Saint Nicolas de Tolentino
Une enfance façonnée par une promesse
Nicolas naquit vers 1245 à Sant'Angelo in Pontano, une petite ville des Marches, dans l'Italie centrale, de parents qui, selon la tradition familiale, avaient longtemps peiné à concevoir un enfant et avaient prié au sanctuaire de Nicolas de Myre — l'évêque du IVe siècle resté dans les mémoires aujourd'hui comme la figure historique derrière le père Noël — pour obtenir un fils, promettant de le consacrer à la vie religieuse si leur prière était exaucée. Lorsqu'un fils naquit enfin, ils le nommèrent Nicolas en signe de gratitude, et l'histoire familiale voulait qu'une étoile brillante soit apparue au-dessus de la ville la nuit de sa naissance, un signe qu'ils prirent pour confirmer à la fois l'exaucement de leur prière et la future vocation de l'enfant.
Saint Nicolas de Tolentino, peinture de dévotion traditionnelle, Wikimedia Commons — domaine public.
Quel que soit le poids que l'on accorde aux détails de cette légende familiale — et l'Église, conformément à sa pratique habituelle, présente ce genre de tradition entourant une naissance comme mémoire pieuse plutôt que fait documenté — ce qui est bien établi, c'est que Nicolas embrassa effectivement la vie religieuse dès son jeune âge, entrant dans l'ordre augustin, une communauté de frères suivant une règle remontant à Augustin d'Hippone, et fut ordonné prêtre vers 1270. Après quelques années au service d'autres maisons augustines de la région, il fut affecté en 1275 au couvent de la ville de Tolentino, où il demeurerait pour le reste de sa vie, lui donnant le nom sous lequel on le connaît depuis.
Trois décennies d'un ministère constant et peu glorieux
Ce qui distingue la sainteté de Nicolas de celle de tant d'autres saints médiévaux, c'est le peu qu'elle impliqua d'événements publics spectaculaires. Il ne fonda pas de nouvel ordre, ne dirigea pas de campagne missionnaire en territoire non converti, et ne mourut pas en martyr. Pendant environ trente ans, il accomplit plutôt le travail quotidien, constant et largement anodin du ministère paroissial et conventuel dans une ville italienne de taille moyenne : prêchant régulièrement devant de grandes foules attirées par sa franchise et sa sincérité manifeste, passant de longues heures au confessionnal, et tenant à visiter personnellement les malades et les mourants dans tout Tolentino, à une époque où de telles visites comportaient souvent un risque réel de contagion lors des épidémies périodiques.
Les récits contemporains et quasi contemporains décrivent constamment un homme d'une austérité personnelle sévère — jeûnes prolongés, sommeil minimal, nourriture frugale — associée, non sans un certain paradoxe, à une réputation de chaleur et d'accessibilité qui mettait les habitants ordinaires à l'aise pour lui confier leurs peines. Il était connu pour distribuer nourriture et petites sommes d'argent aux pauvres venus à la porte du couvent, souvent plus que la communauté ne pouvait aisément se permettre, un schéma de générosité personnelle qui fait écho à des récits similaires racontés au sujet d'autres frères et prêtres restés dans les mémoires pour une proximité particulière avec les pauvres de leur propre ville.
Prier pour les âmes du purgatoire
Parmi les pratiques dévotionnelles précises associées à Nicolas, sa prière intense et, dit-on, constante pour les âmes du purgatoire — l'état de purification finale que l'Église enseigne que certaines âmes traversent avant d'entrer au ciel — se distingue comme particulièrement centrale dans le souvenir qu'en gardèrent ceux qui l'ont connu. Les récits venus de sa propre communauté le décrivent passant de longues heures privées en prière spécifiquement pour les morts, une dévotion si constamment associée à lui qu'elle devint le fondement de son patronage durable des âmes du purgatoire, un titre encore couramment attaché à son nom dans la littérature dévotionnelle catholique aujourd'hui.
Vers la fin de sa propre vie, la tradition veut que Nicolas ait connu une série de visions liées au purgatoire, bien que, comme pour l'étoile de sa naissance, ces récits appartiennent à la tradition dévotionnelle constituée après sa mort plutôt qu'à un témoignage contemporain vérifiable de manière indépendante. Ce que l'on peut affirmer avec plus de confiance, c'est que sa communauté et la région plus large autour de Tolentino le considéraient, bien avant qu'aucun processus formel de l'Église ne commence, comme un homme dont tout le ministère avait été orienté vers le bien spirituel d'autrui, vivants comme défunts.
Mort, dévotion populaire immédiate et canonisation
Nicolas mourut à Tolentino le 10 septembre 1305. La dévotion qui suivit fut immédiate et, selon les récits contemporains, d'une intensité saisissante — des foules auraient commencé à découper des morceaux de son habit religieux comme reliques peu après sa mort, et les rapports de miracles attribués à son intercession se multiplièrent assez rapidement pour qu'un processus formel de canonisation s'ouvre seulement quelques années plus tard, bien qu'il faille plus d'un siècle pour l'achever, au milieu des bouleversements institutionnels plus larges qui affectaient l'Église durant cette période.
Le pape Eugène IV finit par canoniser Nicolas de Tolentino en 1446, en faisant le premier membre de l'ordre augustin à recevoir une canonisation formelle — un jalon important pour une famille religieuse qui avait, à cette époque, déjà produit de sérieux théologiens et d'importants ministres pastoraux depuis plus d'un siècle sans encore avoir eu l'un de ses propres membres formellement élevé aux autels. Sa fête est célébrée le 10 septembre, et la dévotion à son égard demeure particulièrement forte en Italie, où la basilique bâtie au-dessus de sa tombe à Tolentino continue d'attirer des pèlerins cherchant son intercession, en particulier pour les défunts.






