Les reliques de saint François d'Assise : tunique, tombeau et stigmates

Pendant près de six siècles, personne ne savait exactement où reposait le corps de l'un des saints les plus aimés de la chrétienté. Les frères de François d'Assise l'avaient enterré en secret, craignant que des villes rivales ou des chasseurs de reliques ne le leur dérobent, et la cachette fonctionna si bien qu'il fallut l'ordre direct d'un pape et une fouille complète en 1818 pour le retrouver. Ce que l'on découvrit alors, et ce qui entoure encore aujourd'hui son tombeau, raconte une histoire plus discrète que la célèbre scène de conversion à San Damiano.
Saint Francis of Assisi
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L'homme derrière la basilique

Giovanni di Pietro Bernardone — connu de l'histoire sous le nom de François — naquit à Assise vers 1181, fils d'un prospère marchand de tissus. Après une jeunesse passée dans les occupations ordinaires d'une ville italienne aisée, une période de maladie et d'emprisonnement durant une guerre locale le bouleversa, et une rencontre désormais célèbre à la chapelle en ruine de San Damiano réorienta le reste de sa vie. Cette histoire, y compris celle du crucifix peint que la tradition dit lui avoir parlé en ce lieu, est racontée en détail dans l'article de ce site sur la Croix de San Damiano — le présent article reprend là où celui-ci s'arrête, en suivant le corps et les effets personnels de François plutôt que sa conversion.

Le sarcophage de pierre de saint François d'Assise dans la crypte de la basilique Saint-François, à Assise, entouré d'une grille de fer

José Luiz, Tombe de saint François, Basilica di San Francesco, Assise, 2016. CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

François fonda le mouvement religieux devenu l'ordre franciscain, bâti sur des vœux de pauvreté et un style de prédication simple et itinérant qui tranchait nettement avec une grande partie de la culture ecclésiastique, soucieuse de richesse, de son époque. Dans ses dernières années, des biographes proches de lui rapportèrent qu'il portait sur les mains, les pieds et le côté des marques de blessures ressemblant aux plaies de la crucifixion du Christ, à la suite d'une expérience mystique lors d'une retraite au mont La Verna en 1224. François mourut à Assise le 3 octobre 1226, et fut canonisé remarquablement vite — en seulement deux ans, en 1228, par le pape Grégoire IX, proche ami de l'ordre du vivant de François.

Un tombeau caché à dessein

Ce qu'il advint du corps de François après sa mort constitue, en soi, un petit drame. La construction d'une basilique en son honneur débuta presque immédiatement après sa canonisation, et ses restes y furent transférés en 1230. Mais selon une tradition ancienne, les frères chargés de ce transfert dissimulèrent délibérément l'emplacement exact de la sépulture à l'intérieur de la nouvelle église. La crainte était concrète et bien fondée pour l'époque : d'autres villes et des chasseurs de reliques privés étaient connus pour voler purement et simplement les corps de saints célèbres, puisque la possession de tels restes apportait un immense prestige, un afflux de pèlerins et des revenus à la communauté qui les détenait. Les frères d'Assise semblent avoir décidé que le moyen le plus sûr de protéger le corps de leur fondateur était de s'assurer que, à terme, presque personne ne puisse dire avec certitude où il se trouvait.

Cette stratégie fonctionna pendant près de six siècles. Ce n'est qu'après que le pape Pie VII eut formellement autorisé une fouille que le tombeau fut retrouvé, lors d'une fouille spectaculaire en 1818. Des ouvriers passèrent des semaines à tailler la roche solide sous la basilique avant de découvrir le sarcophage de pierre, confirmant enfin que le corps de François n'avait jamais quitté l'église bâtie en son honneur. Dans les décennies suivantes, une crypte spécifique fut construite directement sous le maître-autel de l'église basse, précisément pour que les pèlerins puissent enfin approcher le tombeau lui-même — ce cercueil de pierre, visible aujourd'hui derrière une grille de fer, qui renferme les restes de François.

Ce que le trésor conserve encore

Au-delà du tombeau lui-même, le trésor de la basilique Saint-François conserve un petit ensemble d'objets personnels associés à la vie de François, gardés et exposés avec le soin et la garde documentée que l'Église exige pour des reliques de cette importance. Parmi eux figure une rude tunique de laine traditionnellement identifiée comme ayant été portée par François, ainsi qu'une ceinture de corde nouée du type que les premiers franciscains utilisaient à la place d'une ceinture de cuir conventionnelle — un détail qui correspond exactement au vœu de pauvreté radicale sur lequel François bâtit tout son mouvement. Un linge lié aux blessures des stigmates qu'il aurait portées durant ses deux dernières années est également conservé parmi les reliques de la basilique, vénéré comme une trace physique directe de cette tradition plutôt que traité comme une preuve scientifiquement vérifiée de celle-ci.

