Saint Sébastien

Un soldat qui travaillait contre l'empire qu'il servait
Sébastien occupait une position de confiance réelle au sein de l'armée romaine — capitaine de la garde prétorienne, l'unité d'élite chargée de la protection de l'empereur lui-même, servant sous Dioclétien à une époque où les chrétiens subissaient une persécution active et organisée à travers tout l'empire. Selon la tradition, il aurait rejoint l'armée en partie précisément parce que son rang lui garantissait accès et couverture : officier au-dessus de tout soupçon, il pouvait circuler librement parmi soldats et prisonniers, visitant les chrétiens condamnés à mort et les encourageant à tenir bon dans leur foi jusqu'à l'exécution. Il utilisait cette position pour exactement le contraire de ce à quoi elle était destinée : soutenir et convertir discrètement des soldats au christianisme depuis l'intérieur même de l'institution chargée de le réprimer, gagnant même, dit-on, des membres de la maison du préfet lui-même avant que ses activités ne soient découvertes.
Sandro Botticelli, « Saint Sébastien », 1474 — domaine public.
Une exécution qu'il n'était pas censé survivre
Lorsque sa double vie fut découverte, la sentence fut sans détour : la mort par les flèches, un châtiment généralement réservé à l'exemple destiné à décourager d'autres soldats tentés par la même désobéissance. Des archers l'exécutèrent, et Sébastien fut laissé pour mort, transpercé dans une scène qui allait devenir l'une des images les plus fréquemment peintes de l'art chrétien — saisie, dans la version de Botticelli ci-dessus, à l'instant même de l'impact plutôt que dans ses suites, une composition à laquelle les artistes revinrent sans cesse au fil des siècles, en partie parce qu'elle leur permettait d'étudier la forme humaine dans une posture mêlant souffrance et endurance sereine. Mais il ne mourut pas. Une veuve nommée Irène de Rome, venue récupérer son corps pour l'ensevelir, le trouva encore vivant et le soigna en secret pendant plusieurs semaines, lui offrant une survie qui, en toute logique, aurait dû clore son histoire sur-le-champ.
Choisir l'affrontement plutôt que la sécurité
C'est ce que Sébastien fait de cette improbable seconde chance qui distingue son histoire de la plupart des récits de martyrs. Plutôt que de disparaître dans la clandestinité une fois rétabli, il se posta délibérément sur un escalier que Dioclétien avait l'habitude d'emprunter et confronta l'empereur directement, le condamnant ouvertement pour sa cruauté envers les chrétiens — une audace telle que Dioclétien, dit-on, ne reconnut pas d'abord l'homme qu'il croyait déjà avoir fait exécuter. Cela ne pouvait se terminer que d'une seule manière : arrêté de nouveau, il fut exécuté une seconde fois, cette fois à coups de bâton dans l'hippodrome impérial, une mort dont il n'y aurait pas de discret rétablissement, et son corps fut jeté dans le principal égout de Rome, la Cloaca Maxima, pour empêcher les chrétiens de le récupérer et de le vénérer comme relique.
Une réputation de survivant qui lui a survécu
Cette première survie improbable est précisément ce qui façonna le souvenir que l'on garda de Sébastien pendant des siècles par la suite. Les communautés frappées par la peste se tournèrent spécifiquement vers lui comme protecteur — raisonnant, en quelque sorte, qu'un homme ayant déjà enduré d'être transpercé de flèches et d'y survivre comprenait quelque chose à la survie face à ce qui semblait devoir tuer à coup sûr. Cette association s'approfondit durant les grandes épidémies de l'Europe médiévale, quand les flèches elles-mêmes étaient souvent comprises comme le symbole d'une maladie soudaine et invisible frappant ses victimes au hasard, rendant l'épreuve de Sébastien directement parlante pour des communautés vivant dans la crainte de la contagion. Sa dévotion connut un nouvel essor lors des épidémies de l'Italie de la Renaissance, ce qui explique en partie pourquoi tant des plus grands peintres de l'époque, non seulement Botticelli mais aussi le Titien et Mantegna, produisirent leur propre version de sa silhouette transpercée de flèches. C'est un patronage bâti moins sur un miracle unique que sur le simple fait, resté dans les mémoires, que l'histoire de Sébastien ne s'est pas achevée là où tout le monde l'attendait — une résilience qui inspira plus tard la dévotion à d'autres saints guerriers, dont saint Michel archange, vénéré dans un rôle différent mais apparenté, celui de défenseur du ciel lui-même contre le danger.
Une présence durable dans l'art et la vie civique
Peu de martyrs ont été représentés aussi souvent, ni sous une forme physique aussi frappante, que Sébastien, dont le corps jeune et athlétique attaché à un poteau ou à un arbre devint l'un des grands sujets récurrents de la peinture et de la sculpture occidentales à partir du début de la Renaissance. Au-delà de son rôle de protecteur contre la peste, des villes d'Italie et d'ailleurs l'adoptèrent comme patron civique, des confréries qui lui étaient dédiées organisant processions, œuvres charitables et prières publiques en particulier lors des épidémies, un schéma qui se répéta à travers l'Europe pendant des siècles chaque fois que la contagion frappait. Il demeure aujourd'hui également le patron des athlètes et des soldats, un patronage qui découle naturellement de l'endurance physique que son histoire met en avant, et sa fête, le 20 janvier, continue d'être célébrée avec une dévotion particulière à Rome, où la basilique Saint-Sébastien-hors-les-Murs, bâtie au-dessus des catacombes où ses reliques furent jadis vénérées, se dresse encore le long de l'antique voie Appienne.
Trivia
Quelle était la fonction de Sébastien avant son martyre ?
Comment Sébastien a-t-il été exécuté une première fois ?
Qu'a fait Sébastien une fois rétabli ?
Pourquoi Sébastien est-il associé à la protection contre la peste ?







