Saint Joseph de Copertino
Un garçon lent et maladif dont personne n'attendait grand-chose
Giuseppe Desa naquit en 1603 à Copertino, une petite ville du talon de l'Italie, dans des conditions si pauvres que sa mère, dit-on, le mit au monde dans une étable derrière la maison familiale, leur propre logis ayant été saisi pour payer les dettes de son défunt père. Enfant maladif, sujet à des transes soudaines proches de l'évanouissement, il était, de son propre aveu et selon ceux qui le connaissaient, terriblement lent à apprendre — si distrait et facilement absorbé que les voisins le surnommaient « Bocca Aperta », bouche ouverte, tant il errait la mâchoire pendante, perdu dans ses pensées.
Placido Costanzi, Un miracle de saint Joseph de Copertino, v. 1750, The Metropolitan Museum of Art — domaine public.
Cette combinaison — santé fragile, réputation de simplicité d'esprit, et un tempérament qu'il peinait à maîtriser adolescent — faisait de lui un candidat improbable à la vie religieuse. Les franciscains conventuels le refusèrent d'abord, tout comme les capucins, qui le renvoyèrent après huit mois, le jugeant inapte aux exigences de l'ordre. Il trouva finalement sa place comme serviteur laïc chez les franciscains conventuels de la Grottella, effectuant des tâches subalternes à l'écurie et au jardin, et c'est là, en observant sa douceur et sa dévotion au fil du temps, que les frères finirent par l'admettre comme membre à part entière de l'ordre.
Une ordination contre toute attente
Le parcours de Joseph vers la prêtrise est l'une des histoires les plus improbables attachées à un saint. Les candidats à l'ordination étaient examinés sur l'Écriture et la théologie, et de l'avis général Joseph était un élève faible qui ne maîtrisa jamais l'étude formelle. La tradition veut qu'à son examen final, l'évêque, à court de temps ou de patience face à une longue file de candidats, lui ait demandé de commenter le seul passage d'Évangile qu'il avait par hasard préparé — et l'ait reçu sur la seule force de cette réponse unique. Que chaque détail de cette histoire soit exact ou non, elle capture quelque chose que ses contemporains croyaient manifestement de lui : quels que fussent les dons de Joseph, ce n'étaient pas ceux d'un érudit. Il fut ordonné prêtre en 1628.
Le début des extases
Peu après son ordination, Joseph commença à connaître ce que sa communauté décrivait comme des transes extatiques — des moments, pendant la prière, la messe, ou simplement en entendant un mot ou une phrase religieuse, où il semblait perdre toute conscience de son environnement, parfois pendant des heures. Selon un vaste corpus de témoignages recueillis auprès d'autres frères et de laïcs en visite sur plus de trois décennies, ces transes s'accompagnaient fréquemment de ce que les témoins juraient être une lévitation : Joseph s'élevant du sol, parfois de quelques centimètres seulement, parfois, dit-on, de plusieurs dizaines de centimètres, et restant suspendu jusqu'à ce que l'extase passe.
Les récits se multiplièrent au point d'attirer des foules si nombreuses et si perturbatrices, espérant assister à un miracle, que ses supérieurs jugèrent la situation impossible à gérer. On lui interdit pendant des années de célébrer la messe en public, de manger au réfectoire commun avec les autres frères, et même de participer aux processions de la communauté, car sa seule présence semblait déclencher le phénomène et le chaos qui s'ensuivait. Loin d'y voir une confirmation, l'ordre franciscain puis l'Inquisition traitèrent cela comme un problème exigeant enquête et confinement — Joseph fut déplacé à répétition entre des couvents isolés, maintenu en quasi-isolement pendant des périodes de plusieurs années, et longuement interrogé. Ce qui ressort des archives historiques n'est pas un saint accomplissant avec empressement des miracles pour un public, mais un frère déconcerté et largement peu instruit, dont la communauté passa des décennies à tenter de gérer quelque chose qu'elle ne pouvait pleinement expliquer ni même totalement croire.
Ce que les témoins affirmaient réellement
Le détail qui distingue le cas de Joseph des récits légendaires plus vagues est le nombre et le rang des personnes ayant apposé leur nom à des témoignages sous serment. D'autres frères, des évêques en visite, et des membres de la noblesse livrèrent tous des récits durant l'enquête de canonisation qui dura des décennies, décrivant Joseph s'élevant pendant la messe à l'élévation de l'hostie, flottant vers un crucifix ou une image de la Vierge, et une fois, selon une tradition largement répétée, s'élevant devant le futur pape Urbain VIII lors d'une audience pontificale — bien qu'il faille dire clairement que même un témoignage prémoderne aussi bien attesté ne peut être vérifié indépendamment selon les critères de l'enquête moderne, et que les lecteurs doivent comprendre ces récits comme des affirmations historiques documentées par des contemporains plutôt que comme des événements empiriquement démontrables.
Fête et canonisation
Joseph mourut le 18 septembre 1663 à Osimo, où il avait passé ses dernières années vivant une fois encore dans une quasi-réclusion. Il fut béatifié en 1753 et canonisé en 1767 par le pape Clément XIII. Sa fête est célébrée le 18 septembre, date de sa mort.
Patron des pilotes, des voyageurs aériens et des étudiants en difficulté
Le patronage qui a suivi Joseph de Copertino jusque dans l'époque moderne est né tout naturellement de sa réputation, sans grande réinterprétation nécessaire : un saint rapporté s'élevant du sol devint, une fois le vol motorisé inventé, un patron évident pour ceux qui volent. Pilotes, voyageurs aériens et parachutistes l'invoquent de manière informelle depuis des générations, et l'armée de l'air des États-Unis l'a cité parmi ses patrons. Les étudiants face à leurs examens se tournent vers lui pour une raison différente mais tout aussi directe — ses propres difficultés bien documentées avec l'apprentissage formel, et l'histoire de son examen d'ordination, en font l'un des intercesseurs les plus accessibles du calendrier catholique pour quiconque se croit sur le point d'échouer à une épreuve qu'il n'a pas suffisamment préparée.
Pour aller plus loin
L'histoire de Joseph s'inscrit aux côtés d'autres mystiques franciscains dont la vie intérieure a façonné la mémoire de l'ordre — les lecteurs séduits par son parcours, d'un début improbable et méconnu jusqu'à la sainteté canonisée, pourront aussi lire l'histoire de saint François d'Assise, le fondateur de l'ordre auquel appartenait Joseph, ou celle de saint Padre Pio, un autre frère italien du XXe siècle dont les expériences mystiques rapportées suscitèrent un examen officiel comparable de son vivant.






