Les chérubins sur l'Arche d'Alliance

Dieu donna à Moïse des instructions détaillées pour un coffre de bois plaqué d'or — puis lui ordonna de le couronner de deux figures ailées, face à face, les ailes déployées au-dessus d'un couvercle d'or pur. Ce n'était pas de la décoration. De tous les lieux de l'univers où Dieu aurait pu promettre de rencontrer son peuple, il choisit l'espace étroit entre les ailes déployées de deux anges.
Cherub
Aimerais-tu la présence vigilante d'un chérubin aux ailes déployées dans ton foyer? Cherub

Un coffre d'or construit selon des mesures exactes

Les instructions de l'Exode 25 sont étonnamment précises pour ce qui n'est, au fond, qu'un coffre de bois: du bois d'acacia, « longue de deux coudées et demie, large d'une coudée et demie et haute d'une coudée et demie », plaqué d'or pur au-dedans et au-dehors, muni d'anneaux d'or et de barres de transport qui ne devaient jamais être retirées une fois insérées (Exode 25,10-15, Bible de Jérusalem). Quoi que l'Arche d'Alliance fût destinée à être, elle fut construite pour être portée — transportée par les prêtres, déplacée avec le peuple, jamais traitée comme un monument fixe boulonné à un endroit.

L'Arche d'Alliance avec deux chérubins dorés se faisant face au-dessus de sa couverture

James Tissot, The Ark of the Covenant (v. 1896), domaine public via Wikimedia Commons

Deux anges, face à face

C'est l'instruction qui suit immédiatement qui transforme un coffre transportable en tout autre chose. Dieu dit à Moïse de faire un propitiatoire d'or pur pour l'arche, et sur ce propitiatoire, deux chérubins « d'or repoussé », un à chaque extrémité, formés de la même pièce unique de métal que le propitiatoire lui-même (Exode 25,17-19, Bible de Jérusalem). Leur posture est spécifiée avec la même précision que le coffre au-dessous d'eux: des ailes « déployées vers le haut », protégeant le propitiatoire, les faces tournées l'une vers l'autre et vers le bas, « vers le propitiatoire » (Exode 25,20, Bible de Jérusalem). Ce n'est pas un ornement ajouté après coup à un objet déjà achevé — les chérubins et le propitiatoire qu'ils couronnent ont été conçus, et coulés, comme une seule pièce.

L'espace entre les ailes

Ce que Dieu dit ensuite est la raison pour laquelle ce détail compte: « C'est là que je te rencontrerai. C'est de sur le propitiatoire, d'entre les deux chérubins qui sont sur l'arche du Témoignage, que je te donnerai mes ordres pour les Israélites » (Exode 25,22, Bible de Jérusalem). De tous les lieux disponibles à un Dieu infini, l'Exode le décrit choisissant un point précis et mesurable — l'étroite ouverture entre les ailes de deux anges, au sommet d'un coffre construit à l'échelle humaine — comme le lieu d'où il parlerait. Les chérubins ne sont pas des gardiens postés pour tenir quelque chose à l'écart; leurs ailes définissent et protègent l'espace même où la parole de Dieu à Israël devait être donnée.

Un trône, non une plateforme d'atterrissage

Les livres postérieurs de l'Ancien Testament décrivent l'arche, et par extension les chérubins qui la surmontent, dans un langage de royauté plutôt que de simple mobilier sacré. Lorsque les anciens d'Israël envoient chercher l'arche avant une bataille contre les Philistins, l'Écriture identifie le Dieu qui lui est associé comme celui qui « siège sur les chérubins » (1 Samuel 4,4, Bible de Jérusalem) — les ailes fonctionnent comme un trône, l'espace vide au-dessus du propitiatoire étant compris comme le lieu où reposait la présence même de Dieu, bien qu'aucune image de Dieu lui-même n'ait jamais été faite ni permise. Les chérubins marquent le siège; ils n'ont jamais été faits pour représenter celui qui y est assis.

Des chérubins au-delà de l'Arche

La paire du propitiatoire n'était pas la seule mention de chérubins dans l'Écriture, et les mettre à côté des autres précise ce qui les distingue. Après qu'Adam et Ève sont chassés d'Éden, Dieu poste un chérubin — au pluriel dans certaines traductions — muni d'une épée flamboyante « pour garder le chemin de l'arbre de vie » (Genèse 3,24), un rôle de gardien bien plus familier. Des siècles plus tard, lorsque Salomon construit le Temple de Jérusalem pour abriter durablement l'arche, il commande deux chérubins colossaux en bois d'olivier, chacun haut de dix coudées, leurs ailes déployées couvrant toute la largeur du sanctuaire intérieur — une aile de chaque figure touchant le mur, l'autre touchant celle de son vis-à-vis au centre, directement au-dessus de l'arche (1 Rois 6,23-28). Le chérubin d'Éden tient quelque chose à l'écart; les chérubins du Temple, comme la petite paire d'or sur le propitiatoire de l'arche, veillent sur le lieu où Dieu a choisi d'être présent.

