Sainte Claire d'Assise

Un sermon qui a changé le cours de sa vie
Le tournant de Claire vers la vie religieuse commença par un unique sermon. Née en 1194, fille aînée d'une famille noble d'Assise, elle était adolescente, un mariage approchant rapidement, lorsqu'elle entendit François d'Assise prêcher lors d'un office de carême à l'église San Giorgio. Ce qu'il dit la toucha assez profondément pour qu'elle aille le trouver ensuite et lui demande directement son aide pour vivre selon l'Évangile — une requête de la part d'une jeune noble qui aurait comporté un risque réel pour eux deux, compte tenu de la vie qu'elle était censée mener à la place.
Isidoro Arredondo, « Sainte Claire repoussant les infidèles avec l'Eucharistie », 1693 — domaine public.
La fuite de Claire ne mit pas fin à la résistance de sa famille — ce n'était en réalité qu'un commencement. Quelques jours après avoir prononcé ses vœux, plusieurs de ses parents masculins, dont des oncles, se présentèrent au couvent où François l'avait d'abord placée et tentèrent de l'en arracher de force, arguant que sa décision déshonorait la famille et pouvait encore être annulée. Claire se serait cramponnée à l'autel, découvrant ses cheveux fraîchement coupés pour leur montrer combien son engagement était déjà définitif, et ses parents finirent par se retirer. Un peu plus de deux semaines plus tard, sa jeune sœur Agnès la rejoignit secrètement dans cette même vie, provoquant une nouvelle tentative de la famille, cette fois pour arracher Agnès par la force — un effort que Claire et François auraient également repoussé avec succès. Les deux sœurs allaient partager des décennies de vie religieuse commune, un lien particulièrement étroit même au sein d'une communauté monastique.
Fuir sa propre famille pour prononcer des vœux religieux
Claire ne se contenta pas de demander une permission. Le dimanche des Rameaux de 1212, à dix-huit ans, elle fuit purement et simplement la maison de sa famille, et prononça, avec l'aide de François, ses vœux religieux cette même nuit. François la plaça au couvent de San Damiano, où elle allait servir comme abbesse pendant plus de quarante ans — une décision qui signifiait s'écarter entièrement du mariage et de la vie familiale qui avaient été arrangés pour elle, au profit d'une communauté que François et elle ne faisaient que commencer à bâtir.
Un combat de plusieurs décennies pour rester pauvre
L'insistance de Claire sur la pauvreté absolue n'était pas une simple formalité — c'était une position qu'elle dut défendre presque toute sa vie d'adulte face à des autorités ecclésiastiques qui jugeaient impraticable qu'une communauté religieuse permanente ne possède absolument rien, pas même collectivement. Plusieurs papes successifs offrirent à San Damiano des dispenses qui auraient permis à la communauté de détenir des biens et de garantir sa propre sécurité financière, une protection que d'autres couvents acceptaient volontiers ; Claire refusa chacune d'elles. Elle passa des décennies à solliciter ce qui deviendrait le Privilège de Pauvreté, une permission papale formelle autorisant sa communauté à vivre sans revenu ni bien garanti d'aucune sorte, comptant entièrement sur l'aumône. Le pape Innocent III accorda une première version de ce privilège au début de sa vie religieuse, mais il fallut attendre les deux jours précédant sa mort en 1253 pour que le pape Innocent IV confirme sa propre Règle de vie — y compris son insistance sur la pauvreté — comme constitution officiellement approuvée de son ordre, ce qui signifie que Claire faillit ne pas vivre assez longtemps pour voir le combat central de sa vie formellement reconnu.
La première règle monastique rédigée par une femme
À San Damiano, Claire fonda l'ordre des Dames pauvres — aujourd'hui connu sous le nom des Clarisses — dans la tradition franciscaine, et finit par en rédiger elle-même la Règle de vie, insistant sur ce qu'elle appelait la « pauvreté parfaite » et interdisant la possession de biens, même collectivement, par la communauté. Elle demeure le premier ensemble connu de règles monastiques jamais rédigé par une femme, un document fondateur façonné directement par la propre compréhension qu'avait Claire de ce qu'exigeait la vision originelle de François d'Assise — les deux demeurèrent des amis et collaborateurs spirituels proches pour le reste de la vie de François, celui-ci s'appuyant sur les conseils et les prières de Claire alors même que sa propre réputation de prédicateur grandissait à travers l'Europe.
Une ville sauvée par la seule Eucharistie
Parmi les légendes attachées à Claire, l'une se distingue par sa pure audace : lorsque des forces hostiles alliées à l'empereur Frédéric II prirent d'assaut les remparts d'Assise, Claire aurait fait élever l'Eucharistie par le chapelain du couvent à la fenêtre du réfectoire, en pleine vue des assaillants — et les soldats envahisseurs auraient alors reculé et battu en retraite à cette vue. Claire mourut en 1253 et fut canonisée à peine deux ans plus tard ; en 1958, le pape Pie XII la déclara patronne de la télévision, un honneur moderne pour une femme que l'on dit avoir autrefois défendu toute sa ville en ne tenant rien de plus que l'hostie consacrée.
La raison de ce patronage particulier fait elle-même partie de sa légende : dans les dernières années de sa vie, trop malade pour quitter son lit même pour assister à la messe, Claire aurait pu voir et entendre la liturgie de Noël célébrée dans l'église de San Francesco comme si elle était projetée sur le mur de sa propre chambre — une expérience que des autorités ecclésiastiques postérieures citèrent directement en la nommant patronne de la télévision au XXe siècle, traitant sa vision rapportée comme un précédent précoce de transmission d'images et de sons à distance. Claire fut canonisée en 1255 par le pape Alexandre IV, et sa fête est célébrée le 11 août, lendemain de l'anniversaire de sa mort. Les Clarisses qu'elle fonda demeurent, plus de huit siècles plus tard, l'un des plus grands ordres contemplatifs de femmes de l'Église catholique, suivant toujours une Règle de vie dont l'exigence centrale et durement acquise — ne rien posséder, et faire confiance que cela suffise — fut quelque chose que Claire dut défendre face à sa propre Église presque aussi obstinément qu'elle avait dû, autrefois, la défendre face à sa propre famille.
Trivia
Comment Claire a-t-elle rencontré François d'Assise pour la première fois ?
Comment Claire a-t-elle quitté sa famille pour suivre François ?
Qu'établissait la Règle de vie de Claire ?
Quelle est la légende de Claire sauvant Assise ?







