Sainte Rose de Viterbe

Rose de Viterbe avait douze ans lorsqu'elle commença à prêcher dans les rues de sa ville natale contre l'empereur Frédéric II, un souverain excommunié en guerre ouverte avec la papauté qui avait pris le contrôle de Viterbe grâce à une faction locale proimpériale. Les autorités de la ville, ne tolérant pas qu'une enfant agite publiquement l'opinion contre le régime dont elles dépendaient, la bannirent, elle et sa famille, de Viterbe. Elle n'atteignit jamais ses vingt ans, mais au moment de sa mort à dix-huit ans, elle était déjà devenue l'une des saintes adolescentes les plus vivement gardées en mémoire de l'Italie médiévale.

Une enfance marquée par une dévotion précoce et intense

Rose naquit vers 1233 à Viterbe, une ville d'Italie centrale qui, au XIIIe siècle, se trouvait au cœur de conflits politiques et militaires répétés entre la papauté et le Saint Empire romain germanique. Sa famille était de condition modeste, et dès son plus jeune âge, selon les récits recueillis pour sa canonisation ultérieure, Rose manifesta une piété personnelle inhabituellement intense — de longues périodes de prière, une forte dévotion envers saint François d'Assise, récemment décédé (mort en 1226, quelques années à peine avant la naissance de Rose), et une vision rapportée vers l'âge de huit ou neuf ans qui approfondit son sens du dessein religieux.

Une peinture à l'huile du XVIIe siècle représentant une jeune femme en habit brun de tertiaire franciscaine, tenant un crucifix et des fleurs, une auréole autour de la tête.

Alonso del Arco, Santa Rosa de Viterbo, fin du XVIIe siècle, musée du Prado — domaine public.

Elle devint tertiaire franciscaine, c'est-à-dire qu'elle s'engagea formellement dans une règle de vie façonnée par la spiritualité franciscaine — simplicité, pénitence, prière et charité active — tout en restant laïque, vivant chez elle avec sa famille plutôt que d'entrer au couvent, une voie ouverte aux hommes et femmes dévots souhaitant vivre une vie religieuse sans prononcer les vœux formels d'une religieuse ou d'un frère. Cette voie franciscaine laïque, connue sous le nom de Tiers-Ordre, s'était rapidement développée en Italie dans les décennies suivant la mort de François, et Rose en devint l'une des adhérentes précoces les plus notables.

Une ville prise entre empire et papauté

La courte vie de Rose se déroula sur fond de l'un des conflits les plus sévères de la lutte médiévale entre papauté et empire. L'empereur Frédéric II, souverain du Saint Empire romain germanique et figure d'une immense ambition politique et intellectuelle, était engagé depuis des années dans une lutte acharnée avec des papes successifs pour l'autorité en Italie, et le pape Grégoire IX l'avait formellement excommunié en 1239. Viterbe elle-même devint une ville disputée durant cette période, contrôlée à divers moments par des factions propapales et proimpériales, et lorsque Rose atteignit le début de son adolescence, la ville était tombée sous le contrôle d'une faction fidèle à l'empereur excommunié.

Une prédicatrice de douze ans

Vers 1245 ou 1246, alors qu'elle avait environ douze ans, Rose commença à prêcher publiquement dans les rues de Viterbe, pressant les habitants de la ville de rejeter l'autorité de Frédéric II et de rendre leur loyauté à la papauté — un acte extraordinairement audacieux pour quiconque dans ce climat politique, a fortiori pour une enfant sans statut ni autorité formelle pour s'exprimer sur de telles questions. Sa prédication attira, dit-on, une réelle attention publique et attisa le sentiment antiimpérial dans la ville, au point que les autorités civiques proimpériales de Viterbe la considérèrent comme une véritable menace politique plutôt que de la rejeter comme une curiosité inoffensive.

La réponse des autorités fut de bannir Rose et sa famille de Viterbe tout entière, les contraignant à l'exil dans la ville voisine de Soriano nel Cimino. Rose poursuivit sa prédication et son activité dévotionnelle même en exil, et la tradition veut qu'elle ait aussi tenté, sans succès, de prêcher dans la ville de Vetralla durant cette période, y suscitant également l'hostilité. Elle et sa famille demeurèrent en exil jusqu'à ce que la mort de Frédéric II en décembre 1250 fasse basculer l'équilibre politique de Viterbe en faveur de la papauté, leur permettant enfin de rentrer chez elles.

