Saint Dismas — le bon larron, promis au Paradis

Deux criminels moururent de part et d'autre de Jésus, cet après-midi-là, au Calvaire. L'un employa ses dernières heures à railler l'homme qui agonisait à côté de lui. L'autre employa les siennes à demander miséricorde — et reçut, en retour, la promesse de paradis la plus directe que l'on trouve dans tous les Évangiles. Il n'avait accompli, de toute sa vie, pas une seule bonne action rapportée. Cela n'a eu aucune importance.

Deux larrons, deux réactions

L'Évangile de Luc rapporte que Jésus fut crucifié aux côtés de « deux malfaiteurs », l'un à droite et l'autre à gauche (Luc 23,32-33). Tandis que les trois hommes agonisaient, l'un des criminels transforma sa souffrance en moquerie : « N'es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi » (Bible de Jérusalem, Luc 23,39). L'autre criminel — celui que la tradition chrétienne appellera Dismas — le réprimanda au contraire : « Tu n'as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine ! Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes ; mais lui n'a rien fait de mal » (Bible de Jérusalem, Luc 23,40-41).

Icone de la Crucifixión montrant le Christ entre les deux larrons, dont saint Dismas le Bon Larron

Ioannis Moskos, « Crucifixión (Entre les deux larrons) », 1711, Institut hellénique de Venise — domaine public.

Il convient d'être précis sur ce que l'Évangile nous dit réellement, et ce qu'il ne dit pas. Luc ne nomme jamais l'un ou l'autre des deux criminels. Le nom « Dismas » vient de la tradition chrétienne postérieure — notamment de l'Évangile apocryphe de Nicodème, un texte non retenu dans le canon biblique — et est simplement devenu, au fil de nombreux siècles, le nom que la dévotion catholique emploie pour cette figure. Ce que l'Écriture nous donne n'est pas une biographie, mais une seule scène : un homme, condamné et mourant, qui, à son heure ultime, dit la vérité sur lui-même et sur l'homme innocent à ses côtés.

La crucifixion romaine réservait ce châtiment particulier surtout aux esclaves, aux rebelles et aux criminels violents, et l'accusation portée contre les deux hommes exécutés aux côtés de Jésus relevait sans doute plutôt du banditisme ou de l'insurrection contre l'autorité romaine que du simple vol au sens moderne — le mot « malfaiteurs » chez Luc implique presque certainement quelque chose de plus proche du brigandage armé ou de la rébellion, le genre de crime que Rome punissait avec une brutalité publique maximale, précisément pour dissuader les autres. Ce contexte accentue la scène plutôt qu'il ne l'adoucit : l'homme que la tradition appelle Dismas n'était pas un délinquant mineur subissant un châtiment disproportionné, mais quelqu'un qui, de son propre aveu un instant plus tard, considérait sa peine comme juste.

La tradition donna aussi un nom au larron impénitent — Gestas, tiré lui aussi de sources apocryphes plutôt que de l'Écriture — et certains de ces mêmes récits non canoniques qui nomment Dismas vont plus loin, affirmant que les deux hommes auraient croisé la route de la Sainte Famille des années plus tôt, durant la fuite en Égypte, Dismas ayant même fait preuve de clémence envers l'Enfant Jésus à cette occasion. Rien de tout cela n'apparaît dans les Évangiles, et il faut le lire strictement comme une légende superposée à l'histoire bien après les faits, du genre d'élaboration imaginative courante dans la littérature apocryphe qui cherchait à combler les vides laissés ouverts par les Évangiles canoniques. Ce que Luc nous donne réellement est bien plus dépouillé, et d'autant plus puissant par sa sobriété : deux criminels, deux réactions face à la même souffrance, et rien de plus sur leur vie antérieure.

« Aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis »

Ayant reconnu sa propre culpabilité, l'homme se tourne directement vers Jésus avec une demande qui ne réclame rien d'autre que la miséricorde : « Et il disait : Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume » (Bible de Jérusalem, Luc 23,42). Il ne demande pas à être épargné de l'exécution. Il ne revendique aucune bonne action, ne plaide aucune cause en sa faveur. Il demande simplement qu'on se souvienne de lui.

La réponse de Jésus est immédiate et sans réserve : « Et il lui dit : En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis » (Bible de Jérusalem, Luc 23,43). C'est l'une des promesses les plus saisissantes de tout le Nouveau Testament — accordée non pas à un disciple qui avait suivi Jésus pendant des années, ni à quelqu'un ayant accompli auparavant un acte de charité ou de foi rapporté, mais à un condamné, dans ses dernières heures, sur la seule force d'un revirement du cœur.

