La Portioncule, Assise

Une chapelle en ruine et un jeune homme en quête de sens
Avant de représenter quoi que ce soit pour quiconque, la Portioncule n'était qu'une petite chapelle de pierre abandonnée dans une plaine boisée en contrebas de la ville-colline d'Assise, dédiée à Notre-Dame des Anges et appartenant, du moins nominalement, à une communauté voisine de moines bénédictins. Au début des années 1200, elle était tombée en ruine, l'une des plusieurs petites églises délabrées que François d'Assise entreprit de reconstruire dans les années qui suivirent immédiatement sa conversion — une période où François, cherchant encore à définir ce que serait sa nouvelle vie, réparait tout littéralement des bâtiments en ruine de ses propres mains, avant de comprendre qu'il était aussi appelé à réparer quelque chose de bien plus vaste.
Claudio Coello, La Porciúncula, entre 1660 et 1693 — domaine public.
Vers 1208, alors qu'il priait dans la chapelle restaurée, François entendit ce qu'il comprit comme une instruction directe du Christ, à travers l'évangile du jour — ne rien emporter pour le voyage, ni bâton, ni besace, ni argent, ni second vêtement (un passage tiré de Matthieu 10 et de Luc 9). Il reçut cette instruction comme un appel à une manière de vivre précise, et la Portioncule devint l'ancrage physique de cette nouvelle vie. Les moines bénédictins qui possédaient techniquement le terrain le cédèrent à François et à son groupe grandissant de disciples en échange d'un loyer symbolique annuel, célèbre pour être un panier de poissons pêchés dans la rivière voisine — un arrangement que François aurait exigé précisément pour que les frères ne se considèrent jamais comme propriétaires de ce lieu, mais seulement comme ses gardiens.
Le berceau de deux ordres religieux
La minuscule chapelle devint rapidement le centre opérationnel de ce qui allait devenir l'ordre franciscain. François y tint ses premiers chapitres généraux — des rassemblements de la communauté grandissante pour discuter de leur vie commune et de leur mission — et dès les années 1220, ces réunions attiraient, dit-on, des milliers de frères qui campaient dans les champs entourant la chapelle, un contraste presque comique entre la taille de la pièce fondatrice et l'ampleur de ce qui en avait grandi.
L'importance de la Portioncule dépasse les frères eux-mêmes. En 1212, Claire d'Assise, une jeune noble attirée par le mode de vie de François, vint à la chapelle le soir du dimanche des Rameaux et reçut un habit simple des mains mêmes de François, un geste marquant traditionnellement la fondation de ce qui deviendrait les Clarisses, la branche féminine du mouvement franciscain. Cette unique petite pièce se trouve donc, en d'autres termes, à l'origine des deux grandes branches de la famille franciscaine — une distinction que très peu d'édifices, dans toute l'histoire chrétienne, peuvent revendiquer.
Mourir sur la terre qu'il avait choisi d'habiter
Alors que sa santé déclinait en 1226, épuisé par la maladie et le poids physique de sa vie austère, François demanda à être ramené à la Portioncule. Il passa ses dernières semaines dans une petite hutte proche de la chapelle, et le soir du 3 octobre 1226, il y mourut, ayant demandé, selon la tradition, à ses compagnons de le déposer à même la terre nue, dépouillé même de son propre habit, en une expression finale et littérale de la pauvreté totale qu'il avait passé sa vie à prêcher. Certains hagiographes présentent ce détail comme un geste final délibéré, cohérent avec un homme qui avait passé des décennies à exiger que ses disciples ne possèdent rien ; que chaque détail des récits de son agonie soit historiquement exact ou façonné en partie par une transmission dévotionnelle ultérieure, l'événement central — sa mort à la Portioncule, entouré de ses frères — est bien attesté par les sources franciscaines les plus anciennes.
Deux ans plus tard, François fut canonisé, et la construction commença bientôt à proximité de la grande basilique Saint-François d'Assise, bâtie de l'autre côté de la ville-colline pour abriter son tombeau — un édifice saisissant, délibérément monumental, en tension visuelle avec la petite et humble Portioncule où son ministère actif s'était en réalité concentré. Ensemble, les deux lieux encadrent l'histoire de François : l'un bâti là où il vécut, travailla et mourut, l'autre bâti pour l'honorer après sa mort à une échelle qu'il aurait probablement trouvée inconfortable.
Une petite chapelle enfermée à l'intérieur d'une plus grande
A mesure que la dévotion franciscaine à la Portioncule se répandait à travers l'Europe dans les siècles qui suivirent la mort de François, la chapelle elle-même se heurta à un problème pratique : elle était trop petite et trop exposée pour accueillir le nombre croissant de pèlerins, et sa modeste structure de pierre avait besoin d'être protégée des intempéries et de l'usure. A la fin du XVIe siècle, le pape Pie V ordonna la construction d'une grande basilique de style Renaissance conçue spécifiquement pour enfermer la Portioncule tout entière, recouvrant la chapelle originelle sous son propre dôme central plutôt que de la remplacer. Cette basilique, Sainte-Marie-des-Anges, fut achevée dans les années 1600 et se dresse encore aujourd'hui, ce qui signifie qu'un visiteur entre à présent dans une grande église du XVIe siècle pour n'y découvrir que la chapelle originelle, bien plus petite et bien plus ancienne, préservée intacte juste sous son dôme — un édifice dans un édifice, l'ancien protégé plutôt que démoli.
Le Pardon d'Assise
L'un des legs les plus durables de la Portioncule est une indulgence particulière liée à la chapelle. La tradition franciscaine veut que le Christ soit apparu à François en ce lieu et lui ait offert, pour qu'il la transmette, une remise complète de la peine temporelle due au péché pour quiconque visiterait la chapelle dans les conditions habituelles de confession et de communion — une concession que le pape Honorius III aurait approuvée vers 1216. Connue sous le nom d'indulgence de la Portioncule, ou Pardon d'Assise, elle demeure attachée à la fête de la chapelle, le 2 août de chaque année, et l'Eglise a depuis étendu une version de cette même indulgence, plus largement, aux églises paroissiales à cette date — une tradition née dans une petite pièce hors d'Assise touche ainsi aujourd'hui les paroisses catholiques du monde entier une fois l'an.
Pour un édifice si facile à négliger sur une carte — plus petit que la plupart des chapelles paroissiales, entièrement dissimulé à l'intérieur d'une plus grande église — la Portioncule porte, dans ses murs de pierre, une part démesurée de l'histoire franciscaine : une fondation, la naissance d'un ordre féminin, une mort, et une indulgence toujours observée huit siècles plus tard.
Trivia
Que signifie le mot « Portioncule » ?
Pourquoi la Portioncule est-elle importante dans l'histoire franciscaine ?
Saint François est-il mort à la Portioncule ?
Pourquoi la Portioncule se trouve-t-elle aujourd'hui à l'intérieur d'une église bien plus grande ?
Qu'est-ce que l'indulgence de la Portioncule ?






