La basilique Saint-François d'Assise
Un monument bâti vite, et bâti pour honorer un tombeau
François d'Assise mourut en 1226, et l'Église réagit ensuite avec une rapidité inhabituelle : il fut canonisé deux ans plus tard à peine, en 1228, par le pape Grégoire IX — le même pape qui posa cette année-là la première pierre de la basilique. L'église inférieure était en grande partie achevée vers 1230, date à laquelle le corps de François y fut transféré, et la construction se poursuivit vers le haut avec l'église supérieure, achevée en 1253. L'ensemble du projet fut donc édifié en l'espace d'une seule génération après la mort de François, tandis que des personnes l'ayant réellement connu étaient encore en vie pour le voir s'élever au-dessus de sa tombe.
Max Albert Hauschild, Basilique Saint-Francois d'Assise, 1836 - domaine public.
L'édifice se dresse sur une colline, à la lisière ouest d'Assise, sur un terrain qui, dit-on, était surnommé la « Colline de l'Enfer » avant le début de la construction, ayant autrefois servi aux exécutions — un détail que la tradition présente comme faisant partie de la transformation du site, changeant un lieu associé à la mort et au châtiment en l'une des destinations de pèlerinage les plus visitées de la chrétienté. Le frère Élie de Cortone, l'un des tout premiers compagnons de François et, à l'époque, ministre général de l'ordre franciscain, supervisa cet ambitieux chantier, et c'est lui qui insista le plus pour un monument de cette envergure — une décision qui le mit en désaccord avec d'autres frères, jugeant qu'elle trahissait la pauvreté que François avait lui-même vécue et prêchée. Ce désaccord interne sur la manière, voire l'opportunité, de commémorer François dans la pierre et la fresque devait resurgir à maintes reprises dans l'histoire franciscaine des siècles suivants.
Deux églises, un seul édifice
Ce qui rend la basilique architecturalement singulière, c'est qu'elle n'est pas une église, mais deux, superposées l'une directement sur l'autre. L'église inférieure a, par conception, un plafond bas, une pénombre et une allure de caverne — son architecture romane massive et ses chapelles latérales dans l'ombre créent une atmosphère intime, presque souterraine, qui convient à sa fonction d'espace bâti au plus près du tombeau de François, lequel repose dans une crypte en dessous.
L'église supérieure, à l'inverse, s'ouvre vers le haut sur un espace lumineux et élancé, l'un des tout premiers exemples d'architecture gothique en Italie et l'un des plus influents. De grandes verrières et une nef unique et large furent conçues expressément pour accueillir de vastes cycles de fresques racontant l'histoire de François à une échelle monumentale, sans être interrompues par les multiples petites chapelles que l'on trouve en dessous.
Les deux églises subirent de graves dommages lors du séisme de 1997 qui frappa l'Ombrie, causant la mort de quatre personnes à l'intérieur même de la basilique — dont deux frères franciscains et deux experts venus évaluer la structure — lorsqu'une partie de la voûte de l'église supérieure s'effondra pendant les répliques. Des pans des fresques de Cimabue et d'autres décors furent purement et simplement détruits, réduits à des milliers de fragments que les restaurateurs passèrent des années à trier méticuleusement et, quand cela était possible, à réassembler. La basilique rouvrit moins de deux ans plus tard, en novembre 1999 — un rétablissement d'une rapidité inhabituelle pour un monument de cette ampleur et de cette importance, qui témoigne à la fois de l'urgence que l'Italie accorda à sa restauration et des moyens déployés par le monde entier pour y parvenir.
Les fresques qui ont changé la manière de peindre
La renommée de l'église supérieure repose largement sur son cycle de 28 fresques consacrées à la vie de saint François, peintes vers 1297-1300. Pendant des siècles, ce cycle fut attribué entièrement au peintre florentin Giotto di Bondone, et on continue aujourd'hui de le connaître populairement sous le nom de « fresques de Giotto ». Depuis le début du XXe siècle, les historiens de l'art remettent de plus en plus en question cette attribution unique — la recherche actuelle en crédite généralement plusieurs peintres, parfois désignés sous le nom de Maître de la Légende de saint François et ses collaborateurs, travaillant aux côtés de Giotto ou après lui, plutôt que comme son œuvre exclusive.
Quels qu'en soient les auteurs, ces fresques marquèrent un tournant dans l'art occidental. Loin des figures plates et symboliques typiques de la peinture antérieure d'influence byzantine, le cycle d'Assise représente la vie de François avec un sens nouveau de l'espace physique, du geste individualisé et du réalisme émotionnel — des qualités qui allaient définir la peinture italienne pour les deux siècles suivants. Le long des murs du transept, le peintre florentin plus ancien Cimabue apporta ses propres fresques à peu près à la même époque, faisant de l'église supérieure un lieu rare où l'on peut observer côte à côte la transition entre deux époques de l'art italien.
Les scènes prises individuellement méritent d'être connues par leur nom, tant elles sont souvent reproduites séparément dans les manuels d'histoire de l'art : le cycle s'ouvre sur un simple laïc rendant hommage à François en déposant son manteau devant lui, se poursuit avec le renoncement de François à la richesse de son père, sa prédication aux oiseaux, sa réception des stigmates à la fin de sa vie, et se referme sur sa mort et les miracles posthumes qui suivirent. Cet accent final sur les miracles après la mort n'est pas anodin : la canonisation médiévale exigeait des miracles posthumes dûment documentés dans le cadre du dossier officiel de sainteté, et les fresques fonctionnent en partie comme un témoignage visuel de ces preuves mêmes, et non comme une simple narration dévotionnelle.
Un lieu de pèlerinage encore façonné par François lui-même
La basilique attire des pèlerins sans interruption depuis le XIIIe siècle, et elle demeure l'un des sites religieux les plus visités d'Italie, tout en assumant le rôle d'église mère de l'ordre franciscain fondé par François. Quiconque souhaite découvrir plus en détail l'histoire de l'homme que cette basilique fut bâtie pour honorer — sa conversion, son choix de la pauvreté, et le mouvement né de ces deux éléments — peut lire notre article consacré à saint François d'Assise lui-même.
De nombreux visiteurs et historiens ont relevé une ironie : François prêchait une pauvreté radicale et interdisait expressément à ses disciples de bâtir quoi que ce soit de grandiose, et pourtant l'église édifiée en son honneur devint l'un des bâtiments les plus ambitieux, sur le plan artistique, de son siècle. Les défenseurs de la basilique y ont généralement vu, plus qu'une contradiction, la propre manière de l'Église d'exprimer ce qu'elle croyait que la vie de François valait — un monument non pas à la richesse, mais à l'attrait durable d'un homme qui ne possédait presque rien.