Pas ce que l'imagination populaire se représente

Le mot « chérubin » évoque aujourd'hui souvent le visage joufflu et inoffensif d'un nourrisson issu de l'art de la Renaissance — une tradition ayant de réelles racines dans l'iconographie chrétienne ultérieure, mais bien éloignée de ce que l'Exode décrit réellement. Les chérubins de l'Arche sont des figures ailées, sans visage décrit dans le texte, coulées en or et définies entièrement par leur fonction: des ailes qui protègent, des faces tournées vers l'espace sacré entre elles, une posture d'attention permanente plutôt que de décoration. Quelle que fût leur apparence complète, l'Exode s'intéresse bien davantage à ce qu'elles gardent et encadrent qu'à offrir au lecteur un portrait à imaginer.

Un objet sans fin connue

L'Arche, chérubins compris, reposa des siècles durant dans le Saint des Saints du Temple de Salomon, au cœur du culte d'Israël. L'Écriture ne consigne aucun récit de ce qui lui advint après que l'armée babylonienne eut détruit le Temple de Jérusalem en 587 av. J.-C. — elle disparaît simplement du récit biblique, et aucune trace confirmée de l'objet original n'a jamais refait surface malgré des siècles de recherches et de spéculations, dont certaines bien plus légendaires qu'historiques. Ce que l'Exode laisse derrière lui, c'est l'image elle-même: deux anges dorés, les ailes déployées l'une vers l'autre, marquant — plus clairement que presque tout autre chose dans l'Ancien Testament — un lieu unique et précis où le ciel, disait-on, rencontrait la terre.

Trivia

Que dit exactement l'Exode sur l'apparence des chérubins de l'Arche?
L'Exode ordonne qu'ils soient faits « d'or repoussé », un à chaque extrémité du propitiatoire de l'arche, formant un seul corps avec lui, les ailes « déployées vers le haut » protégeant le propitiatoire, leurs faces tournées l'une vers l'autre et vers le bas, vers le propitiatoire lui-même (Exode 25,18-20, Bible de Jérusalem).
Comment s'appelait exactement le couvercle entre les deux chérubins?
Il est habituellement traduit par « propitiatoire » — dans le texte de la Bible de Jérusalem de l'Exode 25,17-21, Dieu ordonne à Moïse de faire « un propitiatoire d'or pur » pour l'arche, et c'est de dessus ce propitiatoire, « d'entre les deux chérubins », que Dieu dit qu'il rencontrera Moïse et lui parlera (Exode 25,22, Bible de Jérusalem).
Les Israélites croyaient-ils que Dieu résidait littéralement entre les chérubins?
L'Écriture décrit Dieu comme « siégeant sur les chérubins » en lien avec l'arche (1 Samuel 4,4, Bible de Jérusalem) — l'espace entre leurs ailes fonctionnait comme une sorte de trône ou de lieu de rencontre pour la présence de Dieu, non comme une résidence littérale, puisque les mêmes textes décrivent par ailleurs Dieu comme présent partout. Cela exprimait sa présence particulière d'alliance avec Israël, concentrée en ce point sacré unique.
Les chérubins n'étaient-ils que des statues d'or sur l'Arche, ou apparaissaient-ils ailleurs?
La paire de l'Arche est la plus connue, mais des chérubins apparaissent dans tout l'Ancien Testament — gardant l'entrée d'Éden après la chute (Genèse 3,24), tissés dans les tentures du tabernacle, et sculptés dans les murs du Temple de Salomon, où deux chérubins colossaux en bois d'olivier se tenaient également au-dessus de l'arche, leurs envergures touchant les murs de part et d'autre (1 Rois 6,23-28).
Qu'est-il advenu des chérubins et de l'Arche elle-même?
L'Arche, chérubins compris, fut abritée dans le Saint des Saints du Temple de Jérusalem jusqu'à la conquête babylonienne de 587 av. J.-C., après quoi son sort n'est plus consigné dans l'Écriture. Aucune trace vérifiée de l'Arche originale n'a jamais été retrouvée, et sa disparition finale demeure, avec plusieurs traditions juives et chrétiennes ultérieures tentant de l'expliquer, l'une des questions ouvertes persistantes de l'archéologie biblique.
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