Saint André l'Apôtre

André est la toute première personne que Jésus appelle à le suivre — avant Jacques, avant Pierre, avant Jean. Et la première chose qu'André fait de cet appel, c'est d'aller chercher son propre frère pour l'entraîner avec lui.
Saint Andrew the Apostle
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Appelé le premier, un jour de travail ordinaire

L'histoire d'André commence sur l'eau, dans le même travail qu'il avait probablement exercé toute sa vie. Matthieu consigne l'instant avec simplicité : « Comme il cheminait sur le bord de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et André son frère, qui jetaient l'épervier dans la mer ; car c'étaient des pêcheurs. Et il leur dit : Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. Eux, aussitôt, laissant les filets, le suivirent » (Matthieu 4,18-20, Bible de Jérusalem). Selon l'Évangile de Jean, André fut en réalité la toute première personne que Jésus appela à le suivre — avant Pierre, avant Jacques, avant quiconque.

Une peinture sombre d'un homme âgé et barbu tenant une grande croix de bois, le regard baissé dans un recueillement silencieux.

Christoph Paudiss, « Saint André l'Apôtre », vers 1665 — domaine public.

Le récit de Jean complète un détail que Matthieu laisse de côté : André avait déjà été disciple de Jean-Baptiste avant même de rencontrer Jésus. Il se tenait près du Jourdain, aux côtés du Baptiste, lorsque celui-ci désigna Jésus en disant : « Voici l'Agneau de Dieu ! » — et André, avec un autre disciple resté anonyme, se contenta d'aller voir où logeait Jésus, passant le reste de cette journée-là avec lui. Ce n'est qu'ensuite qu'André retourne à ses filets, si bien que l'appel au bord de la mer de Galilée se lit moins comme la convocation soudaine d'un inconnu que comme la confirmation de ce qu'André avait déjà commencé à pressentir. C'est un détail modeste mais révélateur : avant d'être connu comme « le premier appelé », il était déjà quelqu'un qui cherchait activement.

Le frère qui a amené son frère

Ce qu'André fait de cet appel en dit autant sur lui que l'appel lui-même : plutôt que de garder ce moment pour lui, il va chercher Simon Pierre et le conduit à Jésus. C'est un geste discret aux conséquences démesurées — l'apôtre qui deviendrait la « pierre » fondatrice de l'Église fut présenté à Jésus par son frère plus effacé, moins célébré. André ne devient jamais le centre du récit qui suit, mais ce récit n'aurait jamais compté Pierre parmi ses personnages sans lui.

Ce même geste — mettre discrètement en lien d'autres personnes avec Jésus — reparaît plus tard dans les Évangiles. C'est André qui signale le garçon aux cinq pains d'orge et deux poissons avant la multiplication des pains pour cinq mille personnes, tout en reconnaissant à quel point cette offrande semblait dérisoire — « mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ? » (Jean 6,9, Bible de Jérusalem). Et lorsqu'un groupe de pèlerins grecs, à Jérusalem, souhaita rencontrer Jésus durant la Semaine sainte, ils s'adressèrent à Philippe, qui, incertain de la marche à suivre, en référa plutôt à André, lequel porta alors la demande à Jésus. Dans ces trois épisodes — son frère, le garçon aux pains, les visiteurs grecs — André apparaît comme une sorte de relais, un homme dont le rôle, dans les Évangiles, consiste sans cesse à conduire d'autres vers Jésus plutôt qu'à se tenir lui-même au centre des événements.

Des décennies de mission discrète avant Patras

Entre son appel au bord de la mer de Galilée et sa mort, la tradition et les premiers écrivains ecclésiastiques suivent André à travers un vaste territoire missionnaire, souvent reculé. Divers récits, aucun d'entre eux ne relevant de l'Écriture elle-même, le situent prêchant le long des côtes de la mer Noire, à travers Byzance (la ville qui deviendrait plus tard Constantinople), et jusqu'en Scythie — la région au nord de la mer Noire que les auteurs grecs et romains associaient à l'actuelle Ukraine et au sud de la Russie. Cette tradition explique en partie pourquoi l'Église orthodoxe orientale, aux côtés de l'Église catholique, vénère André comme apôtre fondateur de Constantinople, l'honorant du titre de « Protoklétos », mot grec pour « le premier appelé » — la même distinction que celle liée à son appel dans l'Évangile de Jean. Peu de cette période missionnaire peut être vérifié, mais l'étendue géographique attribuée à André, loin au nord et à l'est des voyages recensés des autres apôtres, façonne sa vénération orientale depuis des siècles.

