Saint Bernardin de Sienne, prêtre

Il entrait dans des cités déchirées par les querelles de familles rivales, les dettes de jeu et la violence des rues, et en quelques jours à peine, des foules entières brûlaient leurs cartes et leurs dés sur la place publique. Saint Bernardin de Sienne portait partout où il prêchait une petite tablette de bois, dont les lettres dorées épelaient le nom de Jésus, et à sa mort, elle était devenue l'un des symboles les plus reconnaissables de l'art chrétien. Sa voix, disent les historiens, pouvait, selon les récits, être entendue par des milliers de personnes en plein air, sans aucune amplification.

Qui était saint Bernardin de Sienne ?

Bernardin naît en 1380 à Massa Marittima, une petite ville perchée de Toscane, dans une famille de petite noblesse liée à la grande cité de Sienne. Orphelin dès l'âge de sept ans, il est élevé par une tante qui lui inculque une profonde dévotion à la Vierge Marie, dévotion qu'il gardera toute sa vie. Jeune homme à Sienne, il rejoint une confrérie vouée aux soins des malades, et en 1400, lorsque la peste s'abat sur la ville, le jeune Bernardin, âgé de vingt ans, prend en charge le principal hôpital de la cité, veillant des mois durant sur les mourants. Ce travail épuisant le rend lui-même gravement malade, et une fois rétabli, il a décidé de renoncer entièrement au monde.

Panneau peint sur fond d'or représentant saint Bernardin de Sienne en habit gris franciscain, tenant sa célèbre tablette de bois portant le monogramme rayonnant IHS du Saint Nom de Jésus.

Sano di Pietro, Saint Bernardin, vers 1450-1470 — domaine public.

À vingt-deux ans, il entre dans l'ordre franciscain, choisissant la branche la plus austère et la plus stricte des frères, celle des Observants, qui cherchaient à retrouver la simplicité de vie que saint François d'Assise avait établie deux siècles plus tôt. Il est ordonné prêtre en 1404, mais pendant plus de dix ans par la suite, il vit retiré, loin des regards, tourmenté par une voix faible et rauque qui semblait le disqualifier pour le ministère de la prédication auquel il se sentait appelé. La tradition rapporte qu'il passa des années dans la prière et l'exercice privé avant que cette voix ne se transforme en cet instrument puissant qui allait un jour rassembler des foules de plusieurs milliers de personnes à travers toute l'Italie.

Le prédicateur qui transforma un siècle violent

L'Italie du XVe siècle était une mosaïque de cités-États rivales, et la vie même de Bernardin coïncida avec certaines des querelles civiques et familiales les plus âpres qu'ait connues la péninsule — vendettas, addiction au jeu, usure et violences claniques capables de déchirer une ville pendant des générations entières. Vers 1417, Bernardin entreprend une campagne de prédication qui le conduira finalement à travers la plus grande partie de l'Italie centrale et septentrionale, prononçant des sermons qui duraient parfois trois ou quatre heures et attiraient des foules si nombreuses que les villes devaient ouvrir leurs places principales, faute d'église assez vaste pour les contenir.

Il prêchait dans l'italien populaire des rues plutôt qu'en latin liturgique, employait des récits vivants et des exemples concrets que les gens ordinaires pouvaient suivre, et n'hésitait pas à dénoncer nommément des péchés sociaux précis — l'usure, le jeu, la sodomie et les vendettas interminables entre familles et cités. Des témoins rapportent que des villes entières répondaient à ses sermons en brûlant publiquement du matériel de jeu, des cosmétiques associés à la vanité et d'autres symboles des comportements qu'il dénonçait, dans des bûchers qu'on en vint à appeler « bûchers des vanités » — une expression reprise plus tard, avec moins de piété, par Jérôme Savonarole à Florence, des décennies après lui.

Le Saint Nom et la tablette de bois

L'apport le plus durable de Bernardin à la dévotion chrétienne fut sa promotion du Saint Nom de Jésus. Il portait dans ses sermons une tablette de bois sur laquelle il avait peint les lettres IHS — un christogramme formé des trois premières lettres de « Jésus » en grec (IHΣΟΥΣ) — entourées de rayons dorés figurant le soleil. Au sommet de sa prédication, il levait la tablette et invitait la foule à vénérer ensemble le Saint Nom, une pratique destinée à détourner les loyautés farouches qui alimentaient les querelles familiales et civiques d'Italie vers une dévotion unique et partagée, capable d'unir une ville plutôt que de la diviser.