Une théologie de la miséricorde de dernière minute

La tradition catholique a longtemps considéré cet échange comme l'énoncé biblique le plus clair du fait que le salut dépend de la miséricorde de Dieu, et non de l'accumulation de bonnes œuvres tout au long d'une vie. Dismas devient, en somme, une preuve par l'exemple : quoi qu'il ait pu faire pour mériter une condamnation à mort en vertu du droit romain, ses dernières paroles n'effacent rien de cela, et pourtant la promesse du Christ demeure totale et immédiate — « aujourd'hui », non pas un jour futur, non après quelque autre épreuve.

C'est aussi pourquoi Dismas occupe une place singulière parmi les saints. L'Église ne le vénère pour aucune vertu, aucun enseignement, aucun ministère documenté — il n'en existe tout simplement aucun. Ce qui est vénéré, c'est la conversion elle-même : la reconnaissance de sa faute, la défense de la dignité d'un homme innocent alors même que les deux agonisaient, et la simple demande d'être gardé en mémoire, à laquelle répondit bien plus que ce que l'un ou l'autre des deux larrons aurait pu espérer demander.

Ce que « Paradis » signifiait pour un mourant

Le mot qu'emploie Jésus, « Paradis », vient d'un terme persan désignant à l'origine un jardin clos ou un parc royal, adopté en grec puis dans l'usage juif et chrétien primitif pour désigner la demeure des justes défunts — un sens déjà familier aux auditeurs juifs de l'époque de Jésus, à travers d'autres écrits religieux de la période. En promettant à Dismas le Paradis « aujourd'hui », Jésus n'offrait pas un espoir vague et lointain, mais une promesse immédiate : aucun processus de purification, aucune période d'attente, aucune épreuve supplémentaire à traverser. Cette immédiateté explique en partie pourquoi les théologiens ont toujours traité cet échange avec précaution aux côtés de l'enseignement de l'Église sur le jugement et la purification après la mort — non comme une contradiction, mais comme un rappel qu'un cœur véritablement tourné vers Dieu, même dans un unique dernier souffle, suffit pour que le Christ y réponde pleinement.

Un patron pour ceux qui pensent qu'il est trop tard

Parce que son histoire tient tout entière dans une conversion accomplie au tout dernier moment possible, Dismas est devenu tout naturellement le patron des mourants, des prisonniers condamnés, et de quiconque craint que trop de temps se soit écoulé, ou trop de mal ait été fait, pour que la miséricorde de Dieu puisse encore s'appliquer. L'Église catholique célèbre sa fête le 25 mars, et bien que relativement peu d'églises ou de sanctuaires portent son nom comparé à des saints dont le ministère est documenté depuis des siècles, son histoire demeure l'une des plus souvent racontées dans la prédication chrétienne sur la miséricorde — précisément parce qu'elle ne demande au lecteur rien de plus que l'honnêteté, et promet en retour tellement plus.

Certains programmes catholiques d'aumônerie en prison et en milieu hospitalier ont directement repris son nom, s'appelant « Dismas Ministries » ou de façon similaire — un choix approprié, puisque toute son histoire connue se déroule dans les deux lieux que son patronage couvre aujourd'hui le plus directement : un lieu de condamnation, et un lit de mort. Les lecteurs curieux du récit plus large de la crucifixion dont relève cette scène pourront aussi lire l'article sur le chemin de croix, la marche dévotionnelle à travers la Passion du Christ dans laquelle s'inscrit cet échange avec Dismas.

Trivia

Qui était saint Dismas dans la Bible ?
Dismas est le nom traditionnellement donné au criminel repenti crucifié aux côtés de Jésus, décrit dans l'Évangile de Luc comme l'un des « deux malfaiteurs » emmenés pour être exécutés avec lui (Luc 23,32). Le nom « Dismas » n'apparaît pas dans la Bible elle-même — il vient de la tradition chrétienne postérieure, notamment de l'Évangile apocryphe de Nicodème.
Qu'a réellement dit le bon larron à Jésus sur la croix ?
Selon l'Évangile de Luc, après avoir réprimandé l'autre criminel qui se moquait de Jésus et avoir reconnu sa propre culpabilité, il dit : « Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume » (Luc 23,42) — une simple demande de miséricorde, sans revendication d'aucun mérite personnel.
Que Jésus a-t-il promis au bon larron ?
Jésus lui répondit directement : « En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis » (Luc 23,43) — l'une des promesses de salut les plus directes de tout le Nouveau Testament, accordée non pas à un disciple qui l'avait suivi pendant des années, ni à quelqu'un ayant accompli un quelconque acte de charité ou de foi connu auparavant, mais à un condamné, dans ses dernières heures, sur la seule force d'un revirement du cœur.
Pourquoi saint Dismas est-il important dans la tradition catholique ?
Dismas est devenu le modèle classique de la conversion de dernière minute et de la miséricorde de Dieu, même envers le moins méritant — un saint vénéré non pas pour une vertu, un enseignement ou un ministère documenté, puisqu'il n'en existe tout simplement aucun, mais pour la conversion elle-même.
Quand est la fête de saint Dismas ?
L'Église catholique célèbre saint Dismas le 25 mars.
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