La Tour de Babel

Un seul peuple, parlant une seule langue, décida un jour de construire une tour assez haute pour atteindre le ciel lui-même — non par curiosité, mais pour ne jamais avoir à se disperser, pour ne jamais dépendre de rien au-delà de sa propre ambition. La réponse de Dieu ne fut pas de détruire la tour. Ce fut simplement de rendre les bâtisseurs incapables de se comprendre les uns les autres.
The Tower of Babel
Aimeriez-vous que la leçon d'humilité de Babel veille sur votre propre foyer ? The Tower of Babel

Une ville bâtie autant par crainte que par orgueil

Les bâtisseurs de Babel énoncent eux-mêmes clairement leur motif : « Allons ! bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre » (Genèse 11,4, Louis Segond). Il est facile d'y voir une simple histoire d'arrogance, mais les propres mots des bâtisseurs révèlent quelque chose qui se rapproche davantage de l'anxiété — une peur de la dispersion, de la perte de l'unité, de l'oubli. La tour devait être une assurance contre le dénouement même sur lequel l'histoire se termine.

Peinture détaillée d'une immense tour inachevée s'élevant au-dessus d'une ville, avec la construction encore en cours autour de sa base.

Pieter Brueghel l'Ancien, « La Tour de Babel », 1563, Kunsthistorisches Museum, Vienne — domaine public.

Pourquoi Dieu a visé leur langage, et non seulement la tour

Ce qui trouble Dieu dans ce projet n'est pas sa hauteur. C'est l'élan que procure une unité totale : « Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une même langue, et c'est là ce qu'ils ont entrepris ; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu'ils auraient projeté » (Genèse 11,6, Louis Segond). La réponse est précise plutôt que destructrice — ni feu, ni effondrement, mais confusion : « Allons ! descendons, et là confondons leur langage, afin qu'ils n'entendent plus la langue, les uns des autres » (Genèse 11,7, Louis Segond). Incapables de se coordonner, les bâtisseurs s'arrêtent simplement : « Et l'Éternel les dispersa loin de là sur la face de toute la terre ; et ils cessèrent de bâtir la ville » (Genèse 11,8, Louis Segond).

D'où vient le nom

La Genèse clôt l'histoire par sa propre explication intégrée : « C'est pourquoi on l'appela du nom de Babel, car c'est là que l'Éternel confondit le langage de toute la terre, et c'est de là que l'Éternel les dispersa sur la face de toute la terre » (Genèse 11,9, Louis Segond) — un jeu de mots direct en hébreu entre le nom Babel et le verbe signifiant « confondre ». La dispersion que les bâtisseurs craignaient le plus devient, au final, exactement ce que leur propre ambition provoque.

Une tour aux racines dans une architecture bien réelle

De nombreux chercheurs relient cette histoire aux immenses tours-temples à degrés, ou ziggourats, érigées dans l'ancienne Mésopotamie — des structures dont les ruines auraient été familières aux tout premiers auditeurs de l'histoire. Le célèbre tableau de Pieter Brueghel l'Ancien de 1563, présenté ci-dessus, imagine la tour exactement à cette échelle : une structure à moitié achevée si vaste qu'elle éclipse la ville et le port construits autour de sa base, la construction rampant encore vers le haut niveau par niveau, sans fin en vue — une image appropriée pour un projet dont le véritable défaut n'a jamais été son architecture, mais son refus d'imaginer la moindre limite.

Trivia

Que cherchaient réellement à faire les bâtisseurs de Babel ?
Selon la Genèse, ils voulaient « bâtir une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et se faire un nom, afin de ne pas être dispersés sur la face de toute la terre » (Genèse 11,4) — un projet motivé autant par la peur de la dispersion que par l'orgueil.
Pourquoi Dieu a-t-il confondu leur langage plutôt que de simplement détruire la tour ?
Le texte présente la langue commune comme la source de leur élan incontrôlé : « Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une même langue, et c'est là ce qu'ils ont entrepris ; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu'ils auraient projeté » (Genèse 11,6). Confondre le langage s'attaquait à la racine du problème plutôt qu'à la seule structure qu'ils avaient construite.
D'où vient le nom Babel ?
La Genèse l'explique directement : « C'est pourquoi on l'appela du nom de Babel, car c'est là que l'Éternel confondit le langage de toute la terre » (Genèse 11,9) — un jeu de mots en hébreu entre « Babel » et le verbe signifiant confondre.
Existe-t-il un édifice historique derrière cette histoire ?
De nombreux chercheurs relient l'histoire aux ziggourats mésopotamiens — d'immenses tours-temples à degrés érigées dans l'antique Babylone — bien que le récit biblique soit un récit théologique sur l'ambition humaine plutôt qu'un témoignage architectural.
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