Le symbole connut un succès immense et se répandit rapidement dans les églises, les édifices publics et les demeures privées de toute l'Italie — on peut encore le voir aujourd'hui sculpté au-dessus des portes et peint sur les façades des villes de Toscane et d'Ombrie. Mais sa popularité attira aussi des soupçons. Certains théologiens et prédicateurs rivaux accusèrent Bernardin de favoriser une forme d'idolâtrie, arguant que vénérer un symbole écrit ressemblait de trop près à la superstition. Il fut convoqué à Rome et formellement examiné devant le pape Martin V vers 1427, et l'affaire fut réexaminée quelques années plus tard sous le pape Eugène IV. Les deux fois, il fut disculpé de toute erreur doctrinale, et l'approbation pontificale contribua à répandre la dévotion plus loin encore, au lieu de l'étouffer. Le Catéchisme de l'Église catholique affirme aujourd'hui que « l'invocation du saint Nom de Jésus est le chemin le plus simple de la prière continuelle » (CEC 2668), un écho moderne de la dévotion même à laquelle Bernardin consacra sa vie.

Réformateur de son propre ordre

Au-delà de sa prédication publique, Bernardin consacra une énergie considérable à réformer l'ordre franciscain de l'intérieur. Il exerça trois mandats comme vicaire général des franciscains Observants, la branche réformatrice vouée à une observance plus stricte de la règle originelle de pauvreté et de simplicité laissée par saint François, une règle que beaucoup de communautés avaient laissée se relâcher au fil du XVe siècle. Sous sa direction, le mouvement observant passa d'une poignée de maisons à des centaines de couvents à travers l'Italie, et son talent d'organisateur et d'administrateur — un héritage moins visible que sa prédication, mais tout aussi déterminant — contribua à assurer la survie et l'expansion du mouvement longtemps après sa mort. Il refusa aussi par trois fois d'être fait évêque, préférant demeurer un simple frère, libre de poursuivre sa prédication itinérante, un choix qui vint lui-même nourrir sa réputation d'humilité.

Mort, canonisation et mémoire durable

Bernardin meurt le 20 mai 1444, à Aquila (aujourd'hui L'Aquila), dans le centre de l'Italie, alors qu'il voyageait encore pour un nouveau périple de prédication malgré une santé déclinante. Il fut canonisé remarquablement vite — six ans seulement plus tard, en 1450, par le pape Nicolas V — signe de l'ampleur et de l'immédiateté de la vénération dont il jouissait à travers toute l'Italie, de son vivant même.

En raison de sa réputation d'orateur public parmi les plus persuasifs et les plus techniquement accomplis de son époque, l'Église le nomma plus tard patron des publicitaires et des professionnels de la communication, un honneur inhabituel mais approprié pour un homme dont toute la mission reposait sur le pouvoir de la parole à transformer les cœurs. Sa dévotion au Saint Nom se rattache naturellement à la tradition franciscaine plus large, portée par des saints ultérieurs tels que saint François d'Assise lui-même, ainsi qu'à d'autres prédicateurs réformateurs de la fin du Moyen Âge, dont saint Jean de Kęty, dont la vie austère et vouée à l'enseignement se déroula en Pologne à peu près au cours du même siècle. Le monogramme IHS que Bernardin rendit célèbre demeure aujourd'hui l'un des symboles les plus largement reconnus de l'art catholique, présent aussi bien sur les ornements liturgiques que sur l'architecture — trace discrète mais durable d'un frère qui croyait qu'un seul nom, dûment honoré, pouvait guérir une cité fracturée.

Trivia

Pour quoi saint Bernardin de Sienne est-il connu ?
C'était un frère franciscain et l'un des prédicateurs les plus influents de l'Italie du XVe siècle, célèbre pour avoir popularisé la dévotion au Saint Nom de Jésus, symbolisée par le monogramme IHS, et pour avoir réformé l'observance de la règle fondatrice au sein de l'ordre franciscain.
Que signifie le symbole IHS sur la tablette de saint Bernardin ?
IHS est un christogramme — une abréviation de l'orthographe grecque du nom de Jésus (IHΣΟΥΣ) — que Bernardin présentait sur une tablette de bois entourée de rayons pendant ses sermons, pour orienter la dévotion de ses auditeurs vers le Christ plutôt que vers lui-même ou vers les loyautés claniques.
Pourquoi saint Bernardin fut-il l'objet d'une enquête de l'Église ?
Sa promotion du symbole du Saint Nom éveilla chez certains ecclésiastiques des soupçons d'hérésie et d'idolâtrie, et il fut formellement examiné à Rome ; le pape Martin V, puis le pape Eugène IV, le disculpèrent tous deux après examen, et la dévotion continua de se répandre avec l'approbation pontificale.
De quoi saint Bernardin de Sienne est-il le saint patron ?
Il est honoré comme patron des publicitaires, des professionnels des relations publiques et des métiers de la communication, en grande partie à cause de sa réputation de prédicateur parmi les plus persuasifs et les plus techniquement accomplis de son époque.
Quand célèbre-t-on la fête de saint Bernardin de Sienne ?
Sa fête est célébrée le 20 mai, anniversaire de sa mort en 1444 à Aquila, en Italie.
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