Une mort choisie selon ses propres termes

La tradition veut qu'André ait été martyrisé par crucifixion à Patras, en Achaïe, vers l'an 60 — et qu'il ait spécifiquement demandé une croix différente de celle sur laquelle Jésus était mort, s'estimant indigne d'une mort identique. Le résultat, selon cette même tradition, fut une crux decussata — une croix en forme de X, ou sautoir, connue aujourd'hui simplement sous le nom de croix de Saint-André. Certains récits plus tardifs ajoutent qu'André fut attaché à la croix par des cordes plutôt que cloué, afin de prolonger sa souffrance, et qu'il continua de prêcher à la foule rassemblée pour assister à son supplice pendant deux jours entiers avant de mourir. Aucun de ces détails ne provient des couches les plus anciennes de la tradition, et l'Église prend soin de les traiter comme une légende pieuse plutôt que comme un fait historique établi — mais ils expliquent pourquoi l'art chrétien représente si souvent André attaché, plutôt que cloué, à sa croix.

D'une ville de pêcheurs grecque au drapeau écossais

Cette même croix en X a fini par parcourir un long chemin depuis Patras. Une légende plus tardive raconte qu'une formation nuageuse ressemblant au sautoir apparut au-dessus d'un champ de bataille écossais, poussant le roi Óengus à adopter André comme saint patron de l'Écosse — et le sautoir blanc sur fond bleu qui devint le motif du drapeau écossais remonte directement à la forme de la croix qu'André aurait choisie pour lui-même, par humilité, près de deux mille ans plus tôt.

La manière dont les reliques d'André en vinrent à être liées à l'Écosse relève elle-même d'un écheveau de légendes. Une tradition attribue à un moine nommé saint Régulus (ou Rule) le transport de certains ossements d'André depuis Patras jusqu'à la côte écossaise, au IVe siècle, fondant l'établissement qui deviendrait la ville de St Andrews — aujourd'hui encore siège de la plus ancienne université d'Écosse et de l'un des parcours de golf les plus célèbres au monde, tous deux nommés d'après l'apôtre. Un autre ensemble de reliques parvint à Amalfi, en Italie, au XIIIe siècle, durant la quatrième croisade, et y demeure conservé aujourd'hui. Des siècles plus tard, en 1964, le pape Paul VI restitua une partie des reliques d'André, de Rome vers l'Église orthodoxe de Patras, en signe de réconciliation entre les traditions catholique et orthodoxe — un geste approprié pour un saint vénéré conjointement, et à peu près à parts égales, par les deux.

Un patronage bien plus large qu'un seul pays

L'Écosse est le patronage le plus connu d'André, mais loin d'être le seul. Il est aussi honoré comme patron de la Grèce, de la Roumanie, de la Russie et de l'Ukraine, ainsi que des pêcheurs, des poissonniers et des cordiers — des métiers qui font écho à sa propre occupation d'origine sur la mer de Galilée. Sa fête, le 30 novembre, tombe près du début de l'Avent dans le calendrier liturgique occidental et est célébrée avec une solennité particulière en Écosse, où elle demeure un jour férié officiel, ainsi que dans tout le monde orthodoxe, où le patriarcat de Constantinople fait toujours remonter sa propre fondation à l'œuvre missionnaire d'André dans la ville, il y a près de deux mille ans.

Trivia

André a-t-il vraiment été le premier apôtre appelé par Jésus ?
Selon l'Évangile de Jean, oui — il fut le premier apôtre que le Seigneur appela à sa suite, ayant auparavant été disciple de Jean-Baptiste.
Qu'a fait André immédiatement après avoir été appelé ?
Il alla trouver son frère Simon Pierre et le présenta à Jésus — ce qui signifie que l'appel de l'apôtre qui deviendrait la pierre fondatrice de l'Église remonte directement à l'initiative de son frère, resté plus discret dans les mémoires.
Quel était le métier d'origine d'André ?
Comme Pierre, il était pêcheur sur la mer de Galilée, exerçant depuis Bethsaïde, et Jésus les appela tous deux alors qu'ils « jetaient l'épervier dans la mer, car c'étaient des pêcheurs » (Matthieu 4,18).
Pourquoi André est-il associé à une croix en forme de X ?
La tradition veut qu'il ait été crucifié à Patras vers l'an 60 sur une crux decussata, ou sautoir, à sa propre demande, dit-on — se jugeant indigne d'être crucifié de la même manière que Jésus. Cette même croix en X est devenue plus tard le symbole national de l'Écosse, dont André est le saint patron.
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