition plus large d'images mariales aux histoires singulières de perte, de redécouverte ou d'origine miraculeuse — rappel que la dévotion mariale dans le monde catholique s'ancre souvent non dans une idée abstraite de Marie, mais dans des images, des lieux et des récits précis que des communautés ont portés au fil du temps, parfois pendant des siècles, parfois à travers une véritable interruption, comme ce fut le cas ici.

Trivia

Quel type d'image est Notre-Dame du Perpétuel Secours ?
C'est une icône de style byzantin, que l'on croit originaire de Crète, représentant Marie tenant l'Enfant Jésus, lequel regarde vers un ange portant les instruments de la Passion — la croix et les clous — un détail traditionnellement lu comme un signe de la connaissance anticipée par Jésus de sa propre souffrance.
Comment l'icône disparut-elle, et comment fut-elle finalement retrouvée ?
Selon le récit traditionnel, l'icône fut volée dans une église de Rome et passa entre des mains privées pendant des décennies, jusqu'à ce qu'un enfant mourant rapporte avoir appris en rêve où elle se trouvait ; cela conduisit à sa redécouverte et, en 1866, à son installation dans l'église Saint-Alphonse de Via Merulana à Rome, confiée à l'ordre des Rédemptoristes.
Quel rôle joua le pape Pie IX dans l'histoire de l'icône ?
Pie IX ordonna personnellement que l'icône soit placée dans l'église Saint-Alphonse, disant, selon une tradition largement répétée : « Faites-la connaître » — une consigne que les Rédemptoristes prirent comme base pour répandre la dévotion à Notre-Dame du Perpétuel Secours à l'échelle internationale.
Pourquoi les Rédemptoristes sont-ils spécifiquement associés à cette dévotion ?
Le pape Pie IX confia l'icône à l'ordre des Rédemptoristes (la Congrégation du Très Saint Rédempteur) en 1866, et l'ordre a depuis lors été responsable de la diffusion de la dévotion à Notre-Dame du Perpétuel Secours dans le monde entier, notamment à travers la célèbre neuvaine perpétuelle priée le mercredi dans les églises.
Quand la fête de Notre-Dame du Perpétuel Secours est-elle célébrée ?
Elle est célébrée le 27 juin chaque année, et l'icône elle-même demeure aujourd'hui exposée à l'église Saint-Alphonse à Rome, où d'innombrables copies et reproductions diffusées dans le monde entier tirent leur origine de cette unique image.
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