Refus de la vie religieuse, et mort à dix-huit ans

De retour à Viterbe, Rose chercha, dit-on, à être formellement admise dans un couvent local de clarisses, l'ordre féminin franciscain fondé par sainte Claire d'Assise. Elle fut refusée, la plupart des récits suggérant que le couvent jugea ne pas pouvoir assumer la responsabilité de subvenir à ses besoins financiers, compte tenu de la pauvreté persistante de sa famille — une raison banale et pratique plutôt qu'un jugement sur son caractère ou sa vocation, mais qui signifiait que Rose vivrait toute sa courte vie en laïque plutôt qu'en religieuse profession, malgré son désir manifeste pour cette voie.

Rose mourut à Viterbe en 1251, à dix-huit ans, peu après son retour d'exil. La cause de sa mort n'est pas clairement documentée dans les sources qui nous sont parvenues, conformément au registre historique généralement clairsemé, typique d'une laïque de condition modeste dans l'Italie du XIIIe siècle, aussi remarquables qu'aient été ses actions publiques de jeune adolescente.

Canonisation

La dévotion à Rose grandit régulièrement à Viterbe dans les siècles qui suivirent sa mort, et elle fut formellement canonisée par le pape Calixte III en 1457 — plus de deux siècles après sa mort, reflet des délais souvent longs des procès de canonisation médiévaux. Son corps est conservé et vénéré aujourd'hui au monastère Santa Rosa de Viterbe, et la ville continue de tenir une procession annuelle en son honneur, le Transport de la Macchina di Santa Rosa, reconnu par l'UNESCO comme patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

Fête

La fête de sainte Rose de Viterbe est célébrée le 4 septembre.

Pour aller plus loin

La courte vie de Rose comme tertiaire franciscaine laïque prise dans les luttes politiques de son époque s'inscrit aux côtés d'autres jeunes saints médiévaux connus pour une conviction religieuse inhabituellement précoce et intense — les lecteurs pourront aussi lire l'histoire de sainte Claire d'Assise, fondatrice de l'ordre des clarisses que Rose chercha en vain à rejoindre, ou celle de saint François d'Assise, dont la spiritualité façonna la tradition du Tiers-Ordre que Rose suivit en laïque.

Trivia

Qui était sainte Rose de Viterbe ?
Rose de Viterbe (1233-1251) était une jeune laïque italienne et tertiaire franciscaine de Viterbe qui, dès sa prime adolescence, prêcha publiquement en faveur de la papauté et contre l'empereur du Saint Empire Frédéric II, excommunié, durant une période de conflit intense entre l'empire et l'Église, et qui mourut à dix-huit ans après une courte vie marquée par une piété personnelle intense. Le pape Calixte III la canonisa en 1457.
Pourquoi sainte Rose de Viterbe prêcha-t-elle contre l'empereur Frédéric II ?
Frédéric II était engagé dans une lutte de pouvoir prolongée et amère avec la papauté durant les années 1240, avait été formellement excommunié par le pape Grégoire IX, et exerçait son contrôle sur Viterbe par le biais d'une faction politique locale proimpériale ; Rose, dès l'âge de douze ans environ, commença à prêcher publiquement en soutien à l'autorité papale et contre le régime excommunié de l'empereur, une position qui la mit directement en conflit avec les autorités politiques contrôlant sa propre ville.
Rose de Viterbe était-elle religieuse ?
Non — elle était tertiaire franciscaine, c'est-à-dire qu'elle suivait une règle de vie inspirée de la spiritualité de saint François d'Assise tout en restant laïque plutôt que d'entrer dans un ordre religieux ; elle chercha, dit-on, à être formellement admise dans un couvent de clarisses à Viterbe mais fut refusée, généralement pour des raisons financières, le couvent ne pouvant subvenir aux besoins de sa famille, et elle demeura laïque pour le reste de sa courte vie.
Qu'est-il arrivé à Rose de Viterbe après son bannissement de sa ville ?
Elle et sa famille furent exilées de Viterbe par les autorités civiques proimpériales, conséquence directe de sa prédication publique, et vécurent en exil dans la ville voisine de Soriano nel Cimino jusqu'à ce que la mort de Frédéric II en décembre 1250 fasse basculer l'équilibre politique de Viterbe en faveur de la papauté, leur permettant enfin de rentrer chez elles ; elle mourut à Viterbe l'année suivante, 1251, à dix-huit ans.
Quand fête-t-on sainte Rose de Viterbe ?
Sa fête est célébrée le 4 septembre.
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