Ce sont là ce que l'Église classe comme reliques « d'usage » ou « de contact » — des objets que le saint a réellement portés, emportés avec lui, ou qui sont entrés en contact avec son corps —, une catégorie distincte des reliques corporelles conservées dans la crypte en dessous, mais vénérées selon la même logique fondamentale que décrit le Catéchisme à propos de la piété populaire : l'honneur rendu à l'objet renvoie finalement, au-delà de l'objet lui-même, vers la vie et la sainteté qu'il rappelle.

Assise comme lieu de pèlerinage vivant

Assise n'a jamais cessé de fonctionner comme une destination de pèlerinage active, construite autour de ces reliques. Des pèlerins arrivent tout au long de l'année pour descendre dans la crypte, visiter le trésor, et parcourir les rues escarpées de la ville-colline entre la double basilique et les autres sites franciscains qui y sont dispersés — y compris San Damiano lui-même, à une courte marche au-delà des remparts de la ville. Le lien va plus loin que le tourisme : Assise est aussi devenue un symbole internationalement reconnu de dialogue interreligieux en faveur de la paix, le plus visiblement à travers les rassemblements de représentants des grandes religions du monde que plusieurs papes, à commencer par Jean-Paul II en 1986, y ont convoqués précisément en raison de son lien avec la réputation propre de François en matière de paix et de réconciliation par-delà les différences.

Comment l'Église présente l'affirmation des stigmates

Il importe d'être précis sur ce qui relève du certain et ce qui relève de la tradition. L'Église n'a jamais exigé de croire aux stigmates comme à un dogme — aucun catholique n'est tenu de l'accepter comme condition de la foi, à la manière, par exemple, de la Résurrection. Ce que l'Église reconnaît, c'est que cette tradition repose sur un témoignage précoce et inhabituellement solide : des biographes qui connurent personnellement François, écrivant quelques années seulement après sa mort, décrivirent indépendamment les marques des blessures, et les proches compagnons de François rapportèrent les avoir vues directement. Cette combinaison — un témoignage précoce, multiple et quasi oculaire sur une affirmation véritablement singulière — explique pourquoi l'Église traite les stigmates comme une tradition digne de foi, dans le même registre prudent et non dogmatique que ce site applique à d'autres cas de stigmates rapportés, y compris le cas du XXe siècle traité dans l'article sur les reliques des stigmates de Padre Pio.

Ce qui rend les reliques de François si singulières, en fin de compte, c'est à quel point les objets qui subsistent correspondent étroitement à la vie qu'ils commémorent. Il n'y a ici aucun reliquaire d'or conçu pour éblouir le visiteur, aucun sanctuaire incrusté de pierreries rivalisant avec la splendeur — alors que l'homme lui-même vivait dans la pauvreté la plus réelle. Une simple tunique, une corde nouée, un cercueil de pierre taillé dans le roc sous l'autel — les reliques de saint François ressemblent, à juste titre, aux reliques d'un homme qui ne possédait presque rien et avait demandé qu'on se souvienne de lui ainsi.

Où cela s'est passé

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Trivia

Où se trouve le corps de saint François d'Assise ?
François est enterré dans un sarcophage de pierre, dans la crypte de la basilique Saint-François d'Assise, en Italie, directement sous l'autel de l'église basse. Cette crypte fut construite au XIXe siècle spécifiquement pour rendre son tombeau, longtemps caché, accessible aux pèlerins.
Pourquoi le tombeau de saint François resta-t-il caché si longtemps ?
Après la mort de François en 1226 et son inhumation à Assise, ses frères auraient dissimulé l'emplacement exact de ses restes par crainte qu'une autre ville, ou des chasseurs de reliques privés, ne vole un corps aussi prestigieux — un danger bien réel à l'époque médiévale, où posséder les reliques d'un saint célèbre apportait un immense prestige et un afflux de pèlerins à l'église qui les détenait.
Quand le tombeau de saint François a-t-il été redécouvert ?
Le tombeau fut redécouvert en 1818, après que le pape Pie VII eut autorisé une fouille formelle sous la basilique Saint-François. Des ouvriers creusèrent la roche solide pendant des semaines avant de localiser le cercueil de pierre, confirmant que le corps n'avait jamais quitté la basilique bâtie en l'honneur de François.
Quelles reliques personnelles de saint François subsistent aujourd'hui ?
Le trésor de la basilique Saint-François conserve plusieurs objets personnels associés à François, notamment une rude tunique de laine traditionnellement dite être la sienne, une ceinture de corde nouée, et un linge lié aux blessures qu'il aurait portées durant ses dernières années. Ce sont des reliques d'usage, non des restes corporels.
L'Église catholique enseigne-t-elle que les stigmates de saint François sont un fait confirmé ?
L'Église considère la tradition des stigmates — selon laquelle François aurait porté des marques de blessures ressemblant à celles de la crucifixion du Christ après une expérience mystique au mont La Verna en 1224 — comme une tradition historiquement bien attestée et digne de foi, appuyée par des biographes précoces qui l'ont connu, plutôt que comme un dogme formellement défini et contraignant pour tous les croyants.
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